Au calme avec la Mamie’s & la Cracki Records

Mamie's crew

Petit entretien avec la Mamie’s et la Cracki Records à l’occasion du Macki Music Festival

Direction le 18 eme en roue arrière à l’aide de mon bolide, nous partons à la rencontre de la Mamie’s et de  Cracki Records. Rencontre avec une belle bande de potes qui ne se prend pas la tête. On aura la chance d’être avec Antoine de la Mamie’s aka Clou Clou pour les intimes,  ainsi qu’Alex et Donatien de Cracki Records. Le collectif et le label s’unissent pour notre plus grand bonheur et concoctent un petit festoche à ne pas manquer qui se déroule ce week-end, le Macki Music Festival. Une interview calée avec des mecs talentueux qui ne manquent pas d’idées. Ils vont balancer pendant trois jours du caviar auditif pour nos oreilles. Personnellement, je me gratte les veines en attendant vendredi.

Pouvez-vous nous présenter rapidement Cracki Records et la Mamie’s pour tous les narvalos qui ne vous connaissent pas encore ?

Alex: Cracki Records est un label qu’on a créé il y a 2 ans. On a d’abord commencé par faire des soirées dans des friches industrielles ou à la Gare aux Gorilles. On a également fait des salons d’été, c’est-à-dire qu’on a récupéré des canapés, des tapis, bref du mobilier qu’on a pu installer dans la rue de manière à recréer une sorte de salon. Il y avait plusieurs concerts ainsi que des Djs set. Nous avons toujours eu l’idée de créer un label mais il fallait d’abord se faire connaitre.L’organisation de soirées nous a permis de gagner en notoriété et d’avoir un public.

Dona: Et puis c’est ce qu’on aime faire. Il est compliqué de monter un label dès le début, on a décidé de mettre l’idée en suspend le temps d’organiser quelques soirées. Pour sortir à Paris il faut y mettre de sa poche, 15 euros l’entrée + 10 euros le bar ça revient cher, du coup on a voulu faire des teufs avec des concerts et des Dj sets auxquels on voudrait participer. Notre label est sortit juste après la première Cracki Party. On avait pas mal d’amis qui produisaient de la musique et ça nous a donné envie de sortir leurs sons. Les soirées ont ramené du monde pour le label et inversement.

Clou Clou: La Mamie’s c’est une bande de potes qui s’est constituée au lycée. On a eu la chance d’avoir une maison abandonnée dans laquelle on a pu faire nos événements pendant 2 ans. On ramenait notre sound system et nos potes pour finir à 150 – 200 dans une maison à Montrouge. Le virus de la fête et de l’organisation nous est vite tombé dessus. Le principe était simple, on élaborait une liste à partir des personnes qu’on connaissait, chacun ramenait de la tise qu’on redistribuait, et bien sûr c’était gratuit. Ça à duré 2 ans, et ça nous a permis de faire nos premières armes en termes de soirées et d’organisation. Les soirées à 50 c’est simple mais par la suite il faut réussir à gérer plus de monde, plus de bars, engager des mecs pour la sécurité, pour le vestiaire et j’en passe. Mais voilà, à la base on est une bande de potes qui veut faire plaisir à son cercle d’amis. On a du arrêter les soirées à Montrouge pour certaines raisons et on a donc commencé à chercher d’autres lieux à droite à gauche qui seraient à la hauteur de la maison. On a trouvé le Culture Palace qui se trouve à Ivry. Puis on a pu travailler avec La Ferme du Bonheur qui nous a fait connaitre du grand public. On y a organisé 5 évènements sur 2 étés de 12h à 22h. Tout ça dans une ferme avec poules et des grosses basses, un côté loufoque qui représente bien la Mamie’s.

Pourquoi le nom « La Mamie’s », vous nous cachez un léger côté gérontophile ?

Clou Clou: Effectivement J’ADORE les vielles, mais pas tellement au lit. Je trouve qu’elle transmettent quelques choses sur l’histoire de notre culture. Non mais sérieusement la vraie histoire c’est que lorsqu’on a obtenu cette maison on cherchait un nom qui pourrait convenir à nos soirées.Vu qu’on était une petite bande de potes, on a décidé de dire qu’on était tous cousins et que cette fameuse maison était celle de notre grand-mère. Ce qui nous a permis de dire aux gens « Chhhhhuuut, il y a la grand mère qui dort juste à côté, faut pas faire trop de bruit » Les gens sont vite rentrés dans le jeu, on a même eu des « Putain elle vraiment cool votre grand-mère les gars ».

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Et pour vous la Cracki Records, d’où sort cet éléphant, début de zoophilie sur poids lourds ?

Alex: C’est venu juste après un voyage en Inde où on a photographié plein de ganesh. On a envoyé l’ensemble de nos clichés à un pote graphiste qui nous a fait un un logo avec un ganesh qui tient un vinyl dans la main. L’Inde est un endroit remplis de connaissances et de pleins de choses différentes. Il n’y a pas une grande histoire derrière, c’est venu comme ça. Et Cracki c’est un mélange de nos noms de familles.

