La  » Russefeiring  » débauches et dérives en Norvège

SKAM, une série connectée et innovante qui met sur le devant de la scène la « russefeiring »

« Célébration russ » est la traduction de russefeiring. Ce terme désigne les semaines de débauches et de dérives norvégienne pour célébrer des examens que les lycéens n’ont même pas encore passés !

Les élèves qui y participent sont surnommés les russ et leurs costumes, dont les couleurs révèlent leurs filières (rouge étant celle des généralistes), sont abordées durant toute la période correspondante. Traditionnellement, elles ne doivent pas être lavées. Cet aspect sale n’est qu’un avant-goût de ce qui attend les élèves…

Russefeiring

Durant cet événement démarrant début mai, les révisions sont remplacées par les boissons, les danses n’en finissent plus et les paris stupides s’enchainent. Les lycéens cherchent à tendre vers des exploits sans intérêt mais encouragés par un pays où l’hiver est rude. Si le soleil est absent pendant toute une saison, son retour pousse à la débauche, réveille les hormones et le besoin d’adrénaline. La liste d’exemple pour les défis est longue : boire 24 bières en 10 heures, traverser la ville nue, venir en cours après une nuit blanche, embrassé un prof, obtenir des autographes du sexe opposé sur ses sous-vêtements, ramper sous une voiture stoppée à un feu rouge…

Russefeiring

Et ses défis ne se font pas sans un alcool qui réchauffe et généralement payé par les parents ! Ils sont les premiers à encourager leurs enfants.  Entre participer aux grands rassemblements de ces semaines de débauches, présents dans les grandes villes, et réviser à la bibliothèque, le choix est vite fait pour les russ. Des vannes et des bus servent de lieu de fête pendant ces soirées. C’est cette acquisition ainsi que des sponsors que cherche à avoir les personnages de la série SKAM.

« SKAM » signifie honte en norvégien. Ce sentiment est commun à la jeunesse désabusée de la série au même titre, la même qui se prépare à fêter la  » russefeiring « . Succès en Norvège, les audiences ne sont pas en manque, les idées innovantes non plus.

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Le principe est de relater le quotidien d’adolescents qui partagent leur vie à l’écran mais aussi sur les réseaux sociaux. Cette impression de déjà-vu pour le synopsis est contrée par ce dernier point : on peut suivre sur Instagram les personnages de la série en temps réel (deux exemples très populaires le prouvent ici et ici) . Si un épisode met en scène une soirée le vendredi, des bouts de cette même soirée seront postés le vendredi soir par un des comptes. D’ailleurs, d’abord faite et conçue pour les smartphones, la série est aujourd’hui un phénomène et elle s’est importée sur d’autres supports.

Cette pratique fait de SKAM un transmédia. En plus de toucher à plusieurs médias, elle englobe différents sujets typiques ou plus tabous : l’amour, l’alcool, les grossesses précoces, les agressions sexuelles, l’homosexualité… Mais la série doit aussi son intérêt à son fond de décor : celui de la russefeiring qu’elle organise et fête en live.

russefeiring

Le tout est mis en scène par une bonne qualité d’image qu’illustre l’extrait ci-dessous. Ravivant les artistes dans l’âme, les scènes sont filmées et retranscrites dans une pureté et dans une fraîcheur qui finit par convaincre ceux qui ne l’étaient pas encore. C’est un délice pour les yeux en plus d’être un pari réussi que de réunir les digital natives à des sujets universels et à des événements dans lesquels on ne peut que s’imaginer. Celui de la russefeiring en fait envie plus d’un.

 

La russefeiring sonne comme un rite d’initiation que beaucoup de Norvégiens garderont longtemps en tête, si les traces provoquées par l’alcool et les défis plus ou moins dangereux ne les marquent pas déjà assez… Un tour en Norvège, ça vous dit ?

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