Syrie: six ans de guerre et de streets artistes engagés

Quand le street art entre en guerre

Au mois de mars 2011 débutait le soulèvement en Syrie. Aujourd’hui, soit six ans après le début de la guerre, le bilan est lourd. Plus de 320 000 morts et des millions de réfugiés, la plupart étant des enfants. Ces derniers ont été déplacés dans des camps ou en exil, en Europe notamment. Tu te demandes ce que vient faire le street art dans tout ça? Petit piqûre de rappel, tu te souviens du mur de Berlin et de ses oeuvres pleines d’espoir et d’engagement?  En 2017, c’est en Syrie que les streets-artistes illustrent la guerre mais aussi la paix.

Grip Face dénonce la crise migratoire

Dans le cadre du projet Black Faces, Grip Face, street-artiste espagnol, a été invité à colorer un bâtiment de Bilbao. Le but est de dénoncer l’accueil fait au migrants dans les pays européens. Pourquoi cet endroit? Le quartier est témoin de l’embourgeoisement. L’oeuvre, représentant des visages anonymes, risque donc de faire parler d’elle. Le but est de montrer les réalités sociales actuelles, à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières.

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Herakut dans le camp de Zaatari

Après trois semaines passées dans le camp de réfugiés syriens de Zaarari en Jordanie. Ce duo de street-artistes passionné témoigne d’une expérience poignante. Ils ont vécu auprès des réfugiés dont la moitié sont des enfants. L’objectif? Apporter de l’espoir à ces gens qui aspirent à retrouver une vie normale…Initialement, l’idée était de réaliser trois oeuvres. Pourtant, face à la sensibilité des enfants et leur investissement autour du projet, ce sont finalement huit pans de murs qui ont été investis. « One is just a brick, but many can be a home » (Seul je suis qu’une pierre mais à plusieurs, on crée un chez soi), voilà le message d’Herakut a écrit sur les murs de Sabha pour montrer l’importance de l’unité aux enfants. Le travail réalisé est lourd de symbolique et, comme tu peux l’imaginer, les deux artistes sont ressortis bouleversés de cette rencontre

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En rentrant, Herakut a d’ailleurs partagé son expérience dans le cadre du projet « Colours of Resilience » en partenariat avec AptART. Ensemble, ils ont organisé une exposition à Francfort et proposé un documentaire retraçant ces trois semaines exceptionnelles. Entre photos des oeuvres, projection du film et récit de leur expérience, le duo Herakut montre, avec émotion et au monde entier, la situation des réfugiés en Jordanie.

Rebelle le jour et street-artiste la nuit, Abu Malik al-Shami peint la liberté

Abu Malik al-Shami a rejoint l’Armée Syrienne Libre en 2013. Depuis que les combats se calment un peu, il extériorise son chagrin mais aussi ses espoirs, sur les murs de Darayya d’où il est originaire. Ces oeuvres sont généralement optimistes excepté lorsqu’il rend hommage à ses amis perdus dans le conflit. Tu as déjà sûrement dû entendre parler de lui, il a été beaucoup comparé à Bansky par les journalistes britanniques. Sa fresque la plus célèbre représente d’ailleurs une petite fille qui appelle à l’espoir malgré un décor apocalyptique…

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Depuis ses débuts, le street-art témoigne d’un désir de provoquer et représenter ce que tout le monde pense tout bas. Grip Face, Herakut, Abu Malik al-Shami ne sont que des exemples parmi une multitude d’artistes engagés et touchés par l’histoire de l’humanité. Dans tous les cas, ils frappent droit au but en nous interpellant et en nous poussant à la réflexion.