 Vous êtes tous des amis d’enfance ou de teufs ? Depuis combien de temps vous connaissez vous ?

Clou Clou: Cracki Records a organisé un événement une semaine avant nous au Culture Palace. Donc quand on est venu en repérage, eux étaient en pleine installation. Une bande du même âge avec l’envie de faire la teuf, on s’est très rapidement dit qu’il y allait avoir quelque chose avec cette bande de zigotos.

Alex: On est allés à leurs soirées, ils sont venus aux notre, on a des potes en communs…pourquoi pas faire quelques choses ensemble finalement !

Du coup la Mamie’s et la Cracki Records c’est une grand d’histoire d’amour qui va perdurer, vous comptez faire d’autres choses après le Macki Festival ?

Alex: Pour le moment on est à fond dans le festival. Mais on sera bien sûr amenés par la suite à faire d’autre soirées ensembles.

Clou Clou: L’idée est de continuer de bosser sur le Macki l’année prochaine. On va continuer nos projets chacun de notre côté, et taffer ensemble en parallèle.

Alex: Et on va peut être relancer des Cracki Party cet hiver.

Justement, vous comptez refaire des Cracki Party avec le principe du salon d’été ?

Alex: On essai de revenir à des  évènements propres à notre collectif. On veux continuer à faire des choses gratuites dans la rue, c’est notre leitmotiv. A côté  de ça on fait des events un peu plus éphémère.Mais quoiqu’il arrive on va continuer à faire des teufs dans ce style.

Clou Clou: D’ailleurs l’Opening de la Macki qui se passe à la Cité de la Mode sera gratuite. Rooftop toute la journée sans payer d’entrée, on a tenu à garder cette première parti du festival accessible à tout ceux le souhaite. Si tu avais la niak, les deux premières heures à la Ferme du Bonheur étaient gratuites, que tu es de la thune ou non tu pouvais participer et c’est exactement cet esprit là qu’on a voulu garder pour l’opening de la macki. On se ramène donc sur le rooftop de la cité de la mode le 4 juillet avec notre sound system et notre scénographie à partir de midi.

Comment avez vous réussi a vous incruster dans cette utopique ferme du bonheur et danser avec des canards?

Clou Clou: C’est un lieu qui existe depuis 20 ans. Il y avait déjà un format de teuf qui se déroulé le jeudi et qui s’appelé Electro D’bal. C’est Eric Labbé qui nous a invité à mixer là- bas. En arrivant sur le lieu on a complètement halluciné. Le fondateur de la Ferme du Bonheur est arrivé sur le terrain et à construit aux fils des années des granges, des établis, bref pas mal de choses qui rendent le lieu tout simplement improbable. Cette personne c’est Roger Des prés, notre collectif a très vite accroché avec lui, en 20 minutes on parlé déjà d’un festival et 3 jours plus tard on concrétisait déjà les choses. La Ferme du Bonheur ça a juste était la rencontre de la personne, du lieu et des Djs. Grego G ou Molly y avait déjà jouaient mais n’avaient pas forcément la casquette d’organisateur qu’a la Mamie’s.

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Vous étiez dernièrement sur la Place Dalida et à la PlageBPM, vous avez réussi à dégager une ambiance de dingue comme d’habitude, vous dansez, vous souriez. Il y a une vrai interaction et relation avec votre public, c’est la joie, la drogue ou juste l’amour ?

Alex: Trop d’amour !

Clou Clou: Toute est une question de transmission. Comme dirait une grande marque qu’on ne citera pas « Venez comme vous êtes ». Tu viens pour faire la fête, pour te mélanger, pour faire des rencontres et on essaie de créer l’ambiance pour.

Alex: Les évènements gratuits qu’on a pu faire à Belleville ont engendré une certaine mixité, une ambiance cool et relax. Les gens se respectent plus que dans les clubs. On est devenus complètement mordus de cet état d’esprit.

Clou Clou: Il faut donner pour recevoir. J’aime partir seul à une fête, rencontrer des gens et rentrer avec eux en noctilien. La fête c’est un peu ça aussi!

La cracki Records vous avez un panel éclectique, vous pouvez nous parler rapidement de vos artistes?

Alex: On a pas de ligne directrice, c’est au coup de coeur à chaque fois. Tout le monde écoute des milliers de son différents. Nous on peut écouter de l’indie, de la house, de la techno, de la musique africaine, bref on écoute beaucoup de chose. Ça fonctionne aux émotions qu’on ressent en écoutant la musique. On aimerait bien créer une sorte de son Cracki, comme il y  a un son Nova ou un son Warp.

Donatien: On demande souvent aux gens ce qu’ils écoutent et la réponse est régulièrement « un peu de tout », ça dépend des envies et des humeurs.

Clou Clou: C’est une évolution musicale; j’ai écouté du rock, suivi du hip-hop, puis de la house.

