Le street art contre les clivages à Belfast

A Belfast, le visage de la rue se doit de changer

Capitale emblématique de l’Irlande du Nord, Belfast tente de réconcilier les clivages à travers le street art. Durant des décennies les murs de Belfast avaient la couleur du désespoir, retraçant à travers des fresques l’histoire sanglante de la ville. Les rues de l’est de la ville, territoire des unionistes protestants rappellent l’ère des conflits ayant eut lieu entre 1969 et 1998. Par exemple, la phrase : « We seek nothing but the elementary right implanted in every man : the right if you are attacked, to defend yourself » est inscrite sur la façade d’un pub, accoudée à la représentation de deux paramilitaires armés et encagoulés.

Sur les murs du Nord de la ville, ex fief de l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA), on peut lire des slogans comme « Prepared for peace, ready for war » ou encore « Our day will come« .

Comme tu l’auras compris, la rue est l’un des moyens d’expression « pacifique » des plus puissants dans les clivages qu’a vécu Belfast au XXème siècle. L’art de rue délimite ainsi les territoires de chaque faction et l’art urbain y était cantonné aux rivalités politico-religieuses. Plusieurs artistes ont ainsi décidé de changer l’image de la ville en initiant un art du rapprochement plutôt que du clivage.

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Cette « seconde vague » de street art à Belfast se veut apolitique, positive, esthétique et pacifique. Le but est de pouvoir se balader en toute quiétude dans les rues de Belfast et de ne plus se sentir agresser par ces peintures guerrières. Pour le street artiste et ancien Dj, Glenn Molloy, l’art de rue doit représenter la réalité contemporaine et non les conflits passés. Ainsi, plus d’une centaine de nouveaux motifs, portraits, mises en scènes, … ont été réalisés par des artistes nord-irlandais, irlandais, britanniques, européens, dans le but d’enterrer ce conflit appartenant au XXème siècle et de rassembler les communautés et populations cohabitants désormais en paix.

Michel-Angelo