Bpm à fond de balle avec SNTWN

julien-boisseau-sntwn

 

Ils retournent la nuit parisienne, on s’est posé avec SNTWN

Depuis 2008, Sonotown (SNTWN) s’efforce de promouvoir des styles musicaux qui émergent en France, mais aussi de proposer à des jeunes artistes gravitant autour de leur collectif, une scène. D’abord webzine culturel, SNTWN est aujourd’hui développé dans la production événementiel dans des lieux atypiques comme le 6B ou les Studios de l’Olivier, mais aussi dans des clubs comme la Machine du Moulin Rouge. En 2013, SNTWN crée la société de production ROOMS en collaboration avec Sinny&Ooko et fait un bon en avant sur la scène des musiques électro. Sonotown développe alors désormais des projets comme 75021, Release The Groove, 180G. Leur nouvelle plateforme web vous en dira plus sur leurs événements avec des contenus médias exclusifs, par ici !

Pour vous, on a interviewé Julien Boisseau, l’un des deux hommes à l’origine de Sonotown.

 

Vous aviez « envie d’écrire  sur ce que vous aimiez » sur votre webzine parce que vous ne trouviez pas d’écrits sur ces sujets. Pensez-vous avoir répondu à votre besoin et à celui des gens qui avaient les mêmes attentes ?

Non pas tellement, déjà on écrit plus sur la musique directement. Au début on faisait ça pour répondre à des envies personnelles d’écrire sur de la musique électronique, parce que Trax et tous les médias de musique électro qu’on connaissait ne correspondait pas à ce qu’on aimait et on s’est rapidement rendu compte que personne lisait ce qu’on écrivait. Du coup on a préféré parler musique à travers des événements, de l’écoute, des podcasts etc, parce que la musique aujourd’hui c’est quelque chose qui se lit de moins en moins.

 

De manière générale, qu’est-ce qui a changé à Paris depuis que vous avez commencé en 2008 ?

Les gens n’écoutent plus les mêmes musiques électroniques qu’il y a 5 ans. Une musique électro plus universelle s’est imposée, avec le retour de la house, de la techno. Aujourd’hui l’ouverture d’esprit est plus large en matière de musique électro, parce qu’au final la house, l’electronica, le hip-hop, etc, sont liés.

 

Est-ce que Sonotown cherche à représenter Paris ?

Je ne sais pas si on cherche à représenter Paris. Sans vouloir représenter Paris à nous tout seul, on espère quand même faire partie des gens qui ont redynamisé la scène électro à Paris, mais après on n’est pas les seuls ! Donc représenter Paris non, mais faire partie de la représentation de Paris à l’étranger, c’est une chose que l’on aime bien revendiquer oui.

 

sonotown

Parlez-moi un peu de la « nécessité de reconstruire Paris hors de ses murs » à travers le projet 75021 ?

C’est le débat du Grand Paris. Paris a un manque d’espace, par exemple Londres et Berlin sont des villes beaucoup plus grandes où il y a la possibilité d’organiser des événements de façon un peu plus libre. Paris ne te permet pas d’avoir de vrais lieux de vie. Si on veut investir de l’espace à Paris, il faut parler de Grand Paris, parce qu’il n’y a tout simplement plus de place !

 

Quels sont les enjeux dans l’organisation de soirées atypiques ?

Il n’y a pas vraiment d’enjeux. Nous, on a commencé à faire des événements dans des lieux atypiques parce que musicalement on ne trouvait pas notre place à Paris. Le but principal est de réussir à se développer sans l’appui des institutions privées déjà en place, d’où l’intérêt d’aller au 6B, à Bagnolet à Gentilly. Quand on ne te fait pas confiance sur ce que tu proposes, tu te retrouves à faire les choses toi même !

À LIRE :   De Rejjie Snow à M.I.A. en Hoverboard !

 

Est ce que vous avez beaucoup de concurrence ?

Non pas tellement, parce que les gens qui font ce qu’on fait, ne sont pratiquement que des potes ou des gens qui ont déjà bossé avec nous, donc c’est pas vraiment de la concurrence. Il y a une concurrence quand il y a 4 soirées de la même typologie le même soir, mais ça on essaie de l’éviter. On communique beaucoup entre nous pour qu’il n’y est pas de concurrence directe.

 

D’une manière générale, c’est quoi votre vision de la musique ? 

Pour moi c’est important de ne pas confondre musique et club. La musique n’est pas forcément faite pour danser. C’est plutôt fait pour être écouté et parfois à force d’en faire un objet de fête, ça peut la pervertir et la rendre intéressante. Ma vision c’est aussi de ne pas comprendre le purisme en matière musicale, et ne pas vouloir comprendre la catégorisation des genres musicaux. Au final le blues, le jazz la techno, c’est pas la même chose mais ça a la même histoire. Ma vision est historique, j’aime bien voir la musique à travers les années, me dire que si on en est là aujourd’hui c’est parce qu’il s’est passé ceci ou cela avant, et pas à travers la mode ou le genre musical.

 

Un de nos amis communs nous a dit que vous adoriez le hip-hop, étant des narvalos du rap français, on te cite quelques artistes et tu nous dis ce qu’ils représentent pour toi :

Médine : j’aime bien. J’ai beaucoup écouté la Rumeur et pour moi dans leur parcours reste le plus crédible. Pour moi Médine c’est un peu du Kery James, bien que je ne connaisse pas hyper bien non plus.

NTM : j’aime beaucoup, mais moi à l’époque, j’écoutais plutôt des trucs que les gens connaissaient moins !

Booba : Booba c’est le plus fort, même son dernier morceau est pas dégueu ! Il a été tellement fort au niveau des prod’ que même aujourd’hui ça reste imbattable.

Youssoupha : j’aimais bien au début, j’ai rien contre le mec mais il se prend un peu pour Oxmo Puccino, ça se veut à la fois social et poétique et au final c’est un peu chiant par moment.

 

Avec votre agence OOO Communication par exemple, vous voulez aller encore plus loin ?

OOO Communication est le rapprochement de Sonotown et la boîte qui gère la Machine du Moulin Rouge. C’est une agence de com’ et événementiel spécialisée dans les lieux de vie, comme la REcyclerie, la Machine et les soirées Sntwn. Pour la suite, on verra !

 

Avant hier vous avez partagé un podcast de Grems disant qu’il vous avez beaucoup aidé dans vos débuts « à sa manière », c’était quoi? 

C’est un gars que je connais bien déjà et c’est surtout l’un des 1ers mecs qui a justifié le débat sur le fait que le Hip-Hop, la house, la techno, ne devait pas être sectoriser. C’est un mec qui a pris de vrais risques. Il m’a permis d’aller jusqu’au bout, en me disant clairement « on s’en fout la musique c’est hyper transversal, tu peux faire du Hip-Hop et de la techno le lendemain, les gens comprendront ». Je lui ai fais des propositions de gamin quand j’ai commencé et lui il a dit oui tout de suite à chaque fois.

 

Es-tu  Open Minded ?

Nan pas tellement,  enfin musicalement oui, politiquement sûrement moins !