Après le succès critique et populaire de Shovel Knight, le studio Yacht Club Games revient avec une nouvelle création tout aussi audacieuse. Mina the Hollower rend hommage à une époque révolue, celle des jeux Game Boy Color, tout en injectant une bonne dose de modernité et d’intensité. Le résultat est un RPG d’action au style gothique, aussi raffiné que brutal.
Dès les premières secondes, le titre séduit par son pixel art 8-bit d’une finesse rare. L’esthétique évoque des perles comme The Legend of Zelda: Link’s Awakening ou Oracle of Ages, mais revisitée avec une palette plus sombre et des effets de lumière subtils. Cryptes hantées, docks maudits et manoirs victoriens s’entrelacent dans un monde dense et mystérieux, regorgeant de passages secrets et de détails visuels fascinants.
Un gameplay rétro, mais pas figé



Si Mina the Hollower assume ses inspirations old-school, son gameplay surprend par son inventivité. Oubliez le parry et le blocage. Mina combat à l’aide d’un fouet polyvalent, d’armes secondaires comme le marteau ou les dagues, mais surtout grâce à une capacité unique : le creusement.
Elle peut s’enfouir sous terre pour éviter les attaques, traverser des obstacles ou découvrir des zones cachées. Ce mécanisme, à la fois défensif et exploratoire, transforme la manière d’aborder chaque combat et chaque carte.
Trois styles de combat bien distincts
- Dagues : rapides et nerveuses, mais risquées à manier de près.
- Marteau : lent, mais redoutable en puissance avec son attaque chargée.
- Fléau : un juste milieu, parfait pour maintenir les ennemis à distance.
Les affrontements sont exigeants, parfois impitoyables, mais toujours justes. Chaque boss impose un apprentissage précis du timing et de la stratégie, rappelant la rigueur de Shovel Knight. La difficulté initiale peut décourager, mais la courbe de progression est gratifiante et donne envie de persévérer.
Un univers gothique fascinant
L’ambiance de Mina the Hollower est profondément inspirée de la littérature gothique victorienne. On y retrouve des références à Frankenstein, Dracula ou encore Edgar Allan Poe. L’histoire, volontairement minimaliste, aborde des thèmes de science corrompue, de malédiction et de quête de rédemption.
Mina, ingénieure et exploratrice, se retrouve confrontée aux conséquences tragiques de ses propres inventions. L’île qu’elle doit sauver, rongée par les ténèbres, devient le théâtre d’une tragédie mécanique aussi poétique qu’effrayante.
La bande-son chiptune signée Jake Kaufman sublime cette atmosphère. Les mélodies inquiétantes et les rythmes dynamiques transportent instantanément le joueur dans une aventure où le danger et la mélancolie s’entremêlent.
Tout n’est pas parfait, bien sûr. Certains joueurs pointent du doigt quelques petits défauts techniques et d’équilibrage. Le système de creusement manque parfois de réactivité, rendant certaines esquives frustrantes. Les dagues, bien que rapides, semblent trop faibles face à des ennemis plus robustes. Et la lisibilité des décors, par moments, rend difficile la distinction entre plateformes et pièges.
Rien d’irréparable cependant. Ces imperfections restent mineures et pourraient être corrigées avant la sortie finale du jeu. L’essentiel est là : un gameplay fluide, une direction artistique soignée et une identité forte.
Un hommage sincère au jeu vidéo classique
Avec Mina the Hollower, Yacht Club Games prouve une fois de plus qu’il maîtrise l’art du rétro moderne. Le jeu n’est pas qu’un simple clin d’œil nostalgique. C’est une véritable déclaration d’amour à une époque où chaque pixel comptait et où la difficulté faisait partie du plaisir.
Entre exploration, tension et beauté gothique, ce RPG est une aventure singulière qui saura ravir ceux qui recherchent un défi, une atmosphère marquante et un gameplay à l’ancienne, remis au goût du jour.

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