La Boiler Room s’échauffe

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Boiler Room : qui passera le mieux à la caméra ?

« T’as vu la dernière Boiler Room de Knue@ni*$uh ? »; phrase tendance et noms incompréhensibles, voici la discussion type des terrasses et fumoirs de club du moment. Si ça ne parle pas à tout le monde, l’effet Boiler Room est pourtant imposant et vaut le détour.

La Boiler Room, littéralement « la chaufferie », s’est imposée dès 2010 comme un rendez-vous tant pour les pro-musicos que pour les amateurs non-pratiquants. Le simple concept de filmer un dj en pleine action et de le diffuser en streaming est devenu la tendance #1 en matière « d’underground music show ». Pour avoir une vision chiffrée de ce phénomène worldwide, la page Facebook comptabilise 642 milles like et certaines vidéos dépassent les 5 millions de vues sur Youtube. Just to know. Evidemment, comme chaque phénomène (internet ou non) majeur, la Boiler Room est aussi controversée qu’appréciée.

Souvent en format 60 mns, pouvant parfois dépasser les 3 heures, le concept se veut « underground » de prime abord, permettant une proximité nouvelle entre artistes et public réduit, mais surtout novateur, en délocalisant le clubbing sur un pc. Désormais, un dj peut jouer dans un endroit donné, entouré d’une cinquantaine de gens, et toucher cependant des millions de personnes. Idée de génie qui offre une toute autre dimension à la performance live et à la manière d’écouter voire de découvrir un artiste. La cible est large, allant du geekos-des-platines au pointar-techno en passant par le type qui erre de vidéos en vidéos. Chacun y trouve son avantage qu’il soit technique, synoptique ou purement ironique; et d’un autre côté, plus de honte d’avoir raté le-dernier-évènement-qui-tue-sa-mère, tout est à porté. Underground, vous avez dit ?

Il faut avouer que l’image qu’offre le passage par une Boiler Room à un artiste est considérable, dans la mesure où il n’y a pas que des Richie Hawtin et Laurent Garnier qui sont mis en avant. Les labels en sont tout aussi profitables, leur noms accolés au sigle BR sont tout autant de médiatisation. L’autre acteur mit avant lors de ces sessions, le public, trié sur le volet; l’entrée d’une Boiler Room est infranchissable sans invitation, là est tout l’enjeu. De ce fait, on peut observer une faune au summum de la hype, qui elle aussi profite de cette médiatisation (souvent à son désavantage, on a tous rigolé en mattant certaines vidéos, elles ont d’ailleurs été compilées ici) attisant les jalousies, on ne va pas se mentir. Cette convoitise favorise la controverse, mais fait surtout augmenter les vues de chaque vidéos, on peut parler de cercle vertueux.

Comme tous les buzz, on peut se demander si la fin des Boiler Rooms est proche; la question reste sans réponse quand on s’attarde un peu à ce qu’il se passe réellement. Précurseur du dj-streaming, le concept en inspire plus d’un depuis : Dailymotion, Arte … Toilet Room, ou comment pisser sur l’idée originale sans se gêner, sans oublier la Glitter Room (vidéo ci-dessus). Toutes ses déclinaisons et autres inspirations rendent sa position de leader à la Boiler Room – j’en parle comme d’une personne, qui est en constante évolution tant dans ses propositions d’artistes que dans ses lieux (SXSW, Sònar, rooftops) et autres associations (Ray Ban, Vans). La suite est à écrire …