Alex: Je puise énormément dans la musique électronique mais ça ne m’empêche pas de réécouter des sons indies que j’ai pu découvrir il y a 8 ans.

Vu la prolifération de petits collectifs et de soirées, que pensez vous de ceux qui se démarquent un peu plus comme la BP, la Newtrack ou le Camion Bazar ?

Alex: On trouve ça mortel!

Clou Clou: Plus cet état d’esprit se diffuse, mieux c’est. On a envie que le monde soit à cette image et que d’autres prennent le flambeau, à 25 ans on se sent déjà vieux.

Alex: Dans notre génération on peut voir des dizaines de collectifs se créer et tant mieux. Ça montre cette volonté de faire la teuf sur Paris.

Clou Clou: On a une belle offre de fête.

Vous préférez vous déglinguer la journée ou la nuit ?

Alex: Les deux.

Clou Clou: Le matin! Nan je rigole, peu importe ce sont deux mode différents. La journée les gens sont assez cool et la nuit tu laisses plus parler tes instincts primaires, donc ça dépend les deux sont cool.

Donatien: Je préfère quand même la journée, c’est plus convivial.

Alex: Finalement le jour tu peut être en mode chill comme à nos salons d’été, ou en mode grosse teuf comme à la concrète.

Donatien: Il y a quand même quelque chose de plus sombre le soir.

Alex: Non pas forcément, il y a quelque chose de plus animal! Comme dans les festivals; la journée c’est utopique, il fait beau et tout le monde est content. Puis le soir on twist en mode drogue et animal. Mais les deux sont incroyables!

Clou Clou: La journée c’est pour ton conscient et la nuit pour ton inconscient. La nuit tu libères tes chakras et tu deviens animal.

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Bon on y arrive quand même, parlez nous du Macki Music Festival, vendez nous du rêve​

Alex: C’est un festival qu’on a créé avec nos deux collectifs qui se déroulera le 4, 5 et 6 juillet. Le premier jour aura lieu à la cité de la mode avec plusieurs Dj et pas mal de petits collectifs parisiens. Ça commencera sur le rooftop à partir de midi, puis dans le grand foyer de 21h à 6h du matin.C’est un lieu pas encore exploité dans la Cité de la Mode, c’est ni la Wanderlust, ni la Nuba,c’est un nouvel endroit hyper grand. Il y aura des danseurs de la Mona qui viendront faire du Voguing; une danse assez spéciale.

Clou Clou: C’est une danse house particulière  qui a grandi à New-York dans le milieu gay des années 90.

Alex: C’est plutôt impressionnant parce que ce sont des mecs que tu ne vois pas du tout dans les fêtes à Paris. A chaque fois c’est une vrai show, les mecs se déguisent, ils e font pas les choses à moitiés.

Clou Clou: Pour la petite histoire, le Voguing vient du magazine Vogue, les mecs imitaient les poses que prennent les mannequins.

Alex: Bref grosse teuf avec Dj Bones qu’on aime beaucoup et qui vient de Detroit. Après le 5 et le 6 c’est le main event qui se déroule à carrière sur seine dans le 78. On fera la fête dans un parc avec les pieds dans l’eau. Il y en aura pour tous les goûts avec une scène pour les concerts et une scène pour les Dj’s. On retrouvera un dancefloor entouré de function one, du gros son au bord de la seine. On bosse énormément sur le scénographie qui est tout aussi importante que la musique pour nous. On veut surprendre les gens.

Clou Clou: Il y a la scène concert, la scène Dj et le Macki festival, les trois sont au même niveaux.

Alex: Pour la scénographie on bosse avec une dizaine de personnes qui sont des amis scénographes, architectes, designers ou décorateurs. Ce sont des jeunes diplômés qui taffent en agence depuis peu. Ils bossent aussi sur des festivals genre le Bellastcock qui est un festoche d’architecture assez connu. Ils préparent un truc vraiment spécial, ça va être une grosse surprise qui s’annonce assez ouf. Le village Macki va un peu regrouper tout ce qu’on a fait lors de nos événements mais en plus poussé. Ça va être le salon d’été fois 10. Il y aura par exemple une « poste Macki » si jamais tu souhaites envoyer une carte à quelqu’un dans le festival ou à ta grand-mère. C’est plein de petits truc éphémères comme ça. Tu pourras emprunter des jeux de sociétés, des pistolets à eau, des balles de jeu, bref des trucs pour animer ton après-midi. Il y aura également un photomaton un peu à la Gondry, les salons d’été, des coins chills pour se retrouver et vivre une expérience. On veut que les gens trouvent ça spécial et marrant.

Donatien: Il est important de dire que c’est à 10 minutes de Saint-Lazare. Une fois là-bas tout sera mis en place pour pouvoir accéder à l’évènement sans le moindre souci.

Retrouvez plus d’informations sur l’évènements Facebook du Maki Music Festival ici