Rexpirez le Rex Club

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 Entre 20 000 soirées se trouve toujours le Rex Club

Le vendredi soir, une question cruciale s’impose à chaque personne considérant la vie comme trop courte « On fait quoi soir ce ? ». L’objectif n’étant pas toujours d’échapper au triste canapé/glace/NCIS, les envies peuvent varier : du simple bar où la pinte est à 2 balles, à l’appart du mec de ta pote en passant par une soirée trans perdue dans un bois du  77 … Chacun sa route, chacun son exigence de soirées et ça tombe bien la nuit parisienne offre, depuis quelques temps, des propositions aussi diverses que variées quand nos oreilles, et non nos pieds, nous guident ! Le choix se complique, je vous l’accorde, à l’heure où Paris ne se suffit plus et que l’on commence à prendre le rer pour aller tester de nouvelles soirées. Prolifération de lieux, de programmations, d’artistes; plus besoin de se vanter de passer ses week-ends à Londres ou Berlin, la musique électronique est bel et bien là, partout, à Panam et ce, grâce à plusieurs énergumènes à qui l’on se doit de dire merci.

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La Concrète et autres institutions de clubbing 2010 ne sont que la nouvelle vague de cette manie d’aller en soirée pour écouter un artiste, presque comme à un concert. Beaufs sont considérés les types qui sortent en boite pour draguer, ce qui n’était pas le cas il y a une trentaine d’années. Cette conception de la night a été chamboulée par la création du Rex Club tel qu’on le connait aujourd’hui, à savoir LE club de la musique électronique. S’il n’était, avant 1984, qu’un simple « dancing chic » baptisé le Rêve, puis une salle de concert de rock, accueillant certes de grands noms comme les Red Hot; le Rex Club a désormais une renommée mondiale du fait qu’il soit le plus vieux temple de la musique électronique. S’aventurer au Rex sans être prévenu de son statut légendaire peut laisser coi, du fait de sa déco minimaliste, de sa petite taille -environ 800 places- et de l’absence de carré VIP (« Ah oui, c’est vrai qu’on est pas au Dupleix! ») mais l’enjeu repose ici : on vient pour la musique.

Le pari de faire du Rex ce qu’il est, que s’est lancé Christian Paulet, avec une bande d’Anglais en 88, repose au départ sur les soirées « Jungle », lancées une fois par semaine le mardi, mais surtout sur l’apparition d’une musique encore loin d’être banalisée, nommée Acid House. Ce style était alors cantonné aux raves et représenté par autres gays et/ou drogués dans une ambiance alors encore totalement disco. Etrangement, le directeur du lieux et le public plus ou moins averti se prennent au jeu de cette musique chelou que personne ne sait danser (si de danse on peut parler) mais qui sera pourtant la naissance du mouvement musical underground à Panam. Peu de temps après se forme le binôme qui va tout bousculé; Christian Paulet rencontre Laurent Garnier et le game est lancé. Ce dernier a une liberté totale quant au choix des artistes, son idée de réveiller Paris -les résoi « Wake Up »- prend forme au point de rendre la programmation purement électronique à partir de 95, permettant de revendiquer fièrement les lettres d’or sur la façade du club.

Fièrement repris par Fabrice Gadeau, le Rex en impose toujours autant et continue de faire jouer les artistes qui l’ont lancé (Kevin Saunderson, Derick May, Jeff Mills …). 25 ans, fêtés cette année, de puissance sonore et de qualité artistique indétrônable à Panam, que le niveau d’exigence augmente autant que se créent de nouvelles soirées n’est donc pas un problème de taille mais de reconsidération.