Au Brésil, le destin tragique des indiens guarani

Les « progrès » de la civilisation

Les indiens guarani sont présents en Amérique du Sud depuis plusieurs siècles. Répartis aussi bien en Bolivie, au Paraguay ainsi qu’au Brésil, ils furent les premiers indigènes à entrer en contact avec les colonisateurs du XVIe siècle.

Au Brésil, ils sont aujourd’hui 51.000, répartis dans 7 états. Cela fait d’eux la plus grande communauté indigène du pays. Ils sont divisés en 3 groupes, les Nandeva  M’bya et les Kaiowa. Ces derniers, « le peuple de la foret » sont les plus nombreux.

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Les guarani sont profondément spiritualistes. Ils parcourent d’immenses distances pour trouver « la terre sans mal », une terre promise par leurs ancêtres où ils ne connaitront ni peine ni souffrance. Sur cette terre, ils s’imaginent trouver le repos éternel et l’immortalité.

Depuis la colonisation, les guarani subissent la déforestation qui a transformé leur territoire en un vaste réseau de ferme, de plantations de cannes à sucre destinées à la production d’agro-carburant. L’exploitation des terres a également rendu impossible la pratique de la chasse et de la pêche.

Imaginez leur déception quand les colonisateurs portugais ont commencé à se saisir de leur terre. C’est simple, le territoire guarani s’étalait sur 320.000 km2 de forets et de plaines. Mais suite à l’exploitation de leur terre, ils s’entassent dans des espaces minuscules à proximité des champs de cannes à sucre et des plantations de soja qui les ont remplacés. Au pire des cas, les guarani s’entassent dans des campements de fortune le long des routes brésiliennes.

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Comme de nombreux indiens dans le monde, les guarani sont regroupés dans des réserves comme des animaux. Dans la réserve de Dorados, 12.000 guarani vivent dans près de 3.000 hectares. Pour survivre, ils travaillent dans les plantations et exploitations fermières dans des conditions proches de l’esclavage.

Pour ajouter au tableau déjà peu réjouissant des guarani, ils sont discriminés et harcelés par la population et la police. De nombreux guarani sont jetés en prison sans aucun conseil juridique. Les autorités en profitent pour condamner des innocents. Des délits mineurs sont également punis de lourdes peines et exagérés.

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Dernièrement, une vidéo montrait l’évacuation d’un camp de fortune sur le bord d’une route. 200 policiers, équipés de fusils d’assaut et d’un bulldozer ont détruits les « habitations » sur ordre d’un juge. Dans ces cas là, la police n’hésite pas à tuer les opposants et assassiner les leaders. De nombreuses associations recensent des bavures de la part de la police.

Ravagés et impuissants face à cette injustice, de nombreux guarani choisissent le suicide. Ils sont les indiens avec le plus haut taux de suicide dans le monde, le plus jeune avait 9 ans.

 

 

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