Le drapeau confédéré divise les Etats-Unis

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FBCe que représente l’acte de Bree Newsome à Columbia, aux Etats-Unis.

 

Le 27 juin dernier à Columbia, Bree Newsome une activiste et cinéaste afro-américaine a décroché le drapeau confédéré proche du capitole de Columbia, en Caroline du Sud. Immédiatement applaudie et soutenue par la foule de témoins, la militante ainsi qu’un de ses accompagnateurs ont été arrêté par la police dans la minute. Ce geste symbolique, dans un contexte de constant conflit et violences raciales quelques jours après la fusillade de Charleston, immortalisé par la photo ci-dessus a marqué les mémoires. Malgré cela, moins d’une heure plus tard, le drapeau était hissé de nouveau.

Drapeau
Pourquoi Bree Newsome a-t-elle délibérément décroché le drapeau confédéré, sachant très bien qu’elle serait arrêtée ? Pour le comprendre, il faudrait remonter 150 ans en arrière. Le drapeau des Etats confédérés d’Amérique a été utilisé dans le sud des Etats-Unis durant la guerre de Sécession pour symboliser la résistance à l’oppression du Nord. Du moins, pour une partie de la population américaine. Car rappelons-le, à cette époque le sud qui se bat certes pour sa liberté restreint aussi celle de la communauté afro-américaine toute entière toujours réduite en esclavage. Et la raison première pour laquelle cette confédération existe, est justement pour préserver et pérenniser l’esclavage, première source d’économie du sud, puisque Abraham Lincoln, fraîchement élu président des Etats-Unis ne semblait pas aller dans ce sens.
La Caroline du Sud est d’ailleurs le premier état à faire sécession des Etats-Unis pour devenir confédéré. Bien qu’ayant dû le déplacer de devant le capitole à la rue d’en face, les activistes afro-américains et anti-racistes de toutes communautés sont catégoriques ; ce drapeau ne devrait plus flotter (on rappelle que le terroriste de Charleston en était un fervent détenteur et défenseur).

Obama

Barack Obama lui-même disait lors de sa prise de parole à l’enterrement du Révérend Clementa Pinckney (une des victimes de Charleston) : « Pendant trop longtemps, nous avons été aveugles face à la souffrance qu’infligeait ce drapeau à beaucoup trop de nos concitoyens. C’est vrai, un drapeau n’a pas commis ces meurtres. Mais à mesure que des personnes trépassent, les républicains et les démocrates, se rendent maintenant compte […] que le drapeau a toujours représenté plus qu’une fierté ancestrale. […] En enlevant ce drapeau, nous exprimons la grâce de Dieu. »

Si les activistes et anti-racistes sont de plus en plus décidés à faire entendre leurs convictions et à faire entendre le caractère raciste de ce drapeau, ses défenseurs eux sont tout autant déterminés à faire l’inverse. Pour eux, ce drapeau est une part d’histoire et de fierté propre au sud qu’ils se refusent à abandonner. Même si le président américain l’a qualifié de « rappel de l’oppression systématique et de l’assujettissement racial », aucune loi l’interdisant ne semble être en cours. Mais les activistes n’en resteront pas là. La suite semble nous donner raison avec de nouveaux décrets dans certains Etats. Affaire à suivre…….