La Fine Equipe rentre dans les locaux d’Open Minded

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On est partis à la rencontre de La Fine Equipe !

Avant d’aller à leur concert, je ne connaissais pas La Fine Equipe. Les oreilles aux aguets, j’ai découvert leur talent, leur style et leur nouvel album – La Boulangerie 3 –  d’un seul coup. Toute seule devant la scène, je n’ai pas cessé de danser en fermant les yeux, comme portée par la musique ! Devenue fan, je me suis jetée sur mon ordinateur pour en découvrir plus – toujours plus.

Et c’était sans savoir que j’allais interviewer la Fine Equipe deux semaines après , ici même dans les locaux d’Open Minded. Après s’être tapé les cinq étages (qui font que dans l’équipe, on a tous des supers fessiers), ils arrivent ! L’iPhone à bout de bras, je me lance. Et c’est deux types supers sympa, Chomsky et oOgo, des passionnées et des gens simples qui me racontent une partie de leur vie ! 

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1)   Pouvez-vous nous expliquer qui vous êtes en quelques mots ?

oOgo : La Fine Equipe,  c’est 4 beatmakers et Djs  français, originaires de Marseille et Paris. On habite tous à Paris maintenant. A la base, on avait un groupe de DJ, un peu comme Birdy Namnam ou C2C, où on faisait que du scratch. Les compétitions, ça ne nous intéressait pas, c’était surtout la technique. On est monté à Paris ensuite et on s’est tourné vers la prod. On a commencé à faire des sons avec des influences hip hop et instrumentales avec des mecs comme Madlibe et Jay Dee. Notre premier album s’appelle La Boulangerie, il est sorti en 2008. Aujourd’hui on vient de sortir le volume 3 qui regroupe pleins d’invités de la scène beatmaking. Cet album est influencé par le hip hop mais ça va bien plus loin que ça, c’est de la musique électronique et instrumentale dans le tempo.

2)   Comment La Fine Equipe s’est rencontré ?

oOgo : Mr Gib, Blanka et moi-même oOgo, on s’est rencontré au lycée à Marseille. On faisait du scratch et des émissions de radio sur Marseille. Ensuite, on a décidé de monter à la capitale pour apprendre à mixer, monter un studio d’enregistrement, etc. dans une école de son. Et c’est là où on a rencontrés Chomsky qui faisait la même école, puis Blanka a fait une collocation avec lui pendant un an. De là, on a commencé à changer la musique, et on s’est vraiment regroupé tous autour du projet La Boulangerie, de là est née La fine équipe comme on l’a connaît aujourd’hui ! 

3) La pâtisserie, une seconde passion ? Pourquoi avoir donné le nom de patisseries à certains de vos Eps ? 

oOgo : L’idée de la boulangerie vient de « Donut’s » qui est le nom de l’album d’un beatmaker de Détroit qui s’appelle J Deela. Il a fait cet album juste avant de mourir et c’était quelqu’un qui avait une grosse influence sur nous. Quand est arrivé cet album « Donut’s », c’est quelque chose qui nous a bien marqué et on s’est dit qu’on pouvait faire un album, un CD, vendre ce qu’on faisait. C’était une sorte d’hommage à la Française. Et puis en plus, la musique pour nous est très lié à la notion de bouffe car c’est des petits plaisirs, des petits morceaux.

Chomsky : Pour parler de Donut’s un peu plus, c’était tout nouveau de pouvoir vendre des albums instrumentaux. C’est un nouveau style avec des instrus un peu spéciaux que J Deela a créé avec son album.

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4) La Fine Equipe, Un album Boulangerie 4 est à prévoir ? 

oOgo : Non, pas pour le moment.  La Boulangerie, c’était un peu le début, ça venait de cette idée de réunir des artistes qu’on aime bien. Aujourd’hui on a monté un label qui s’appelle Nowadays Records, la suite va être finalement de continuer à inviter autant d’artistes qu’on le faisait avant sur nos albums, mais à travers du label et avec les projets perso de chaque artiste.  

5) Si il n’y avait pas la musique, vous feriez quoi aujourd’hui ? 

oOgo : Je pense que je ferais un truc dans la bouffe peut être, un resto ou un bar.

Chomsky : J’crois que je pourrais vendre des chaussures.

oOgo : Des chaussures pour femme ? (Rire)

6) 4 gars, 4 inspirations, 4 style – comment faites vous le tri pour réaliser un Ep sans vous taper dessus ? 

Chomsky : Bah on se tape dessus, voilà ! (Rire) Ce qui est difficile, c’est que le beatmaking c’est très personnel et quand il faut qu’on réunisse nos instru, il y a un travail collaboratif qui est intéressant mais qui est pas évident car on a chacun nos influences, nos styles et on aime faire nos musiques d’une certaine façon. C’est là qu’il faut qu’on dépasse nos avis perso et c’est de trouver quelque chose qui va dans un projet de groupe. Il faut savoir mettre les égos de côté car c’est au service du bon devenir du projet.

oOgo : On fait des morceaux toutes l’année, chacun dans son coin et lorsqu’on répét’, il y a des choses qui peuvent aussi se passer. Le concept c’est de se poser un moment et de se dire qu’on va sortir un projet : on réunit nos avis et les morceaux de chacun qu’on aime tous, on fait une sélection ensemble et c’est pour ça que ça se passe très bien.

