De la scopolamine en France ?

La scopolamine ou le « souffle du diable » à Paris

On vous avait déjà parlé de cette drogue issue d’une plante ultra-répandue dans les jardins publics de Colombie. La scopolamine, aussi appelée souffre du diable, souffle du dragon, baiser du sommeil, ou burundanga en Colombie, est (on peut le dire) la drogue la plus flippante que l’on ait vu depuis un bout de temps. 
Pourquoi ? Car l’inhalation de cette poudre blanche très proche de la cocaïne ôte tout jugement et libre-arbitre à la personne, sans pour autant qu’elle perde conscience.
Des exemples ? En Colombie, la scopolamine est utilisée par les prostituées. Elles se bouchent le nez avec du coton avant de mettre un peu de poudre sur leur lèvre afin que leur client se défonce, tranquillement. Sauf que ce n’est pas le 7ème ciel que le pauvre va toucher, mais bien le fond de son compte en banque qu’il est en train de vider pour la belle.
Depuis les années 1970, les criminels colombiens se servent du souffle du dragon pour violer des femmes, vider des logements de tous leurs biens ou dépouiller quelqu’un de tout son argent. Selon la police locale de Bogota, en 2013, le souffre du diable aurait fait 1 186 victimes. 

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Belle mais pas si sympathique que cela, la petite !

Et oui. C’est flippant, nous vous avions prévenus. La scopolamine donc, est fabriquée à partir d’une jolie plante (un peu hallucinogène) qui fait de jolies fleurs blanches : la datura. Bonne nouvelle, ce végétal pousse aussi en France. La molécule est d’ailleurs utilisée dans les médicaments contre le mal des transports, ainsi que dans les traitements pour les troubles de la motricité et la maladie de Parkinson. Sachant que la scopolamine bloque les neurotransmetteurs qui amènent les informations jusqu’au cerveau, vous imaginez bien à très haute concentration, l’effet que cela peut avoir…

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Sauf que ce à quoi nous ne nous attendions pas, c’est bien à son arrivée sur le continent européen, et en France. En 2015, un article est publié par 20 minutes, au sujet de la scopolamine. Le journal rapporte que deux femmes d’origine asiatique auraient abordé plusieurs personnes dans les rues de Paris en leur demandant simplement un renseignement. Le hic, c’est qu’elles auraient fait inhaler incognito de la scopo à ces dernières avant d’aller leur voler le maximum de bijoux et d’argent que leurs poches pouvaient contenir.
La population angoisse, stresse, et se pose des questions. Mais Midelca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) tente de rassurer les foules dans le même article :

Il n’y a pas de circulation de scopolamine en France, ni ailleurs en Europe. Et il n’y a pas de circulation de notion actuellement de développement de l’usage de cette substance en Île-de-France.

Pourtant, durant l‘été 2016, Drogue Info Service lâche une petite mise en garde…

Plusieurs cas d’intoxications sévères ont nécessité des hospitalisations en Seine-Saint-Denis concernant des consommateurs habituels de cocaïne par voie nasale.

La cocaïne consommée aurait été coupée avec un peu (beaucoup?) de scopolamine.
Surprenant d’apprendre qu’à Paris, un homme est soupçonné d’avoir détenu de la scopolamine ? Pas tant que cela… Et c’est bien triste. Il a rendez-vous le 11 janvier 2017 au Tribunal Correctionnel de Paris. Mais au constat de l’opacité du corps médical et scientifique au sujet de la scopolamine, il me semble que nous sommes tout, sauf rassurés. 

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