Paris et le street art avec Bebar

Le Grand Paris de Bebar raconté en dessin

 

Bebar

Bebar a seulement 24 ans mais tient entre ses mains une bombe aérosol depuis sa plus tendre enfance. Encore étudiant en école d’art appliqué, il consacre son temps libre à apposer sa signature visuelle sur les murs de Vitry-sur-Seine, son fief, et du monde entier. L’artiste urbain et non pas street artist a interrompu son mur aux Frigos quelques heures durant, pour se consacrer à l’interview avec bonne humeur et sans langue de bois. Une ambiance chaleureuse qui transparait dans ses oeuvres pop colorées et spontanées, mais gare au vizir cartoonesque grimaçant. Nous n’en dirons pas plus, Bebar souhaite avant tout laisser libre court à l’imagination des passants sur son travail en perpétuelle évolution.

Bebar Bebar

 

Bebar

 

Solenn_Dans quel bar se réunir et quoi boire ?

Bebar_ A la Folie en tête à la Butte aux Cailles (1) pour des pintes ou des mojitos, parce que j’y ai mes petites habitudes et j’aime beaucoup le quartier. Après je ne vais pas te mentir, je préfère acheter une bouteille et me poser sur les quais avec mes potes.

 

S_Où vas-tu manger quand tu as envie de te faire plaisir ?

B_Maintenant que je suis devenu végétarien, je ne peux pas te dire kébab (rires). Alors je vais dire Rue St-Anne (2), la rue des restaurants asiatiques à Paris. Ce que je kiffe, c’est les bentos ! Je prends toujours épinards, aubergines et radis.

 

S_Quelle est ta rue préférée ?

B_Franchement j’aime bien la rue de Quincampoix (3) derrière Beaubourg, parce que je la connais depuis tout petit. Un jour j’y suis retourné pour acheter des bombes, et ça a été comme une madeleine de Proust de me retrouver à nouveau dans cette rue.

 

S_Une galerie à absolument visiter ?

B_Ground Effect (4) proche de Grands Boulevards. Je kiffe l’initiative, c’est jeune, c’est nouveau, et ils osent. C’est un endroit fédérateur de notre génération, donc j’ai eu envie d’y participer.

 

S_Un spot de graffiti plus ou moins autorisé ?

B_Les Frigos (5) pour son côté mythique et incontournable. C’est un spot du 13ème qui a un gros bagage historique, surtout dans la culture urbaine. J’ai retrouvé l’autre jour des photos de moi où je bombais aux Frigos justement, bien avant mon blase Bebar, et ça m’a fait chaud au cœur. On peut encore observer les tags de mon crew NSK. 

 

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S_Où décompresser du stress de la semaine ?

B_Le mur le long du collège/lycée Romain Rolland (6) à Vitry. J’aime bien ce terrain parce qu’il est bucolique. A chaque fois, je prends une gifle à cet endroit parce que tu es entre les murs et les arbres, et ces derniers cachent les immeubles.

 

 S_Ton lieu insolite préféré ?

B_Franchement les catacombes (7) Place d’Italie. J’y étais parti en soirée. On avait commencé par descendre à travers une bouche d’égout pendant 15 minutes dans le noir. Tu as des salles immenses, de l’électricité, de la musique et de la bouffe (chacun apporte son pique-nique). Quand c’est la panne, pleins de bougies sont allumées et des mecs jouent de la batterie. Tu as aussi des semi-plages, mais on m’a dit qu’il ne valait pas mieux se baigner. Donc franchement les catacombes de Paris dans le 13ème, j’ai kiffé sa mère, c’était une putain d’expérience !

 

S_Où danser et quoi toute la nuit ?

 B_Danser le paso doble sur les quais d’Austerlitz (8) l’été. Tu y vas et tu passes un putain de moment. Même les gens qui vont à ce truc sont chaleureux humainement. C’est à l’extérieur, donc en plus tu n’as pas la musique forte et personne ne te transpire dessus. Au contraire, c’est un pur lieu de rencontre. Je suis espagnol donc j’ai vraiment l’impression d’être en repas de famille quand j’y vais.

 

S_Un endroit entre ciel et terre ?

 B_Sur les toits de la cité Roger Derry (9) à Vitry-sur-Seine. De là-haut, tu surplombes tout Vitry, et tu vois toutes les fresques et aussi les monuments de Paris. C’est clairement entre ciel et terre et tout le monde n’y a pas accès.

 

Un grand merci à Bebar !

Solenn Cordroc’h

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