Paname Underground, l’immersion choc dans l’underground parisien

Le roman noir qui embarque le lecteur dans un univers si proche du réel

« Cette nuit, je me suis buté la tête. J’ai mixé de la chnouf avec de la MD et de la M-cat, fumé de la grosse skunk, bu du sky et du champagne, tapé un rail de j’ignore quelle substance, gobé un cacheton de Kamagra pour réussir à bander et humé du Jungle Juice. Mon pote Erik m’a pourtant défendu mille fois de coupler le Poppers avec les médocs pour la trique ».

Paname Underground

Paname Underground de Johann Zarca, publié aux éditions Goutte d’Or, n’est pas un guide des contre-cultures, ni un rapport sur la marginalité parisienne, mais un roman immergeant le lecteur dans les bas fonds parisiens. Sorti le 19 octobre dernier, le style ultra détaillé sur les pratiques des diverses sous-cultures de la capitale n’est pas sans rappeler l’enquête de terrain gonzo d’Hunter S. Thompson[1], pour plonger au cœur d’un univers sombre rythmé aux drogues digne d’Enter The Void[2]. Zarca n’est d’ailleurs pas à son premier coup d’essai. Blogueur relatant d’expériences parisiennes sous le nom « Le Mec de l’Underground », il publie Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015) aux éditions DonQuichotte, ainsi que P’tit Monstre (2017) chez Tengo.

Paname Underground
Zarca, auteur du livre

Ce roman écrit à la première personne, laisse planer le doute sur le caractère auto-biographique de l’œuvre. Sexe, drogue et violence ponctuent le récit du narrateur dans la réalité glauque des quartiers nord parisiens, ainsi que dans une rive gauche secrète, foyer du grand banditisme ainsi que de la faf connection (bande de fascistes du 15ème arrondissement). Clochards, toxicos en tout genre, hôtesses de charme et prostituées, immigrés en transit, petites et grosses frappes, acteurs du milieu gay parisien et transsexuels, sont autant de personnages de l’intrigue permettant une analyse détaillée des diverses sous-cultures, le tout, relaté dans un argot parisien accentuant l’immersion dans le récit.

Paname Underground

Intrigue de roman noir sur fond d’histoire d’amour et de vengeance, Paname Undergound mêle ainsi la fiction avec l’extrême précision d’un « underground » parisien bien réel dans les rues de la capitale. L’ouvrage de Zarca débute sur une fin de soirée de la rue Saint-Denis dans laquelle il détaille ses souvenirs dans les sex shops environnants. Le personnage va nous mener aux quatre coins des quartiers les plus sensibles de la capitale, en passant par Barbès, la Chapelle, le jardin Villemin, Stalingrad, Pigalle, Place de Clichy, les cités de Belleville, la Colline du périphe de la porte de la Chapelle, mais aussi dans le 15ème des skinheads, les catacombes, ou encore le Gouffre de Montparnasse.

Paname Underground

 

Cette œuvre est tout le contraire d’un guide touristique, il cherche à montrer le pire, l’horrible, l’insoutenable, tout en jouant sur la fiction et la réalité des faits. C’est d’ailleurs comme cela qu’est présenté le livre : « Où s’arrête le réel, où commence la fiction ? ». Cette question notée sur la quatrième de couverture taraude le lecteur tout le long de la lecture, certaines images défilant dans la tête des connaisseurs, un univers de malfrats et de drogués fantasmé pour les ignorants.

Paname Underground

Paname Underground est une très bonne surprise, et attirera tous les amateurs d’underground, de contre-culture, les aficionados des romans noirs et des histoires sordides. Disponible un peu partout, il vous montrera ce que vous ne souhaitez pas voir dans la capitale…

Plus d’informations : Site officiel Editions Goutte d’Or

Photographies tous droits réservés.

[1] Journaliste et écrivain de Hell’s Angels: The Strange and Terrible Saga of the Outlaw Motorcycle Gangs (Random House, 1966), Fear and Loathing in Las Vegas: A Savage Journey to the Heart of the American Dream (Random House, 1972), ou encore The Rum Diary: The Long Lost Novel (Simon & Schuster, 2002).

[2] NOÉ Gaspard, Enter The Void, Wild Bunch, mai 2010, 2h. 30min.

 

Michel-Angelo FEDIDA