Présidentielles : les candidats et le cannabis

Les programmes des candidats aux Elections Présidentielles de 2017

 

Si vous êtes de ma génération, il est probable que 2017 soit la première année où vous allez voter pour une élection présidentielle. Vous êtes peut-être d’ailleurs un peu (beaucoup ?) déçu du niveau auquel volent les débats, mais sachez qu’il y a éventuellement quelque chose de plaisant à trouver dans ces élections. Parce qu’ENFIN, des candidats crédibles à l’élection proposent sérieusement une avancée en termes de législation du cannabis (auparavant, c’était presque un monopole des candidats des Verts…). Open Minded vous propose un petit tour d’horizon des programmes des candidats à propos de votre plante préférée.

 

On ne considère comme candidats que ceux ayant d’ores et déjà leurs 500 signatures.

 

Commençons avec les Républicains. Si François Fillon reste le candidat des Républicains aux présidentielles, et que vous souhaitez un changement, pas la peine de vous tourner vers ce parti. Le candidat est contre, et l’a fait savoir plusieurs fois, comme en 2016 sur BFM TV : « je suis contre la dépénalisation ou libéralisation. C’est étrange, il y a d’un côté un mouvement de plus en plus dur – à juste titre -, contre le tabac et de l’autre côté on voudrait dépénaliser le cannabis […] La politique suivie en France n’est pas forcément la meilleure, mais celle conduite dans d’autres pays qui ont dépénalisé le cannabis n’a pas les résultats qu’on veut bien lui donner ».

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Continuons encore plus à droite, avec Marine Le Pen, qui est totalement contre un quelconque changement dans la législation. Elle, elle veut gagner la guerre de la drogue, puisqu’elle affirmait sur Europe 1 : « on n’arrive pas à limiter le trafic car on ne s’en donne pas les moyens, c’est aussi simple que cela. On est en train de perdre la guerre de la drogue mais pour une bonne et simple raison, c’est qu’on ne la mène pas cette guerre de la drogue. […] Evidemment, il y a des gens qui vont être raisonnable. Mais sur une personne raisonnable, il y en aura une autre qui ne le sera pas. Cette fausse bonne idée tourne depuis maintenant 60 ans et, heureusement pour le moment, les gouvernements ont eu la sagesse de ne pas lui donner de conclusion ».

Allons de l’autre côté de l’hémicycle, et voyons ce qu’il en est pour les principaux partis de gauche. Benoit Hamon est clairement pour la légalisation. Il est pour une légalisation avec une vente et une production contrôlée par l’Etat. Il disait sur France Info : « ma position, c’est la légalisation du cannabis, pas simplement la dépénalisation d’usage. Afin que demain, nous puissions tuer ces trafics. La plupart des acteurs sait que s’il n’y pas de légalisation, c’est-à-dire si on ne casse pas ces économies parallèles, nous ne reprendrons pas la main sur ces territoires. Si on veut ramener la République, il faut en passer par là. ».

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Jean-Luc Mélenchon, candidat du Parti de Gauche, a plusieurs fois dit qu’il était pro-légalisation, et l’a rappelé dans l’une de ses fameuses vidéos sur son compte YouTube. « Je ne suis pas favorable au cannabis, donc je suis pour la légalisation du cannabis », voulant signifier que si on veut contrôler la qualité de ce que les gens consomment, on doit légaliser pour mieux encadrer. Il souhaite qu’on puisse faire des campagnes de prévention, donc il faut légaliser, à la manière de ce qui est fait pour le tabac ou l’alcool. Le pragmatisme à la Mélenchon !

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Emmanuel Macron, lui, ne se mouille pas trop. Il n’est … « pas contre ». Enfin c’est ce qu’il disait sur France Inter en septembre 2016 : « Aujourd’hui, le cannabis pose un problème en effet de sécurité, de lien avec la délinquance dans des quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes. On voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue et a une forme d’efficacité ». En novembre il ajoutait dans son ouvrage Révolution qu’il était il est « vain de pénaliser systématiquement la consommation de cannabis». Puis quelques mois plus tard, dans le Figaro, il s’est rétracté : « Je ne crois pas à la dépénalisation des « petites doses » ni aux peines symboliques. Cela ne règle rien. Les usages de stupéfiants ont donné lieu, en 2014, à 170 000 interpellations, dont 102 000 dossiers transmis à la justice. Ces 102 000 procédures ont débouché sur 40 000 rappels à la loi. Il n’y a eu au final que 30 000 audiences judiciaires, qui ont conduit pour l’essentiel à des peines d’amendes de 296 euros en moyenne ! […] Il faut pouvoir sanctionner sur-le-champ par une amende -100 euros environ-, plus dissuasive et efficace ». Un peu lunatique Emmanuel ?

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Nathalie Artaud, candidate de Lutte ouvrière est assez indécise elle aussi. Elle reconnaît sur RTL en 2015 que « la répression ne marche pas », en ajoutant que la question de la légalisation « ne doit pas être exclue », mais en rajoute une couche en déclarant que « la jeunesse a mieux à faire que de chercher des paradis artificiels ». Il faudrait être plus clair, Nathalie …

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On peut penser que Nicolas Dupont-Aignan est totalement contre, puisqu’il avait traité Benoit Hamon et Nathalie Kosciusko-Morizet de « collabos » quand ils avaient fait leur proposition sur la légalisation lors des primaires. Et François Asselineau, le candidat de l’UPR, ne s’est pas prononcé clairement non plus, mais la page Facebook officielle de son parti avait traité Dominique de Villepin de « pseudo-gaulliste » et d’ « opposant pour rire au Système » lorsque ce dernier avait proposer la dépénalisation sans proposer de sortir de l’Euro … à vous d’interpréter ça !

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Voilà, si vous hésitiez encore sur le candidat qui prendrait votre voix, j’espère avoir pu vous aider ! Que ce soit le cas ou non, faites entendre votre voix, car les mentalités commencent à changer. Et … allez voter ! 😉