Bishop Nerhu : Peace to all Nehruvians

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Bishop Nehru, 16 ans, vous salue !

Peut-on parler de renaissance pour qualifier la scène hip-hop new-yorkaise ? Après la fulgurante ascendance de la Beast Coast, dirigée par les crew Pro Era, The Underachivers ou Flatbush Zombies, on peut dire que oui ! Seulement, le mouvement ne s’arrête pas là. Si en France on a Big Flo et Oli, chez les ricains c’est un tout autre délire. On a écouté les quelques mixtapes du man Tayyib Ali, moins de 20 ans – qui a malheureusement un peu régressé -, on suit avec ferveur tout ce qui touche à Joey Bada$$, 18 piges … Let me introduce : Bishop Nehru !

Son flow n’est pas s’en rappeler celui de ces confères, soyons réalistes, ce n’est pas ce qui le fait sortir du lot. Ingénieux, cependant, Markel Scott a choisi Bishop Nehru comme nom de scène pour représenter ses aspirations : Bishop, alias Tupac dans le film Juice, et ses potos, est à la recherche de respect dans son tieq et prêt à tout pour le recevoir; Jawaharlal Nehru, premier 1er ministre de l’Inde, était aux côtés de Gandhi pendant la demande d’indépendance du pays par rapport au Royaume-Uni. Figures réelles et fictives qui prônent des envies d’indépendance et de respect, voici donc la vocation du type.

Bishop rentre par un coup de pied dans la fenêtre en faisant la première partie du Wu-Tang à l’occas de leur tournée européenne, un fan pas comme les autres, apparemment. A cela s’ajoute un projet avec MF DOOM qui est prévu pour la fin de l’année, en attendant on peut d’ores et déjà s’y préparer avec les quelques prods que le super vilain à déjà réalisées pour son poulain. Pour se démarquer, ses lyrics ne sont pas emplies de weed comme le voudrait la tradition, ses prods sont travaillées ou choppées à Dilla ou Dj Premier pour être sûr de la qualité et ses clips sont réalisés de ses propres mains, qui tremblent un peu, mais on aime le home-made.

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« I hope to accomplish world change, I want to be a change not only in Hip-Hop but in the world period. » tels sont les désirs du ptit négro. Soit. Une petite accolade s’impose quand on voit que deux mixtapes (à télécharger) sont déjà sorties en un an, dotées toutes deux d’une certaine finesse quant aux choix de productions, composées d’une dizaine de sons chacune; le tout s’écoute avec fluidité dans un canapé. L’originalité ne prime pas, certes, plusieurs prods sont des basics classiques; ceci-dit, petit mc deviendra grand, laissons lui juste le temps d’essayer de remettre l’east-coast sur le devant de la scène avec le rap (« trying to put the east back on the map with rap » S.S.S – Split Society Syndrom).

Paix.