Le Danemark, pas si cool que ça ?

La politique anti-immigration au Danemark vend du rêve.

Le Danemark est réputé pour être un pays ouvert d’esprit, tourné vers l’avenir et aux petits soins avec ses habitants. Mais entre les quelques six millions de résidents danois, des milliers de migrants tentent tant bien que mal de se faire une place. Alors, le Danemark : aussi cool qu’on le croit ?

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« Tu ne peux pas dire que, parce que tu fais venir le monde entier au Danemark et qu’ils y ont des enfants, que ces enfants sont danois. »
Voici les mots prononcés en septembre 2016 par Martin Henriksen lors d’un débat télévisé, en réponse à l’apostrophe d’un garçon né d’une mère danoise et d’un père iranien. Le député du Parti populaire danois ne mâche pas ses mots, ce qui ne manque pas d’éveiller les critiques et de délier les langues. Pourtant, il n’est pas le seul à tenir de tels propos discriminants à l’égard des immigrés, dont le nombre ne fait qu’augmenter.

Dans l’esprit collectif, nous percevons le Danemark comme un pays intelligent, tranquille et avant-gardiste où il fait bon vivre. Un intérêt prononcé pour l’écologie et un soin particulier apporté au bien-être de ses habitants le classe au rang des pays européens les mieux lotis. Mais bien vivre au Danemark rimerait-il avec populisme ? Ça en a tout l’air.

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Inger Stojberg, ministre de l’immigration et de l’intégration au Danemark.

Inger Stojberg est ministre de l’immigration et de l’intégration au Danemark depuis 2015. Réputée pour tenir des propos choquants et avoir un humour plus noir que noir, elle est pourtant une des personnalités politiques préférée des danois.

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Gâteau décoré d’un 50 et du drapeau danois pour fêter le vote du cinquantième durcissement de loi sur l’immigration, avec l’adoption d’un amendement supprimant les allocations pour les immigrés ayant commis une infraction.

De ce fait, son engagement dans la lutte contre l’immigration massive semble être l’expression d’une mouvance quasi-globale au sein du pays. Lors de la prise de ses fonctions en 2015, elle avait rapidement clamé que :

Quand on voit la vague des arrivés (de migrants, ndlr) de ces derniers jours, il y a de bonnes raisons de durcir les règles et de le faire savoir.

Quelques mois plus tard, la ministre de l’immigration était à l’origine de la publication dans plusieurs journaux libanais d’une « campagne de prévention » à l’attention des lecteurs, forcément, étrangers. Ces derniers pouvaient y lire un message censé les dissuader de s’installer au Danemark. Amaury Guibert, journaliste à France 2, rapporte l’annonce stipulant :

Le Danemark vient de voter une réduction drastique des aides sociales. Un réfugié n’a pas le droit de venir avec sa famille, et s’il n’est pas en règle, il s’expose à une expulsion rapide du Danemark.

Vous l’aurez compris, le principal objectif de cette monarchie constitutionnelle à tendance extrémiste est de lutter activement contre l’afflux de migrants en quête d’une vie meilleure au nord de l’Europe.

Et bien qu’une partie du pays applaudisse et soutienne ces initiatives, une autre se désole. Manu Sareen, l’ex-ministre gauchiste né en Inde et expatrié au Danemark à l’âge de 4 ans, s’indigne devant si peu d’humanité. De la même manière très récemment, une vidéo réalisée par la société de communication danoise Gorilla media a été mise en ligne et massivement relayée dans les médias. On y voit des enfants entre 6 et 12 ans, venus de tous horizons se laisser surprendre par les phrases peu agréables de la voix off. Alex Sabour, le réalisateur, entend grâce à ces quelques minutes dénoncer les mesures discriminatoires prises par le régime danois et en montrer l’impact sur les enfants, essence d’un pays. En février 2017, le Parlement a adopté un texte disant que :

Les « Danois de souche » ne doivent pas être en minorité dans les quartiers où le taux d’immigrés ou de descendants d’immigrés non-occidentaux dépassent les 50%.

Ça, c’est cadeau.

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Pour Alex Sabour de la société de communication Gorilla media, c’est l’hallucination totale…

On veut que les jeunes éprouvent un sentiment de responsabilité à l’égard de leur pays. Mais au lieu de leur donner du pouvoir, on leur rappelle constamment qu’ils n’appartiennent pas à leur communauté.

Une affirmation que l’on pourrait, malheureusement, entendre dans notre bel Hexagone.

Sources
Franceinfo.fr
Courrierinternational.fr

Elisa Barbier