Tu crois être en bonne santé? L’industrie pharmaceutique va te prouver le contraire

Des malades imaginaires qui rapportent gros…

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« Faute d’inventer des médicaments nouveaux et puissants pour les vraies maladies qui frappent toute l’humanité, pour maintenir ses ventes, l’industrie pharmaceutique a trouvé plus simple: inventer des maladies qui n’existent pas et pour lesquelles elle propose des médicaments sans aucune efficacité, mais ça n’a aucune importance puisque les soit-disant malades ne sont pas malades » (reportage « Maladies à vendre », Arte).

Le médecin pneumologue Philippe Even ne pèse pas ses mots et il n’a aucune raison de le faire en constatant les stratégies commerciales des firmes pharmaceutiques qui s’éloignent toujours plus de la noble finalité de la médecine: soigner. « Je dirigerai le régime des malades à leur avantage (…) Je ne remettrai à personne du poison. (…) Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté« . Vraiment? Pourtant, le serment d’hyppocrate semble se confondre avec un serment d’hypocrite au vu des rouages diablement malins de l’industrie pharmaceutique contemporaine. La recherche scientifique et la dévotion aux malades ne sont pas les priorités de cette médecine qui joue à Dieu, ne proposant plus de soigner mais de créer des maux pour s’ouvrir des marchés bien plus juteux. On a sélectionné trois cas qui démontrent les manigances de l’escroc en blouse blanche. Bienvenue dans l’industrie de la médecine: l’entreprise du trompe l’oeil.

La période de menstruation: une situation médicale grave?

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On n’arrête pas le progrès lorsqu’il faut conquérir de nouveaux marchés. Aux Etats-Unis, l’industrie de la santé n’hésite pas à inventer des mots/maux pour marger toujours plus. C’est ce qu’on a pu voir dans une campagne médicale qui encourage les femmes de lutter contre le syndrome dysphorique menstruel avant leurs règles. Mais qu’est-ce que c’est que ce terme barbare? Tu l’as déjà entendu toi? Nous, non. Alors pour comprendre, on a fait des recherches étymologiques, fouiller dans les manuels de médecine contemporaine mais c’est un peu flou… Il faut revenir aux origines grecques de « dysphorie » qui désigne un trouble psychique caractérisé par une humeur oscillant entre tristesse et excitation (Larousse). Ce trouble apparaîtrait chaque mois chez les femmes quelques jours avant les règles et constituerait une « serious medical condition » selon le spot publicitaire qui, sur un ton inquiétant, presse de le soigner avec …  « Et là, vous tomber de votre chaise« … du Prozac! Pour rappel, le Prozac est un médoc très puissant qu’on prescrivait dans les années 90 pour soigner la dépression. Arrivé en bout de brevet et ne rapportant plus un sou, les firmes médicales lui ont finalement donné un nouveau souffle 20 ans plus tard. Même molécule, même dosage, une nouvelle couleur histoire de faire semblant d’innover et un prix 4 fois plus élevé…. Ba oui, 5 jours de règles par mois, « il faut bien rentrer dans ses frais« .

Le cas du cholestérol : 95% des français et des allemands atteints?

95%… soit plus de 160 millions de patients potentiels: une aubaine, un véritable Jackpot pour l’industrie pharmaceutique. Comment on en est arrivé là ? C’est très simple. Une maladie se définit par des critères précis. Il suffit de jouer sur ces seuils pour s’ouvrir de nouveaux marchés et créer ainsi de nouveaux malades. Par exemple, au début des années 2000, en affirmant que le taux de cholestérol à l’âge de 25 ans doit être la norme pour tous, les laboratoires pharmaceutiques s’offrent 160 millions de clients supplémentaires en France et en AllemagneDe nouveaux « malades » à qui elle conseille de prendre des statines pour lutter contre les risques cardio-vasculaires liés au cholestérol. Une population gigantesque qui se retrouve « souffrante », ou considérée comme telle, du jour au lendemain. Voilà l’astuce. Futée n’est-ce pas? Donc faute de rendements à la mesure de ses espérances, l’industrie médicamenteuse réinvente des maladies en modifiant ses critères de définition. En 2001, aux Etats-Unis, 14 experts, bardés de diplômes et de nobles références, ont d’ailleurs approuvé ces nouvelles références lors de la dernière révision des seuils du cholestérol.

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Mais comment les firmes ont-elles convaincu ces médecins, des soignants censés être bienveillants? Par la tune, le bifton, toujours et encore. En réalité, 9 des 14 experts qui ont confirmé ces nouveaux seuils avaient des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique… En d’autres termes, en échange de budgets pour leurs recherches, les toubibs vendent leur bénédiction truffant quelques critères, par-ci, par là, histoire d’élargir des diagnostiques. Ainsi, grâce à cette nouvelle définition du cholestérol, le nombre d’américains « atteints » de cholestérol a triplé, passant de 13 millions à plus de 36 millions… Soit 23 millions de patients imaginaires qui peuvent dorénavant soigner une maladie inexistante et empirer de cette façon leur état de santé. Oui, parce que le plus ironique, c’est qu’en l’absence de facteurs de risques, de surpoids ou de consommation de tabac, prendre des statines augmente les risques cardio-vasculaires… Tant mieux pour les firmes! Elles pourront ensuite proposer des traitements contre les fragilités cardio-vasculaires qu’elles ont elle-même refilées aux faux malades… Tu me suis ? Diabolique mais pourtant vrai.

Le viagra: prends en dès le plus jeune âge et bousille-toi la santé en même temps!

Le pompon ! « Prenez du Cialis tous les jours pour être prêt« , encourage le laboratoire Eli Lilly Nederland pour son médicament concurrent du Viagra. L’industrie pharmaceutique venait de relever un nouveau challenge: réussir à nous convaincre que la moindre variation de la rigidité de la verge, si elle n’est pas de 100% en tout circonstance, constitue une maladie qui requiert un traitement. Les vieux ne suffisaient pas: marché bien trop étroit! Alors les firmes médicales ont eu la formidable idée de se tourner vers les jeunes et les ados, jouant sur cet imaginaire de la virilité masculine pour les convaincre de se droguer. Au lieu d’encourager à prendre du Viagra ou un équivalent dans des cas d’impuissance répétés, on pousse ainsi à suivre quotidiennement un traitement puissant pour éviter toute panne sèche à l’avenir… Le Viagra se transforme alors en un cacheton de tous les jours comme une banale vitamine C. Brillant marketing! Les bien-portants devenaient, d’un coup d’un seul, des malades à soigner ou plutôt des malades imaginaires drogués.