Le psyché n’en finit plus de nous faire halluciner !

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Bière a la main, confortablement installée sur un transat au Paris International Festival of Psychedelic Music, j’observe la horde de groupes aux cheveux longs, lunettes roses et pantalon pattes d’éléphant et me suis questionnée « Qu’est-ce que le psychédélisme ? »

La réponse s’avère difficile car tellement vaste. Chacun a en effet sa propre définition de ce courant musical. Certains font de la musique psyché, d’autres sonnent comme tel. Depuis 3 ans, le festival surfe sur ce nouvel essor de la musique psychédélique. Invité l’année dernière, Zombie Zombie méritait-il leur place au sein de la programmation? Cette année, le groupe français Cannery Terror, malgré une excellente prestation, n’était-il pas trop punk? Le festival préfère, à juste titre, explorer les connexions avec la musique psyché en invitant des groupes frontaliers comme la new wave de The Soft Moon par exemple.

Exporté à la Ferme du Buisson à Noisiel, en banlieue de Paris, l’écrin de verdure accueillait cette année la crème du psyché. De la tête d’affiche Temples aux étoiles montantes de PAUW, les festivaliers déambulaient joyeusement entre les deux scènes, s’arrêtaient le temps d’une pause au cinéma éphémère et papotaient sur les transats ou la balançoire. Mais d’où vient au juste le psyché ?

Apparu dans les années 1960 en Amérique, le psychédélisme est une révolution musicale avec une identité sonore et visuelle très marquée. Mode, art et musique définissent ce nouveau courant émergent. Etymologiquement, le mot vient du grec, psyche qui signifie âme et delein équivaut à montrer, rendre visible. La musique psychédélique serait alors un révélateur de l’âme. Souvent associée aux motifs kaléidoscopiques colorés et aux substances psychotropes, les musiciens (aux cheveux longs) bidouillent la musique avec une volonté d’amener ailleurs. Ils ne tiennent plus compte de la structure conformiste du couplet-refrain. La musique se libère enfin de ses carcans et n’a pas peur d’être hypnotique en usant de mélodies répétitives, solos longuets et distorsions pour une liberté totale.

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La toute première appellation psyché serait attribuée au groupe américain 13th Floor Elevator, avec leur album The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators. Depuis les grands noms se sont succédés, Pink Floyd, Primal Scream, Jefferson Airplane etc… Avec l’émergence du disco dans les années 70, le mouvement perdit de sa belle mais renoua avec ses racines et fervents défenseurs en 90. Pas figé, il évolue et devient un courant propre avec ses variantes, psych-rock, psych-pop, psych-garage etc…

Avec le succès de Tame Impala et Temples, le psyché n’a jamais autant été présent sur le devant de la scène. Normal donc que Paris se mette à la page avec son festival.