Le futur est-il devenu minable ?

Google car, selfie stick, Pokemon go : le futur est-il devenu minable ?

Un tribunal pour les générations futures s’est tenu jeudi 6 octobre. Cette conférence-spectacle est animée par le magazine Usbek & Rica, trimestriel créé en 2010 qui explore le futur. L’occasion de s’interroger et de débattre si oui ou non le futur est minable.

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Ont été appelés à la barre :

Fabienne Goux-Baudiment, présidente de la société française de prospective.

Aurélien Bellanger, écrivain, auteur notamment de La théorie de l’information.

Ariel Kyrou, écrivain spécialiste de la science-fiction.

François Schuiten, dessinateur de BD de science-fiction.

Titiou Lecoq, journaliste et bloggeuse, spécialiste de la culture web.

 

Compte rendu du débat :

Au 20ème siècle, on rêvait de planètes lointaines accessibles en voitures volantes. Désormais, le rêve s’est effacé au fil des années. Le film Retour vers le futur ne semble qu’un lointain conte, et le Futuroscope n’est plus qu’un parc désuet.

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Le futur a un goût de javel. Il sera lisse et aseptisé, sans surprise ni plaisir, car on détruit peu à peu l’aléatoire pour la sécurité et le confort optimal. Le futur semblait mieux avant. On assiste à une nostalgie du passé, selon Fabienne Goux-Baudiment, parce que le présent nous semble déjà bien flou. Comme dans toutes périodes de grandes ruptures, on se réfugie dans le passé.

Ce passé ne sert plus qu’à insuffler un peu d’originalité dans le présent. L’oculus rift est une machine inventée auparavant mais qui ne fonctionne que maintenant. Le futur est dans l’angle mort pour François Schuiten. Une vision partagée par Aurélien Bellanger, pour qui le smartphone n’est autre que le salon bourgeois du 19ème siècle. On y trouve sa bibliothèque, discothèque, ses journaux et espaces de conversations. De plus, le futur a disparu par excès de minimalisme. Avant, les machines étaient imposantes avec pléthores de boutons et sophistications. Aujourd’hui, tout est petit, blanc et lisse. Pour Titiou Lecoq, il est plus facile d’attraper un Pokémon que de trouver sa place dans la société, alors n’évoquons même pas l’avenir.

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Le futur est actuellement en panne d’imaginaire (avis aux plus créatifs d’entre nous), et ne fait seulement vendre que des produits en matraquant des slogans.

 

Alors le futur ne sera t’il qu’un long fleuve tranquille sous cloche ?

Comme des enfants gâtés, on réclame toujours plus, alors que l’avenir est dilué dans le présent. Il faut dorénavant se résoudre au fait que le futur de science fiction qu’on nous avait promis jadis, ne sera pas comme on l’attendait. Notre libre-arbitre doit être fièrement brandi contre cet avenir insipide que nous prépare la Silicon Valley. Revenu de base pour tous, citées vertes, le futur peut se révéler fascinant sur de nombreux plans.

Résultat final du jury : Non le futur n’est pas minable. A contrario, le futur est à construire tous ensemble et se promet empli de surprises.

Mouai. Vous l’aurez compris, rêvez et surtout consommez.

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