Entre discriminations et camps, la face cachée de l’Australie
C’est l’île de Nauru en Australie qui, pour grande partie, symbolise le revers de la médaille. Nombreux sont les Canadiens à s’expatrier au pays des kangourous, alléchés par Noël en été, un niveau de vie confortable et l’architecture de l’opéra de Sydney. Certains partent pour leurs études, d’autres pour travailler ou encore pour une semaine de vacances au bout du monde. Si certains, la majorité, reviennent heureux de leur séjour, est-ce parce qu’ils ne se sont pas suffisamment intéressés à tous les aspects du pays ?

Oui mais voilà. Terre d’immigration depuis des temps très anciens, on pourrait attendre de l’Australie qu’elle accueille chaleureusement ceux qui fuient leur pays en espérant y trouver une vie meilleure. Selon Eva Orner, réalisatrice du documentaire Chasing Asylum filmé à l’aide de « stylos-caméras bon marché », ce serait pourtant « l’un des pays qui enfreignent le plus les droits de l’homme ». Le secret est bien gardé, aucun journaliste n’est autorisé à se rendre sur place.
Iran, Cambodge, Afghanistan ou encore Liban, les pays d’origine sont nombreux. Refoulés aux frontières australiennes, ils sont alors redirigés vers les îles de Nauru ou de Manus. De force. Là, les migrants y subissent sévices sur sévices : viols, agressions physiques, souffrances morales… La moitié de ces tortures concerneraient des enfants. Les plages de sables fin, le niveau de vie confortable… pas pour eux !

Mais puisque Canberra veut fermer ces camps, les autorités ont décidé de laisser les conditions de vie à l’intérieur aller de mal en pis, forçant ainsi les migrants à devenir des candidats au départ, après avoir risqué leur vie pour venir. L’an dernier, un réfugié iranien avait écopé de 200 dollars d’amende pour tentative de suicide, alors qu’on le forçait à rejoindre l’un de ces camps. Ça fait tâche sur la carte postale.
Pierre Antoine BOIVENT

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