Album du jour : Tohu Bohu de Rone

Rone - Tohu Bohu

Tohu Bohu, quand Rone fait de la rêve party.

La musique. Depuis les premiers instants de notre humanité jusqu’à nos dernières conneries, elle a toujours été là. D’abord classique sans la moindre explication et, aujourd’hui, vue comme à la pointe de la technologie et pour laquelle certains ne sont pas encore prêts, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne soit exposé à elle. Synchronisée pour coller à une pub ou simplement diffusée pleine balle par ce voisin qui ferait mieux de revoir sa culture, elle est là. Mais, chez Open Minded, on frappe le voisin et on emmerde la pub pour se tourner vers des artistes qui méritent d’être connus. Voila donc un album, un artiste, un choix parmi tant d’autre qu’on aurait pu faire, une option qui sera notre album pour la journée. De quoi lutter face aux conneries de la SNCF, de la RATP et de toutes ces autres erreurs que notre monde refait chaque jour. Bref, aujourd’hui on part avec Tohu Bohu, le tout premier voyage musical de la compagnie Rone.

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Est-il encore nécessaire de présenter l’écurie française de Infiné ? Un des labels français les plus efficace en matière de vente et/ou de distribution de rêve actuellement. Il y a quelques temps déjà, c’est cette même écurie qui s’est attardée sur la musique d’un jeune parisien du nom de Erwan Castex mais plus connu aujourd’hui sous le nom – qu’il doit d’ailleurs à l’erreur d’un graphiste ignorant la ponctuation – de Rone.

Pour la création de cet album, Erwan s’est exilé à Berlin pour laisser la ville et sa culture s’inscrire dans sa musique et la transposer dans un son surprenant que l’on pourrait rapprocher d’une certaine chillwave très à la mode ces derniers temps. C’est donc avec cette sonorité before it was cool que Rone revient et s’installe dans charts de tous les disquaires et sur les scènes de nombreux festivals où il distillera ses mélodies, ses harmonies et toutes ces choses qui révèlent une véritable recherche dans ses compos. Chaque son, chaque détail est recherché et fait la puissance de l’album mais aussi ce style que l’on connait de Rone même s’il vient nous surprendre par moments.

Rone en live

Pour ce qui est du côté des morceaux à musicalement parler, certains jouent sur la fibre de la perfection avec des jeux de synthés qui ne surprennent pas mais, qu’au contraire, chacun attend ou espère. C’est comme ça que Parade devient le son favori de certains et que d’autres y voient un prolongement de Nakt (à écouter ici). Je peux pas résister à l’envie de prolonger votre orgasme avec le remix de Dominik Eulberg (juste là) qui va en faire jouir plus d’un ! Mais s’il faut retenir un seul et unique morceau, c’est vers Bye Bye Macadam ()que je me tourne. Déjà parce que c’est le premier titre que j’ai du écouter sur le retour d’une soirée plus ou moins arrosée en pleine nuit mais surtout avec le petit je-ne-sais-quoi que son beat massif dégage. Tout à fait le genre de son qui vous prend aux tripes, arrache le toit et vous balance façon Team Rocket pour rajouter une étoile à la voûte céleste. Malgré ce choix, tout l’album reste une machine de guerre venue d’ailleurs avec cette masse musicale d’influences. Avec Beast, le hip hop fait son RPZ, sur Fugu Kiss on s’enjaille sur des dissonances maîtrisées à la perfection et avec Icare et Let’s Go, Rone montre qu’il a aussi le talent de choisir son entourage musical pour apporter du nouveau à chaque release.

Si on a fait le choix de chroniquer cet album, c’est pour la grosse claque qu’on prend à chaque écoute. Mais aussi – et surtout – avec l’annonce de la prochaine arrivée. Alors que Spanish Breakfast nous avait fait attendre Tohu Bohu c’est désormais au tour de Apache de se faire fait désirer ! Le plaisir a beau se cacher dans l’attente, on est comme des fans de GoT avec la saison 4 à attendre le 7 avril pour la suite ! Infiné fait les choses bien en lâchant un des titres de l’EP qui porte le même nom.

L’écoute de ce morceau nécessite un casque de bonne facture. Et pour facture, je ne pense pas à l’énormité du prix d’un Beats mais à la conception de la chose – possesseurs de Beats bonjour – qui vous permettra d’apprécier d’autant plus le travail d’ingé son réalisé sur ce morceau. Ce titre a en effet était bidouillé dans tous les sens pour en tirer l’essence et en fait un son binaural qui augmente sa dimension éthérée avec un rendu en 3D des plus jouissifs. Bonne écoute.

Open Minded invite les bavards de chez 10TPW.