La face cachée du mouvement rastafari

Quand l’intégrisme sévit au sein du mouvement rastafari

Religion pour certain, philosophie et simple mode de vie pour d’autres, le mouvement rastafari n’est pas celui que vous croyez. A tort, on réduit ses adeptes à des hommes cools prônant la Jamaïque, dont les dreadlocks tombent autour d’un visage souvent détendu par la marijuana. Ce n’est que la première apparence…

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Le mouvement rastafari est, pour ceux qui le suivent réellement, religieux et culturel. C’est suite à une prophétie du jamaïcain Marcus Garvey, orateur brillant et voyageur érudit, que ce courant a vu le jour. Un siècle après la décolonisation, lui et la nouvelle génération de son pays sont agacés par la mentalité coloniale qui persiste. Garvey ordonne alors à sa communauté de regarder vers l’Afrique « où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ». Cette annonce coïncide avec le sacrement d’Hailé Sélassié 1er en Ethiopie durant les années 30. On en voit un portrait à  gauche et totalement à droite en arrière plan de l’image ci-dessous. Les badges du rasta affichent aussi l’empereur comme une véritable divinité.

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Le nom de naissance de ce nouvel empereur n’est autre que Tafari, et Ras correspond à  » seigneur, leader  » en amharique (langue d’Ethiopie), d’où l’appellation du mouvement. Sélassié se dit descendant de la dynastie de Salomon, dont le symbole est le lion de Juda, et les couleurs du drapeau éthiopien sont conservées et fièrement portées : vert, jaune, rouge… L’idée est tel que les pratiquants ont repris la Bible à leurs sauces, remplaçant la terre promise palestinienne par l’Ethiopie, désignant Hailé Sélassié 1er comme l’incarnation de Dieu, et respectant à la lettre certaines règles imposées par des écrits bibliques. La foi en cette nouvelle religion s’est rapidement propagée. Pour beaucoup de jamaïcains, cette croyance représentait souvent leur unique richesse. Aujourd’hui, on compte beaucoup de fidèles dans le monde. Des fidèles dont le code est strict et amène parfois à l’intolérance…

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L’intolérance n’est pas présente dans toutes leurs pratiques. Certaines sont classiques. Déjà, les rastas ne boivent pas d’alcool. D’ailleurs, le vin connu dans la religion chrétienne est tout simplement remplacé par la marijuana. Cette plante est considérée comme sacré, elle permettrait de s’élever vers Dieu. Une tendance végétarienne complète souvent cette consommation. Et puisque la Bible affirme que « le rasoir ne touchera pas la tête du juste », on comprend pourquoi leurs cheveux ne sont pas coupés et formés en dreadlocks, ainsi que leurs barbes jamais rasées. Ce choix est également propice pour se différencier du monde babylonien, soit occidental, qu’ils rejettent totalement. De plus, leur coiffure n’est pas sans rappeler la crinière du lion de Juda qu’ils vénèrent.

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Certaines règles inspirent moins la détente et l’attitude cool… Il n’est pas rare d’entendre des rastas intégristes clamer « Brûlez les homosexuels ! ». Il faut dire que la Jamaïque est aussi connue pour Bob Marley que pour son homophobie. Le reggae, musique phare du mouvement, le prône souvent. Cette orientation sexuelle n’est pas du goût des rastas, comme l’égalité des sexes. Si les médias mettent à l’avant les hommes, les femmes existent dans ce mouvement et sont soumises à leurs maris. Ces derniers sont considérés comme les maîtres spirituels et les chefs de famille au détriment des femmes, classées en tant que citoyennes de deuxième ordre. Elles se doivent silencieuses et obéissantes au possible, et même inexistantes en période menstruelle. Durant leurs règles, les femmes rastafaris sont qualifiées de polluées, indignes et contraintes à l’isolement. Le mouvement rastafari et ses conditions nuisent grandement à leurs conditions, à leurs droits, et à ceux des homosexuels.

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Quand on évoque le mouvement rastafari, la weed, les dreadlocks, le reggae et Bob Marley ressortent en tête. Pourtant, les personnes les plus investies dans le mouvement, les intégristes, suivent aveuglément des règles qui sont loin de les rendre cools comme on les imagine… Les propos sont à nuancer, on trouve des rastas plus tolérants, et d’autres qui se contentent juste de fumer la fameuse plante sacrée !

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