Vandal : chronique adolescente qui sent bon le Posca

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Retour sur la séance privée de projection du film Vandal d’Hélier Cisterne

Le jeudi 12 septembre dernier, j’étais convié au Club Lincoln sur les Champs-Elysées pour y voir le film Vandal en projection presse. Une séance de cinéma placée sous le signe du street art.

Quand on pense « projection presse », que l’on soit de la partie ou non, on pense à quelque chose de cérémonieux, de solennel. C’est exactement le contraire des mots que j’utiliserai pour décrire cet événement.

Je dirais que dans une petite salle à taille humaine, nous sommes allés nous faire une toile entre puristes du graffiti et novices en la matière; ni plus ni moins. D’ailleurs, le petit mot du réalisateur, Hélier Cisterne avant la projection nous a tout de suite mis à l’aise. Il nous expliqua sans prétention que VANDAL n’est pas un film SUR le graffiti, mais plutôt une fiction adolescente SUR FOND de graffiti.

Sur ce, les lumières s’éteignirent et le film commença. Je n’avais pas préféré lire le synopsis car je voulait ressentir le film de plein fouet, sans a priori.

Le générique commence à peine et l’on est déjà happé par l’ambiance sombre du film. On y suit les turpitudes de Chérif, adolescent paumé et mal dans sa peau placé par sa mère à Strasbourg chez sa tante. Des difficultés à s’intégrer dans sa « famille d’accueil », un père absent qui resurgit et des difficultés à communiquer et à exprimer ses sentiments. Ce sont autant d’éléments dramatiques qui vont le mener peu à peu à entrer dans un univers qui lui était inconnu.

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Un soir, histoire de lui changer les idées, son cousin le pousse à faire le mur avec lui et à vivre ce qui sera sa toute première confrontation avec le graffiti. La vitesse à laquelle vient s’ajouter l’adrénaline puis le danger, une équation qui plait à Chérif. Il ne lui en faut pas plus pour se passionné pour ce qui encore considéré comme un acte de vandalisme. Il ne tarde pas à rejoindre le crew de son cousin, les ORK.

Ensuite c’est l’amour qui s’en mêle, le tout est survolé par l’aura d’un certain Vandal, graffeur intrépides qui accapare tout les meilleurs spots de la ville avec des oeuvres complètement démentes. L’intrigue s’enchaîne à une vitesse effrénée, jusqu’à l’irréparable mais je ne vais quand même pas tout vous révéler, qu’est-ce que vous croyiez ?

Ce qui m’a frappé dans ce long-métrage qui sent bon la bombe Montana, c’est cette économie de mots tout au long du film. Tout est suggéré pour que la tension reste constante sans qu’il y ait pour autant du dialogue à tout va. Cet aspect contemplatif, ultra sensoriel a fait que j’ai passé 1h30 cramponné à mon satané siège.

On sent que le réalisateur Hélier Cisterne a vraiment tenu compte des conseils des graffeurs partenaires ORKA, PISCO LOGIK et LOKISS. Conseils qui lui ont permis d’apporter un réalisme implacable à son film à qui je prédis un bel avenir.

 VANDAL de Hélier Cisterne, sortie le 9 octobre 2013.