Le transhumanisme, c’est quoi ?

Quand Black Mirror devient réalité

Le transhumanisme est l’augmentation des capacités physiques, mentales et émotionnelles de l’Homme. Le terme, créé en 1957 par Julian Huxley, le frère de l’auteur Le meilleur des mondes, n’a été popularisé qu’à partir des années 1990. Pourtant, le mot est plus que jamais d’actualité. Désormais éloigné de la science fiction, prépare-toi à l’arrivée du transhumanisme dans seulement une dizaine d’années, soit le bouleversement le plus radical de notre société contemporaine.

transhumanisme

 

Disparition du stress, éradication des maladies, effacement de la souffrance, suppression de la vieillesse, même la mort ne sera plus qu’un lointain souvenir. L’humain sera augmenté, avec des organes bioniques, pour certains fabriqués en imprimante 3D. Défiant l’imagination, l’impossible deviendra possible, les limites seront dépassées et seul triomphera le progrès.

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Bienvenue en Transhumanie, le meilleur des mondes ?

Tout dépend du point de vue. Le futur sera dominé par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). En effet, le transhumanisme est un business économique et financier dans lequel s’engouffrent les grandes entreprises. La Chan Zuckerberg Initiative, fondé par Mark Zuckerberg, désire éradiquer toutes les maladies d’ici 2100.

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Quant à Google, l’entreprise ne doit plus être assimilée à une simple société d’informatique. Le moteur de recherche se transformera bientôt en intelligence artificielle, et travaille parallèlement sur Calico, filiale fondée en 2013. Son projet? Augmenter l’espérance de vie de 20 ans d’ici une vingtaine d’années, puis dans un second temps aspirer à la mort de la mort. L’immortalité n’est plus de la pure fiction. Des chercheurs étudient sérieusement la capacité de supprimer la chair pour incorporer les consciences dans des machines.

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Google n’est pas le seul à plancher sur le principe d’immortalité. Dmitry Itskov, milliardaire surnommé “le parrain de l’Internet russe” souhaite vivre plus de 10.000 ans. Pour cela, il a fondé Initiative 2045, projet de  transfert de nos cerveaux et consciences dans des avatars robotiques, d’ici 2045…

Faut-il alors souhaiter la mort de la mort ? Si nous devenions immortels, l’ennui risquerait de nous guetter, et nous profiterions peut-être moins intensément de la vie. Nous devenons humains parce que la mortalité nous guette. La mort est indissociable de la vie, mais l’envie inéluctable de vivre est peut-être plus intense après tout.

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Avant de crier victoire sur la mort, prenons un moment de réflexion. Le futur sera-t’il humaniste ou au contraire fondamentalement égoïste ? Les améliorations pourraient ne viser que sa propre personne. De part son coût, le transhumanisme risque de ne s’adresser qu’à une riche élite, augmentant de surcroît des inégalités déjà vives.

De plus, le principe de changement total créé par le transhumanisme peut effrayer. Nous avons besoin d’un certain contrôle et maîtrise face à un présent qui nous échappe et un avenir encore plus fluctuant. La modification biotechnologique de l’homme fascine et répulse. Néanmoins, face à l’impossibilité de freiner une inéluctable évolution, il serait préférable de réfléchir à l’anticipation du jour J et prendre conscience de la grande transformation à venir.

 

Solenn Cordroc’h