Le street art vietnamien au nom de la liberté d’expression

Graffer pour revendiquer sa liberté d’expression

Au Vietnam, le street art est un acte considéré comme provocateur. En effet, une forte politique de censure est menée. Bien que les artistes évitent de se mêler à la politique, le fait même de recouvrir les murs est interdit et peut leur coûter la prison… Dessiner plutôt que de chercher un emploi stable est mal vu. Pourtant, leurs œuvres sont innocentes et purement artistiques. On pourrait même parler d’autocensure puisque ces jeunes artistes sont imprégnés des valeurs du régime communiste depuis tout petits. Finalement, ils ont juste besoin de s’évader et de laisser libre cours à leur imagination dans ce pays où la liberté d’expression est mise à mal.

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À Ho Chi Minh-Ville, la capitale économique du pays, on ressent ce souffle nouveau: de plus en plus de street art, des jeunes qui font du BMX, du skate ou du breakdance… Cette jeunesse en quête d’ailleurs essaie de s’évader comme elle peut, malgré le régime autoritaire en place. La police, elle, a tendance à fermer les yeux. Ainsi, la capitale est devenue une des seules références en terme d’art urbain du pays. De plus en plus d’artistes locaux recouvrent les murs de la ville mais aussi des étrangers. Aujourd’hui, Ho Chi Minh-Ville consacre même des lieux au street art. On peut citer 3A Station, un ensemble de bâtiments occupés par la CIA pendant la guerre du Vietnam. Malheureusement, l’endroit a été racheté et sera bientôt détruit

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En effet, même si les touristes sont friands de street art, le gouvernement et la population très conservatrice le sont beaucoup moins. Certaines œuvres ont d’ailleurs été vandalisées. On peut citer la fresque de Danang, une petite ville au centre du Vietnam. L’oeuvre dénonçait une catastrophe écologique qui a d’ailleurs causé la révolte des vietnamiens qui n’ont pas hésité à manifester. En effet, une société taïwanaise est accusée d’être impliquée dans une fuite toxique qui a causé la mort de tonnes de poissons…

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Le Vietnam semble vivre un tournant de son histoire. La population, subissant la répression du régime, semble vouloir de plus en plus s’exprimer. Tous les moyens sont bons : manifestions, danse, sport ou art urbain… Affaire à suivre.

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