Argenteuil, « la belle endormie » va enflammer la vie parisienne

« Sortons des carcans »! La banlieue parisienne au centre de la culture. Focus sur Argenteuil.

Alors que le grand Paris arrive à grands pas, il est sans doute temps de voir, de concevoir, que les notions de distances ne seront plus que très relatives. Les teufeurs savent déjà mettre Argenteuil sur une carte de l’Ile-de-France.

Ils ont poncé les parquets des Warehouse Argenteuillaises grâce aux BNK, Myst, Contrast et autres… les Policiers aussi d’ailleurs, les ont suivi ou précédé sur la dalle (non, non, pas de polémique ici).

 Depuis la mort du jeune  Sabri, CNews et BFM connaissent ce coin du 95 qui a des frontières communes avec le 93,92 et 78 . Quant à Nicolas Sarkozy qui promettait de s’occuper des racailles, il y a plus de 10 ans, il avait fort probablement oublié les 5kms de chemins qui séparent Neuilly-sur-Seine et la Défense de la Gare d’Argenteuil.
Argenteuil, c’est un coin de paradis ou un bout d’enfer selon : une abbaye, la  basilique  Saint-Denys d’Argenteuil (encore Saint-Denis, ils sont partout ceux là…) avec un morceau du Saint Suaire dont les aficionados parlent en latin aux 4 coins de la planète. Les Coteaux, petit havre aux airs de Saint Cloud, qui pointent un œil vers la Défense et le Sacré-Cœur, et un autre vers la A15 en contrebas, ainsi que les quais de Seine, qui n’ont plus rien à voir avec ce que dépeignaient les impressionnistes de renom il y a un siècle.
 La Seine coincée derrière une grosse nationale infranchissable qui mène à l’autoroute et  qui offre  un vrai paysage industriel post-apocalyptique grâce au plus gros port fluvial de France, Gennevilliers, qui reste une sorte de Rotterdam fluvial, lui aussi bien connu des ravers des années 90.
On va éviter de parler de la gare de la dalle, de l’hôpital et du centre-ville pour ne pas se fâcher avec nos amis du coin qui gardent un attachement presque mystique à leur quartier, malgré qu’en tant qu’observateur on ne puisse trouve aucune raison logique à une telle fidélité.
Bref, vous l’aurez compris Argenteuil nous fascine, une sorte de Belle au bois dormant, conservée dans la glace depuis les années 80 et qui ne demande qu’à se réveiller.
« La Belle endormie », c’est comme ça que Philippe Doucet qualifie sa ville. Il en a même fait un bouquin. L’ancien et peut être futur maire d’Argenteuil, a eu une législature pour prendre du recul et mûrir son projet pour la cité à la Tunique.
Il faut dire que l’intermède de droite n’aura pas trop bousculé ses plans, car rien n’a bougé dans la ville ces dernières années, si ce n’est une crispation sur le terrain entre les jeunes et la Police. Alors qu’Argenteuil dans les années 2000 était plutôt considérée comme une ville calme comparativement à ses consœurs de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine.
Philippe Doucet   nous a reçu dans sa permanence. On a pu y croiser les vrais visages des Argenteuillais, dans une atmosphère de ruche conviviale, en pleine effervescence avant le round final du 18 Juin.
Le Bonhomme nous a répondu de manière détendue, parfois rigolarde à l’évocation de ses potes humoristes du PS tels Montebourg et Hollande, plus tranchant quand il prenait position clairement contre les dérives solitaires et sécuritaires de son ancien Collègue Valls, et très à l’aise quand il pose un « ni PR, ni PIR » : Ni  le Printemps Républicain du père Clavreul, qui devra le cas échéant répondre du rapport fantoche sur la citoyenneté commandé par l’équipe Mothron et qui a coûté à la ville 80k€ , Doucet ne se situant clairement pas sur cette ligne de néo_cons à la française. Ni le parti des indigènes qui selon lui a pour mission de fracturer la gauche en évacuant la question sociétale au profit des antagonismes ethniques et religieux.
Il est tout aussi détendu quand il aborde la question de l’urbanisme : la ville est cruellement isolée de ses voisines du Nord, et des bassins d’emploi de la Défense et du 93.  Elle ne possède pas d’équipement culturel de stature nationale comme ses voisines de Nanterre ou de Saint Denis, ni d’enceinte sportive comme Colombes, ni de centres commerciaux comme Villeneuve la Garenne, ni de Multiplex comme Villeneuve aussi.
Ni de la proximité de Paris comme Saint-Ouen. Pourtant Argenteuil joue dans la même catégorie que toutes les villes précitées. 2éme ville de la Petite Couronne, ses 110000 habitants restent en partie sur leur faim, et un turn-over de 30% sur 10 ans témoigne qu’il reste du boulot pour ancrer la population sur ce territoire.
Bref, beaucoup reste à faire, les alliances qu’il a conclu pour le second tour sont en phase avec son Programme :
Des transports verts et fluviaux, un vrai équipement culturel qui rayonnera sur le 95 et l’IDF, et devrait faire oublier le vide de l’Atrium, équipement culturel « léger », ayant reçu récemment le salon de l’aquariophilie et posé comme un vaisseau fantôme à deux pas des bâtiments nord du Val.
Pas de son, pas d’image pour cette tente géante de plusieurs millions d’euros et milliers de m², censée héberger des évènements à longueur de week-ends, pas plus de son et d’image pour Georges Mothron , le candidat LR et actuel maire  qui a disparu du terrain déjà avant le confinement et les événements d’Avril pour des raisons inconnues.
L’édile est juste sorti du bois dernièrement pour censurer deux films sur le Mariage pour tous et la Palestine.
En termes de son, d’image et d’animation, l’équipe que nous avons rencontré a un projet en tête pour réveiller la ville.
La Zone Industrielle d’Argenteuil sera rouverte  à des initiatives pour l’établissement de lieux culturels, sur le modèle des Groues à Nanterre, ou des Ateliers Christophle  à Saint-Denis, qui vont permettre aux Collectifs d’Ile-de-France de revenir taper du pied dans le coin et aux acteurs de la scène de s’exprimer à travers les arts urbains.
Est annoncé aussi et enfin un aménagement intelligent des quais de seine, pour rendre au fleuve sa vocation première de vecteur d’échange et donner une bouffée d’air frais à la ville.
 La relance des   études pour l’ouverture d’un multiplex qui permettrait aux Argenteuillais et aux Val-d’Oisiens de se rendre à pied pour voir le film du moment plutôt que d’avoir à prendre l’autoroute pour aller au Méga-rama de Villeneuve-la-Garenne.
Les salles de cinéma du centre ville pourraient quant à elles proposer une programmation art & essai, étoffant l’offre pour les cinéphiles hardcore du Sud Val-d’Oise.
Le seul tiers lieu de la ville, le « musée sauvage », hôpital du 17éme reconverti en espace associatif trouvera son public dans un ensemble plus large en intégrant un réseau de lieux alternatifs.
Des réseaux de contributeurs et de lieux aideront la ville à s’ouvrir sur l’extérieur et revenir ou advenir au «nouveau monde » tout en renforçant les liens entre les quartiers historiques.
Voilà ce qui est au programme, pour un maire qui avait une image de proximité auprès du « Argenteuil canal historique » et du terrain et qui l’a gardé, malgré l’intermède Mothron.
On attend le soir du 28 et les quelques années à venir pour s’assurer que les engagements vont pouvoir être tenus… et d’ores et déjà on a envie de venir participer à ce qui s’annonce comme une fête pour le réveil de la Belle Endormie.
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