Jardin à grands coups d’ÉPÉE dans le club

Jardin débarque avec  9 tracks pour changer les mentalités de demain

2018 : la techno cogne fort, le break revient à toute allure alors que le rap mute dans tous les sens. L’année idéale, semble-t-il, pour que Jardin viennent rassembler tous ces bataillons sous sa bannière. 9 morceaux, 9 aventures sonores et politiques : le Bruxellois d’adoption Leny Bernay
vient déranger les frontières esthétiques, et plus encore, donner du sens aux heures moites et trop tardives.

Reprenons pour les rangs du fond : après un CD-R planqué sur son label Dumbhill et des participations ici ou là, le garçon débarque comme une balle avec un premier album « A Girl With A Dog In A Rave », manifeste en six courts morceaux d’une génération perdue pour la rave.

Derrière cette grosse impression, le stakhanoviste enchaîne avec un second album, 6 mois plus tard, puis une mixtape de 23 morceaux, « Post-Capitalist Desires ». L’objectif ? Muscler la frappe et éclaircir les malentendus. Jardin ne sera pas le petit prince de la house lofi en manque de dopamine, il veut cogner les corps et les esprits. Tant pis pour ceux qui voulaient du réconfort dominical.

C‘est donc dans cette idée que sort aujourd’hui EPEE, son troisième long format. Comme il l’affirme lui même haut et fort, celui-ci marque une forme de retour au rap de ses premiers émois, avec en ligne de mire le couplet explosif, calé à pleine vitesse, sur le morceau titre. Plus violent que jamais,
le morceau pose une réponse définitive aux MCs machos et veut ouvrir la voie à une alternative.

Car ce disque est certainement son plus explicite : tour à tour y passent sans phare le harcèlement de rue (« Night Queen ») ou les différents types de contrôle social (« Down », « Control is invisible », « Fear Center »), dans un dédale musical qui aurait vite fait de faire vaciller les classement de bibliothécaires : ici, une vrille acide hystérique, là, une tendresse à l’anglaise à la prod fantomatiquement osseuse. Un soupçon de hardcore dans un coin, des pops songs mutantes et beatmakée dans un autre.

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Le coup d’EPEE laisse chancelant. Et visuellement, Bernay prend le contre-pied. Jusqu’alors les clips et visuels de Jardin étaient réalisés par des créateurs de tous horizons pour former un ensemble aussi complexe que disparate.
« Mon amour n’a pas de sexe », par François Quillacq, « Desmond Just Born » par Guillaume Hery, « Bizarre » par Tiphaine Larrosa… si l’ensemble des vidéos voulaient former un corpus cohérent, le producteur est cette fois passé à la vitesse supérieure.

Tout l’aspect esthétique a en effet été coordonné par Patrick Weldé, croisé notamment chez Balenciaga. Un choix évident, quand on lit chez l’un et l’autre la même vision d’une apocalypse post-consummériste. Au programme, des silhouettes inhumaines, souvent immobiles, au fond des champs perdus dans un monde gris. 9 illustrations pour 9 morceaux, à découvrir ici avec le disque, deux clips, le photographe a charbonné.

Jardin peut-il changer demain ? On verra durant ces prochains mois. En attendant, le garçon est bien remonté, et fête la sortie du disque ce dimanche dans un lieu secret de Bruxelles, avec son collectif Cultural Workers (coproducteurs du disque)  et, notamment, le gang de son label Le Turc Mecanique, un live de Capelo et un set de DJ Pute-Acier.

 

Cultural workers EPEE JARDIN

Un simple MP sur la page des Workers vous donnera toutes les informations. En attendant impatiemment de le revoir en France très prochainement. Choppez vous le disque ou téléchargez gratuitement l’album ici, Le TURC MECANIQUE ou là Cultural Workers

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