Le Roi Heenok ou Swagg Man ? Telle est la question.

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Le Roi Heenok vs Swagg Man, le débat est ouvert

Que tu sois né avec ton mac sur les genoux ou que, pour toi, tablette rime encore avec chocolat, tu ne peux nier la qualité de l’ultra-connectivité quant à la profusion de l’information. Sonneries, vibrations et pépiements sont autant de nouveaux bruits qui te préviennent que sur la planète web, ça balance, ça se bouscule, et ça tourne plus vite que dans une cour de lycée. Ne reste pas sur ton canapé les bras croisés à te lamenter de ne pas être informé du dernier kilo de je-sais-même-pas-qui, ou du clash twittos sur l’efficacité d’une quenelle; on s’en charge pour que tu restes à la page. Le web en deviendrait presque plus ouvert que ton esprit.

Plus le temps passe, moins notre capacité de juger fonctionne correctement. Bah ouais, vu que les choses évoluent toutes vers un horizon plus ou moins méga obscur, la question est souvent de se demander ce qui est le pire; ainsi, tant de débats sans fin nous tracassent : la droite ou la gauche, Justin Bieber ou les One Direction, Kenza Farah ou Vitaa ? Du coup, j’ai pas envie de faire ma relou en troublant encore plus vos esprits, mais du coup, je vais vous amener à un débat particulièrement pointu. D’un côté, une interview toute récente du Roi Heenok dans l’émission « Clique » de Mouloud Achour, et de l’autre, une de Swagg Man dans la même émission, et datant du mois de février. Vous allez moins faire les malins maintenant, parce que les deux mecs pèsent chacun à leur manière, de sorte à ce que j’en perds les mots, et suis assez mitigée dans la manière de rédiger cet article. Après tout, comment pouvons-nous juger quand on atteint ce seuil improbable de folie ? Non parce que l’autre jour, je vous parlais du « rap game » et de quelques uns de ses protagonistes à travers les vidéos de Jhon Rachid, mais dans ce game, on oublie souvent de citer ces deux curieux personnages qui se disent pourtant en faire partie. Du coup, vu qu’ils adorent qu’on parle d’eux, parlons en un petit peu, ça risque de les sauceyyy, t’entends ?

1. Le Roi Heenok

Le Roi, Jean-Marie Beauséjour, ce rappeur québécois connu pour son amour inconditionnel pour la poudre de perlimpinpin, les armes et les « t’entends pute nègre? », « tu vois c’que j’veux dire? », est ce genre de mc dont le flow nous laisse sans voix. Lyricalement parlant, le mec a tellement de créativité et de lexique qu’il en devient presque bluffant. A travers cette récente vidéo, il nous livre un incroyable freestyle dédié à « Molud »Achour, où il est quelque part entre le « parler » et le « chanter », tout en effleurant parfois du bout du doigt le verbe « rapper ». Une gestuelle étonnante, beaucoup de temps morts qui font presque le charme du personnage, et une difficulté à se faire comprendre parfois (avec un accent québécois qui pointe le bout de son nez de temps à autre). Une personnalité un peu mitigée entre le foncdé en léthargie totale et l’hyperactif sur-coké. Heenok se fout-il de nos gueules ? Telle est la question. Le mec a l’air tellement loin, tellement trop perché, qu’on s’en demanderait presque si il ne serait pas simplement comique malgré lui. Une part de surjoué sans doute, mais tellement de naturel qu’il demeure complètement appréciable dans sa folie. Big up le Roi, et un bisou à Vanessa Paradis de notre part.

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2. Swagg Man

Mais qui est ce Swagg Man dont on entend parler un peu partout ? Rayan, de son prénom, est le nouveau king du rap game avec son utilisation impressionnante de l’auto-tune, et de son « lexique » tel qu’il l’appelle, composé uniquement de termes finis en « -ey ». Posey, tatouey, violey, mstey, frey, jnouney, et la liste est bien évidemment non-exhaustive puisqu’il chope tous les mots pour les swaggifier au maximum. Un flow bien à lui aussi, et des lyrics presque aussi poussées que celles d’Heenok, en répétant inlassablement (tout comme le québécois) les mêmes phases. Dans cette interview, il se surpasse toujours plus dans son extravagance (avec cette voix aussi aiguë qu’irritante) et se donne en spectacle en décrivant encore et toujours son « style et stade de vie », tout cet argent dont il ne sait visiblement plus quoi faire. Il balance même des billets de 1 dollar dans le public. Malgré la certitude que je garde à propos de la déficience de son QI, le mec est tellement une parodie à lui tout seul que je lui souhaite de tout coeur qu’il se foute de nos gueules aussi. Sinon, je perds véritablement foi en l’humanité. Gros bisous bebey.