J’ai vécu, je referai plus : aller à la salle de sport le samedi soir …

Faire du sport c’est bien… sauf le samedi soir !

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Ahh la salle de sport, je pense qu’au moins 1/3 des personnes qui liront cet article ont un abonnement mais n’y vont JAMAIS. Un soir d’avril ou de mai, quand vous avez réalisé que l’été approchait vous vous êtes dit que c’était fini les conneries et qu’il était temps de transformer votre corps pour en faire une boule de muscle. Au début, c’est sûr vous étiez motivés. Et vas-y qu’on fait du rameur, du vélo, des cours collectifs etc. Vous étiez bien parti et on pouvait presque commencer à voir les résultats de vos 3 séances.. puis l’inévitable arriva. Un soir, il a plu. Des grosses goûtes, le genre qui empêcherait n’importe qui de sortir de chez lui. La fois d’après, vous aviez une petite douleur à l’oreille donc par précaution vous avez préféré repousser la séance.. Bref, 7 mois plus tard, vous payez toujours 30 euros tous les mois, avez presque oublié l’adresse, mais vous préférez ne pas y penser.

C’est l’erreur que j’ai faite. Je me suis inscrite en mars, en sortant, avec ma pote on se disait « non mais nous on va y aller, on va pas faire comme les autres« . T’as raison… Alors oui, on y est allé bien comme il faut, trois fois par semaine….pendant un mois et demi. Après j’avais trop de travail, pas le temps et surtout une énorme flemme. Du coup j’ai grillé mon abonnement et quand j’ai réalisé que sur 5 mois je n’avais foulé le tapis que 9 fois, j’ai pris une petite claque. C’est comme si chaque séance m’avait coûté 17 euros. Du coup, comme j’avais également pris environ 4 kilos je me suis dis qu’il était temps de se ressaisir.

J’avais plus de temps libre puisque moins de travail et surtout besoin de rentabiliser ce foutu abonnement. Je vous épargne les détails chiants mais je me suis retrouvée avec un programme de sport qui stipulait que je devais aller obligatoirement 3 fois par semaine à la « salle » pour voir des résultats. Challenge Accepted. Sauf qu’il y a quelques jours, pour atteindre cet objectif, j’ai du aller à la salle le samedi en fin de journée : il était 19h30 et je n’allais pas tarder à rentrer dans une toute autre dimension l’espace de quelques heures.

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Déjà pour quelqu’un dont le sport n’est pas du tout sa vie, aller faire du sport le samedi c’est un peu badant, y’a un côté no life qu’il faut assumer. Ensuite et surtout, l’endroit est vraiment vide. Ce soir-là, sur les deux étages que compte la salle, on était maximum 15 alors que d’habitude on dirait une usine. Ce vide appuyait d’ailleurs beaucoup le sentiment initial. Bref, consciencieuse, je décide de faire mon programme comme si de rien était. Je suis dans mon truc et là une fille et un mec arrivent. Au bout de quelques minutes je comprends que c’est son entraîneur ou plutôt son ‘coach‘ comme ils aiment se faire appeler. Franchement, il ne lui fait pas de cadeau. Pendant tout le temps de ma séance je ne peux m’empêcher de jeter des coups d’oeil. Il l’a fait sauter, faire des pompes, des sprints, des sauts, des squats. Elle est rouge écarlate, elle transpire plus que tous les gens dans la salle réunis et surtout elle a vraiment l’air de souffrir. Bref, je change d’étage en pensant fort à elle. Je relativise. Certes je passe mon samedi soir à faire ce putain de programme mais elle elle paye encore plus cher pour passer son samedi soir à se faire torturer par un Dylan ou un Tony qui, en plus, lui crie dessus.

Arrivée à l’étage de musculation – no comment – c’est encore une autre ambiance. On est 5. Vraiment, 5. Je commence mes exercices et je croise un mec qui est tout le temps là. Il me dit bonjour et là je réalise que j’ai vraiment passé un stade. Déjà parce que le mec me reconnait mais surtout parce-que moi, ça me fait plaisir de le voir. L’horreur.. Là je fais un léger bilan de ma courte vie : j’ai 23 ans, je soulève des poids, un samedi soir dans une salle pleine d’appareils de musculation et ma vie sociale est réduite à dire bonjour à un mec dont je connais même pas le prénom… Alors que j’allais commencer à vraiment rentrer dans une psychanalyse approfondie des raisons qui m’ont poussées à en arriver là, tous les gens de la salle se mettent à courir en direction d’un mec. Il fait un malaise.

Il était fin comme une paille, portait un bandeau et il avait l’air complètement perdu. Après 10 minutes au sol, il reprend ses esprits. Il boit des grandes lampées d’eau et là, franchement, j’aurais pas aimé être à sa place, tout ce beau monde se met à lui donner des conseils. Vous savez ce moment hyper relou où tu sais très bien ce qu’il se passe, pourquoi t’en es arrivé là et ce que tu dois faire mais quelqu’un que tu connais pas du tout t’explique quand même la vie.

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« Tu sais mec, quand tu vas à la salle faut bien manger avant » AH BON ! MERCI JEANCLAUDE. « Tu vas bien, tu t’es évanoui, ça veut dire que t’as sans doute tirer un peu sur la corde, tu devrais ralentir un peu, ça se voit que t’es pas encore habitué, vas-y doucement la prochaine fois » UPPERCUT VERBAL. « T’as de l’eau ? Il faut bien penser à s’hydrater quand on fait du sport » IL A OSÉ.

Sérieusement, il manquait plus que le « pour respirer tu dois d’abord inspirer et ensuite expirer » pour réunir tous les conseils les plus évidents qu’on puisse donner à quelqu’un. Le mec finit par se lever et partir en laissant une partie de sa dignité au sol. On reprend tous nos exercices et une fois les miens terminés je me précipite dans les vestiaires. Il est temps d’en finir, il est 21h30 et j’aimerais bien sortir.

En préparant mes affaires, je croise la fille qui s’était faîte complètement martyriser par le coach. Quand elle sort de la douche et je vois qu’elle vient de vomir. C’est à la fois immonde et touchant.

Je la regarde d’un air emphatique, j’essaye de lui montrer que je ne la juge pas et que franchement si y’a bien un jour dans la semaine où on peut tous partir en couille c’est bien celui-là. Personnellement je vais éviter le weekend dorénavant…