Pourquoi je n’essayerai plus jamais le subutex

Un trip qui se voulait paradisiaque finit en enfer

Open Minded a rencontré Cyril, jeune musicien parisien, qui nous raconte le pire trip de sa vie à travers cette dangereuse substance qu’est le subutex :

« Tout a commencé un 10 novembre 2013, veille de jour férié, même si je travaillais le lendemain dans mon job de commerçant de produits bio, il fallait que je me change les idées. Largué par ma copine quelques jours avant, je me rendis chez un pote à Château Rouge, histoire de prendre du bon temps et me remonter le moral avec une petite soirée entre potos. »

« La soirée commence tranquillement, bouteilles de whisky, cigarettes et fins de pochons roulés en joint, on joue un peu de musique, quelques autres potes se ramènent, dont un qui s’était lui aussi fait quitter, nous étions cinq. Jusqu’à ce qu’arrive la question fatidique : « bon les gars fait chier de se bourrer la gueule, j’ai le seum, j’ai envie de prendre un truc », on se questionne sur quel genre de substance on pourrait bien ingurgiter : « Pas envie de faire une soirée bédot, vas-y la coke c’est relou on dépense plein de thunes pour regretter le lendemain, MD? Non vas-y on en prend à chaque fois et on est entre potes là, il n’y a personne à draguer et on a presque plus de sky, t’as un plan acide ? Moi non plus ». »

« Puis, vint l’idée du subutex, un de nos potes prenait régulièrement ce dérivé d’héroïne quand il avait 16 ans et comme nous étions à Château Rouge nous étions juste à côté des quartiers parisiens dans lesquels tu peux acheter tout et n’importe quoi dans la rue. Ainsi, un pote et moi sommes sortis, traversant les rues et les passages à la recherche de ce médicament contre le mal-être, jusqu’à ce que nous nous retrouvions dans le quartier de Barbès. Des petites frappes nous proposent tout et n’importe quoi mais rien d’intéressant, ce que je voulais c’était tester quelque chose de nouveau, connaître l’extase, un sentiment de quiétude parfait pour quelques heures, le FLASH!

« Malgré notre état éthylique avancé nous continuons la route jusqu’à trouver un gars, ce genre de mec que tu croises après minuit et qui déambule dans les rues sans but précis, du moins, son unique but étant de trouver une dose de crack ou d’héro dans la nuit sombre de la ville lumière. On lui demande s’il a du subutex et il nous répond qu’il ne parle pas avec les flics. Ce qui est marrant justement c’est qu’on avait 23 ans, un look de rockeurs, les cheveux longs et qu’il n’y a rien qui pouvait faire croire qu’on faisait partie des forces de l’ordre, mais soit. Une fois convaincu il nous sort la plaquette et nous vend deux ou trois doses pour 20€ (ce qui est cela dit en passant très cher pour un medoc que tu trouves en pharmacie). Puis, il nous demande 5€ de plus pour s’acheter du crack, ce que nous refusons. »

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« De retour dans l’appartement de Château Rouge, nous brisons les comprimés dans le but de les sniffer, nous nous resservons un verre de whisky, puis, commençons notre périple narco-chimique. Ne connaissant pas les dosages, certaines personnes présentes, nous alignons les lignes comme si nous tapions de la coco. Quelques minutes plus tard, un faible sentiment de quiétude m’envahit, puis, une tranquillité profonde, puis, je me réveille à cause des gifles qui me sont infligées par un ami pour me réveiller (nous avions tous plus ou moins tapé les lignes de sub, mais avec des dosages différents). »

-« Qu’est ce qu’il se passe? Qu’est ce que je fous ici? »

  • « Tu t’es évanoui mon pote, ça va? »

–  » Euh, ouais je crois, je me sens comme en coton, … »

Et là, j’accourus au toilette pour déverser tout ce que j’avais pu manger ces dernières 24h et tout ce que j’avais pu boire ces dernières 5 h.

Par la suite, la soirée était parsemée d’évanouissements et de vomissements, je te laisse imaginer l’ambiance …

« Vers les coups de 2-3 h du mat’, un de mes potes qui était venu en voiture me propose de me raccompagner chez moi (il avait lui aussi sniffé du sub mais en moins grande quantité), cette fois je te laisse imaginer le stress du retour, j’ai cru qu’on allait crever. »

« Rentré chez moi, je mets mon réveil pour le lendemain et m’affale dans mon lit. Les yeux ouverts à midi, je fonce au toilette recracher le Mal (avec un grand M) m’ayant pénétré la veille. Ma mémoire est intacte, je me rappelle de toute la soirée malheureusement, car c’est le genre de sentiment qu’on aimerait vite oublier. N’arrêtant pas de régurgiter, j’appelle ceux qui étaient avec moi la veille et tous étaient dans le même cas. Je regarde sur internet et me rend compte qu’il est vraiment souligné qu’il ne faut pas mélanger ce produit avec de l’alcool (comme le tramadol d’ailleurs mais ça c’est une autre histoire). »

« Comme nous étions le 11 novembre, je ne pouvais pas me permettre d’annuler mon travail au dernier moment et de toute façon, mes folies de célibataire m’avaient ruiné, j’avais besoin de me refaire. Je pars pour le métro qui se trouvait à une petite dizaine de minutes de mon domicile, vomis deux fois dans le caniveau, arrive à mon travail, et là … je sens comme une remontée de cette opioïde dans mon sang. Je repars vomir entre deux encaissements … Et ouais, c’est pas marrant d’aller travailler les lendemain de prises de drogues, c’est clairement écrit sur ta gueule que tu t’es défoncé jusqu’au petit matin, t’as une haleine de chacal, des yeux atrophiés, et un sentiment de mal-être permanent. »

« Rentré chez moi, la descente aux enfers était enfin presque terminée. Un bon dîner, un joint, une bonne nuit de sommeil et tout était revenu à la normale. Le lendemain, je me suis clairement dit : « je n’essayerai plus jamais le subutex« . »