Le hooliganisme rend foo(t)

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Ils sont fous ces hooligans

«  La rencontre a été classée à haut risque par les autorités, qui ont déployé 400 agents, deux hélicoptères, une brigade de pompiers et la cavalerie »… Non, il ne s’agit pas de l’arsenal mis en place en vue d’une manifestation pour stopper la CGT et monsieur Martinez, mais bien de football !

Comment 22 hommes, une pelouse verte et un ballon rond peuvent ils semer autant la pagaille ? Hors stade, sur un terrain sans arbitre, la troisième mi-temps se déroule dans une toute autre ambiance. Dans ce brouhaha médiatique, retour sur ce phénomène d’hooliganisme et sa folie particulière.

 

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Un attrait pour le football. Dans l’imaginaire collectif, le hooligan est  anglais, jeune, pauvre, exclu socialement, délinquant, pas fan de foot, épris d’une idéologie d’extreme droite, et imbibé d’alcool. Autant vous dire que l’archétype n’est pas top. L’hooliganisme n’est autre que “la dérive extrême du supportériem”.

Le hooligan a tendance a tomber dans la marmite et baigne dans la culture foot dès son plus jeune âge. Ainsi, 100 % des supporters ne deviendront pas hoooligans, mais 100 % des hooligans sont quant à eux d’authentiques supporters, contrairement à ce que prétendent certains bien-pensants des instances footballistiques. Mais le hooliganisme va au delà du fanatisme simplement footballistique. Physiquement supporteur d’une équipe, le hooligan est fasciné par les scènes d’émeutes et épris d’une envie de jouer des coudes pour crier l’amour de son club. À coup de chants et de divers passages à l’acte pour défendre un honneur, il assiste au grabuge, aux scènes d’émeutes urbaines et aux charges humaines. On ne décide pas de devenir un « hool », on le devient en étant présent.

 

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Entre culture et style de vie. Avec les nombreux déplacements qu’il a à faire, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, le hooligan se doit d’être présent chaque jour et à chaque match. Et, bien que la répression soit féroce, les arrestations et interdictions de stade nombreuses, rien n’y fait, le hool ne laisse jamais tomber son équipe. Clark Kent jalouserai presque cette double vie si bien entretenue qui lui colle à la peau. Son rêve le plus fou est de devenir une pièce du puzzle de l’histoire qui deviendra un jour légende, ce pourquoi il ne quittera jamais le navire en pleine tempête. 

 

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Et il faut dire que la tempête est étudiée. Les fights, autrefois à l’intérieur des stades ou à proximité, se déroulent dans des lieux isolés pour échapper à la police. Pourquoi ? Simplement, car on n’arrête pas une bagarre en pleine action. D’autant plus que ce combat de coqs ne dure généralement que quelques minutes.
Le hooligan, lors de chaque match, entre « dans une sorte de transe ». Il s’entoure de nombreux ennemis et de beaucoup d’honneurs. Deux groupes, puisqu’il y a deux équipes de football sur le terrain, vont se jeter l’un sur l’autre et en quelques secondes, celui qui a le dessus chasse le perdant. Les hools ne sont pas là pour tout casser mais pour montrer qui est le plus fort. Une décharge d’adrénaline certaine entre ces personnes consentantes et adeptes des bobos !

 

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Le hool aime l’adrénaline, le combat, la compétition et son mode de vie : ok. Mais… pourquoi le football et pas un autre sport ? Le hooligan se met généralement sur la figure lorsqu’il est question de football. L’ambiance prisée dans les stades et l’amour fou pour le ballon rond ont démocratisé cette pratique davantage populaire. Imaginez, les élégant spectateur de Roland Garros s’entretuer pour un set manqué par Roger Federer ? Impossible ! La différence de fréquentation des stades motive d’une certaine manière le développement du hooliganisme.
Mais aussi, le pays. Le hooliganisme n’a pris racine que véritablement en Angleterre, en Italie, en Russie ou encore en France. Un truc d’européen quoi. Aux États-Unis, le football est considéré comme un sport de mauviette sans grand intérêt car peu dynamique. Inutile alors de cultiver une passion pour ce sport obscur. Au pays des burgers, la culture supporteur est de plus totalement différente que ce que l’on peut voir chez nous. Les américains se rendent généralement à un événement sportif pour être ensemble, être vu et passer du bon temps avec les autres. Les américains arrivent en retard, quittent le stade tôt et prennent des pauses pour aller se gaver d’hot-dog et de tacos à tout moment et en plein milieu d’une action cruciale… 

Camile Bresler