Camilo Matiz montre la triste hypocrisie de notre société

Une dualité entre qui nous sommes et notre perception de nous-même.

Représenté par la Avant Gallery à Miami Beach depuis 2007, l’artiste colombien Camilo Matiz fait parler de lui avec une série d’installations bien déconcertantes : Here Not There.

Le principe est très simple, l’artiste écrit des phrases à l’aide d’un néon tandis que le reflet de celui-ci dans un miroir transforme la phrase en une autre. En gros, il fait un anagramme (et rajoute parfois des lettres pour ne pas dire n’importe quoi non-plus) :

Believe you can devient Lie to yourself anyway 
Not here devient Here 
Take a selfie devient Fake a life 
You are a star devient You bastard
I love you devient I’m over you

camilo-matiz

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Ces phrases, à première vue révélatrices de notre quotidien rythmé par les selfies, la quête perpétuelle de l’amour, l’individualisme, et l’estime de soi. Pourtant, leur reflet dans le miroir noir placé derrière propose une réinterprétation cynique de ces situations.
L’outil du néon est souvent utilisé dans l’art contemporain pour « crier » une vérité, la lumière attirant l’oeil et donc captant l’attention.
Le miroir quant à lui, est un objet commun qui représente le narcissisme et l’égocentrisme de l’Homme en général, ou plus particulièrement de la personne qui se regarde dedans.
Et pour finir, le noir évoque les sentiments négatifs, qui ici peuvent être la fatalité, et la faiblesse.

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camilo-matiz

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Avec les installations lumineuses de Camilo Matiz, regarder dans le miroir le sens caché mais bien trop réel des phrases écrites est une métaphore de nos vies. En observant ces oeuvres, on se prend en pleine face une vérité étouffée, cachée, occultée par les images construites de nos vies.