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7) Avec autant d’influences, comment arrivez vous a sortir un son aussi percutant et cohérent ?

oOgo : C’est ce qu’on fait depuis le début. Le nombre d’invités sur nos albums provoque qu’il y a beaucoup de style différents sur nos albums. C’est dans ce côté hyper-éclectique on arrive à tenir quelque chose de cohérent. Mais c’est aussi parce qu’il y a une façon de les mettre en avant avec la tracklist, l’odre, c’est une façon de présenter les choses.

Chomsky : C’est assez paradoxale mais ce qui est le plus cohérent c’est l’éclectisme du projet. C’est ce qui nous a fait défaut parfois, on a reçu des remarques comme quoi nos productions faisaient un peu exercice de style. Mais ce qu’on répète c’est qu’on est un groupe de producteur et de musiciens mais avant tout producteur. On réfléchit à un concept, à la musique en général et pas à un style défini.

Oogo : Il y a quand même un style qui reste car on a les mêmes racines musicales. On retrouvera toujours une ligne musicale.

8) On se simplifie le boulot, un mot pour définir votre musique.

oOgo : Il y en a un est c’est « Beat », mais Beat à l’américaine bien sûr ! (rire)

9) Quel est l’avantage d’avoir votre propre label Nowadays Records pour La Fine Equipe ?

Chomsky : C’est l’indépendance, on fait tout, on est chez nous.

oOgo : On l’a créé pour ça au début, pour être indépendant. On a un studio d’enregistrement , One Two Passit , et un studio de mastering : Casablanca. Et grâce à cela, on décide comment et quand on le sort, on choisit le format qui peut être un peu différent de ce qu’on voit habituellement.  Et puis ça nous permet de promouvoir des artistes et d’aller plus loin que d’inviter des gens sur nos albums. On soutient des projets qu’on aime bien.

Chomsky : C’est un vrai terrain de jeu en fait, on fait ce qu’on veut.

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10) Ecoutez-vous vos musiques par plaisir ?

oOgo : Ca nous arrive car on est quatre a travailler dessus. Donc quand tu les écoutes, ce n’est pas comme si tu écoutais tes propres compo. Vu qu’on est nombreux, je les écoutes comme ci c’était pas vraiment moi qui l’avait fait. J’arrive à apprécier les albums la Boulangerie grâce à tous les invités, mais bon après ce n’est pas un but absolu : je ne me mets pas chez moi, tout nu, en fermant les yeux et en priant les albums de la boulangerie.

11) Comment choisissez vous les artistes avec qui vous travaillez ?

Chomsky : C’est très naturel, c’est souvent des gens qu’on a rencontré sur la route via les studio ou qu’on aime humainement. Ce n’est pas une chasse au beatmakers, c’est juste des gens qu’on apprécie, avec qui on a déjà travaillé.

oOgo : C’est assez rare, mais on a quelques mecs qu’on contacte pour bosser avec eux. Comme là, on a un EP où y’a beaucoup plus d’invités vocaux, de chanteurs, de rappeurs et là de temps en temps, il y a des gars qu’on connaît pas forcément mais qu’on apprécie vraiment artistiquement.

Chomsky : Mais pour la Boulangerie, c’est à la bonne franquette. C’est vraiment l’entourage de La Fine Equipe, c’est les amis.

12) Les sons dont vous ne pouvez pas vous passer en ce moment ?

oOgo : Il y a pleins de sons dont on ne peut pas se passer. Mais de manière générale, c’est un peu facile de répondre ça, mais y’a SoundClound qui est un réseau dont on ne peut pas se passer car on découvre tout le temps des artistes. Ca va tellement vite, il y a tellement de musique aujourd’hui. C’est une espèce de drogue, t’as ton petit son qui arrive tous les jours et tu découvres pleins d’artistes géniaux. Donc je mettrai Soundclound comme un espèce de regroupement indispensable aujourd’hui pour nous. En dehors de ça, je suis quand même de près des labels comme Stone Road  avec des artistes comme Mind Design que j’aime beaucoup, ou encore le label Soulection qui sort régulièrement des supers trucs avec des artistes comme Mr Carmack ou DJ Nobody. On écoute aussi pas mal Flying Lotus. On écoute aussi pas mal d’artistes français, il y a un artiste qu’est dans notre label aussi, Yann Kès, qu’on écoute beaucoup, il vient de sortir un EP chez nous. C’est l’un des meilleurs que j’ai entendu ces derniers mois.

Chomsky : Tout pareil !

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13) PSG ou OM ? 

Aucun des deux, on est pas très foot et on essaye même d’éviter car c’est plutôt un sujet à vraiment se taper dessus.

14) Est-ce que vous êtes Open Minded ? 

On l’est. Dans notre façon de voir la musique, on est avant tout des mecs qui aiment les bonnes choses, la bonne musique, la belle vie et du coup on se sent par enfermé dans un style particulier. Si il y  des bonnes choses, on va savoir les apprécier dans tous les styles de musique. Je pense qu’on est assez ouvert et on est pas des têtes de cons. On est toujours à la recherche de nouvelles choses, en savoir toujours plus que ce soit dans la musique ou dans d’autre choses.

On les retrouve le 7 février prochain sur la scène de leur label au Festival de la Bellevilloise !