La tradition du marché aux épouses sévit encore

Un « speed dating » version enchère grandeur nature

Chaque dernier dimanche d’août, un marché controversé se tient pourtant dans le sud de la Bulgarie et attire foule. Initié il y a plus de 100 ans selon les anciens, la tradition du marché aux épouses se perpétue entre les kalaidshi, un sous-groupe de Roms composé de 18 000 personnes.

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Avant de vendre leurs filles vierges au plus offrant, la virée shopping au marché est indispensable. Là, vêtements traditionnels et modernes se côtoient en toute simplicité, et la jeune femme choisira une robe des plus chatoyantes pour espérer attirer le regard de son futur époux. Impossible de porter une seconde fois la robe de l’édition passée, la coutume exige une nouvelle toilette.

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Le jour J, les futures promises se parent de leur tenue, s’alourdissent de bijoux et se pomponnent pour être la plus belle. Ces princesses des temps modernes se connectent au monde avec leur smartphone et discutent ainsi avec des garçons sur Facebook, mais ne sont pas autorisées à les fréquenter.

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La famille veille à conserver l’honneur de leur nom et surtout la virginité de leur précieuse fille, qui s’offrira seulement à un membre du clan kalaidshi. Sous le joug de leurs parents, puis de leur mari, les femmes aspirent à se libérer des carcans mais ne peuvent que plier face au poids des traditions. La plupart deviendront ainsi femmes au foyer et leur liberté restera restreinte.

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Leur avenir se joue ainsi quelques heures par an au marché, où un homme aimant et au portefeuille bien rempli reste l’idéal. Ce dernier économise toute l’année entre 1000 et 10 000 euros pour choisir sa dulcinée. Plus la beauté est grande et la réputation honorable, plus les enchères grimpent, à condition d’une virginité intacte, garantie de la valeur marchande de la femme.

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Mais point de précipitation, la femme peut choisir son époux, prendre le temps de tisser des liens, et ne pas brusquer trop rapidement le destin qui se soldera indubitablement par le mariage. Néanmoins, la jeune génération en permanence connectée, a le regard tourné vers un futur prometteur et se détache de plus en plus des lourdes traditions, quitte à se détourner doucement du marché pour une plus grande liberté.

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Sources : Documentaire Arte 

Plus d’informations : Reportage Vice