Le Ska : ce son venu de la Jamaïque

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Au rythme de l’indépendance naquit le Ska

Tout a débuté dans les années 50 en Jamaïque. Le mouvement nationaliste qui réclame l’indépendance de l’île, alors territoire Britannique, prend de plus en plus d’ampleur. Cette mouvance identitaire insuffle un dynamise certain sur l’île, un vent de renouveau se fait sentir en dépit des conditions de vie difficiles. Les musiciens cherchent un son neuf, rythmé et surtout caractéristique auquel ils peuvent s’identifier. Ils mélangent alors le Jazz et le rythm’n blues entendus via les radios américaines toutes proches avec des sonorités traditionnelles, souvent jouées pour les touristes, comme le Mento ou le Calypso. Tu ne vois pas à quoi ça ressemble ? Bouge pas, on va demander à Sébastien :

Cette belle tambouille donnera d’abord naissance au shuffle  (oui comme le bouton sur le poste stéréo-CD de ta jeunesse) cadencé en trois temps, puis évoluera sur un rythme en deux temps plus saccadé : le Ska.

Selon la source la plus fréquente, le nom Ska viendrait du son que produisent les cordes de guitare étouffées à chaque syncope. On peut citer The Skatalites, Desmond Dekker ou bien Prince Buster comme pionniers du genre.

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Le groupe The Skatalites

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ; le 6 Août 1962 sera « l’Independence Day » de la Jamaïque. Et comme tout bon état colonialiste qui se respecte, l’empire Britannique laisse la Jamaïque dans une situation économique et sociale catastrophique. Une partie de la jeunesse exprime sa souffrance et son mal-être en dansant de manière agressive et en déclenchant systématiquement des bagarres dans les sound systems (sorte de soirée sauvage). Ils se feront appeler les Rude Boys.

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Les musiciens tentent de calmer les esprits en ralentissant le rythme des chansons, ce qui donnera le rocksteady (oui comme le rhino dans tortues ninja, et ce n’est pas un hasard car son look est très inspiré du mouvement rude boys/Skinhead, par contre pour la combinaison jaune d’April, on ne sait toujours pas).

Vers la fin des années 60, le rocksteady va se ralentir à son tour pour ouvrir la voie au très célèbre reggae qu’on ne présente plus et popularisé entres autres par l’immense Bob Marley et l’équipe nationale de Bobsleigh.

 

C’est vers le milieu des années 70, devant un présent pas terrible et un avenir très sombre que de nombreux jeunes décident de migrer vers l’Angleterre alors bouillonnante musicalement. C’est là que va naitre la seconde vague du Ska sous l’ère du 2-Tone pour s’essouffler à nouveau puis repartir de plus belle au milieu des années 80 aux Etats-Unis.

Mais ça, ça sera pour la prochaine fois.