Photo-journalisme : la guerre et la société française des 70’s

Yan Morvan est un photographe qui n’a peur de rien.

Yan Morvan est un des photos-journalistes français des plus réputés. Né en 1954, sa première photographie est publiée en 1974 dans Libération, ce qui n’est clairement pas trop dégueu’ pour un petit jeune de 20 ans…! Cependant, petit jeune est un bien grand mot pour lui. Retour sur une profession où le courage est d’ordre.

Tout juste âgé de 18 ans, il réalise son premier reportage qui fera de lui un grand parmi les grands : « Gangs ». Une enquête photographique sur les bandes parisiennes, banlieusards et squatteurs durant les années 80-90 à ce moment considérées comme dangereuses et effrayantes. D’ailleurs, cela lui vaudra une sympathique séquestration ainsi que trois semaines de torture par Guy Georges, un dangereux tueur en série durant les 90’s. Tiens, si ça t’intéresse, je t’invite à lire le récit de Yan Morvan himself sur son immersion dans le squat où il fit la connaissance de ce gentil monsieur : ici.

Le livre « Blousons noirs » est notamment sorti le 22 septembre dernier aux éditions de la Manufacture, faisant suite d’une exposition à la galerie Thierry Marlat à Paris.

« Les blousons noirs sont les signes avant-coureurs de la fracture sociale, les éléments avancés d’un monde schizophrénique où les valeurs de la modernité se retournent contre elle, où la barbarie se substitue à la « civilisation ». Ils sont à la fois notre mauvaise conscience et le frisson de la transgression qui est en nous. » Yan Morvan

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Après un premier reportage parfaitement réussi et lui ayant permis d’accéder à une belle notoriété, le jeune homme s’attaque à la guerre, et va photographier les champs de bataille qui ont marqués l’Histoire.La série « Champs de bataille » montre l’après-Austerlitz, Stalingrad, Waterloo, ainsi que des lieux de mémoire comme Hiroshima.  Autant de lieux à la puissance symbolique et historique aspirantes, qu’il souhaite figer à jamais. Quelques années plus tard, c’est mission accomplie pour lui, car les 400 clichées de champs de bataille qu’il a réalisés sont récompensés par le prix Robert-Capa.
Ce corpus composé en dix ans porte un regard délicat,sensible et interrogateur sur les lieux où se sont déroulés des combats, avant que le calme reprenne le dessus.
Exposé cette année au festival Les Rencontres d’Arles, le travail de Yan Morvan a encore une fois marqué les esprits et rendu l’invisible, visible. Plus d’images à retrouver sur cette page !

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