Rock en seine 2014, et la prestation incroyable de Prodigy

The Prodigy-Rock en Seine 2014
©Nicolas Joubard

Rock en seine 2014 et l’enfer orchestré par The Prodigy

De retour dans le back office pour vous refaire vivre les heures de folie que j’ai passé dans Rock en seine 2014. Avant de rentrer dans le vif du sujet je ne vous cache pas que cette session m’a laissé un gout de différent, il manquait l’ambiance et l’atmosphère de 2013, la programmation à part Die Antwoord et Prodigy ne me paraissait pas folle et je n’étais pas spécialement emballé … Jusqu’au samedi soir 23h00 qui a tout changé. Pour une facilité de lecture chers amis certains passages type bières et recherche de potes sera facilité.

Rendez vous vendredi au bureau 15h30, j’emballe mes affaires car oui il ne faut pas déconner j’ai quand même l’interview de TRENTEMOLLER sous peu et je suis tout heureux. Pour les plus jeunes d’entre vous ce monsieur est un génie musical Danois qui a commencé et s’est fait connaitre en 2006 grâce au remix de l’excellent morceau de Royksopp que vous pouvez écouter ici. Sauf qu’avec ma légendaire chance tout ne se passe comme prévu. Arrivé à temps au Pont de Sèvres, et donc à l’entrée presse une certaine journaliste n’avait pas son nom sur la liste et ne voulait pas partir. Bref cette gentille personne me fait perdre 25 minutes j’arrive en retard donc interview reportée à 18h30.

Bière // Bière // Bière // premier concert

Ce vendredi commencera pour ma part sur le concert de Hozier sur la scène Pression Live et il faut l’avouer au début déçu par le show proposé je suis vite rattrapé après 20 minutes par la voix du chanteur et les accords à la guitare de qualité. Qu’on aime ou pas la soul/blues on ne peut pas retirer à ce groupe, une vraie ambiance onirique. Je vous propose même d’écouter un petit acoustique par ici. (Bière // Bière) On enchaîne sur une prestation plus que mitigée de Mac Demarco, car même si on aime le personnage, le live m’a moins marqué  surement parce que j’étais pas dans le MOOD,  l’ambiance hippies fin des sixties ne m’a absolument pas accroché. Trois morceaux plus tard je partais en fuyant !  On va faire le plein de Bière//Bière//Bière//Bière.

Mac Demarco - Rock en seine 2014
©Nicolas Joubard

21h30 Recherche de potes // réseaux qui passe pas // Batterie dead // Bière // Bière // Bière.

Die Antwoord - Rock en Seine 2014
©Nicolas Joubard

J’arrive dans la fosse pour Die Antwoord, et là on blague pas, on va se caler devant  la scène gauche avec mon acolyte The Bart, pour annoncer l’ambiance. Deux trois poussades de gamins qui tentent de passer devant nous en vain, je sens que ça va partir et là j’entends The Bart qui me dit : » Pogo Train ?« , écran noir Fatty Fatty Boom Boom ! MURDA MURDA MURDA KILLKILLKILL. Pas de une, pas de deux on est parti direction la première barrière, on pousse, on saute, un bordel sans nom. J’entends plus la musique je me vois juste sauter dans une masse de personnes, des cheveux de gonzesses dans les yeux, des bouffons qui crient arrêter s’il vous plait (lol), je passe derrière un molosse de 2 mètres sur deux qui ne vacillait même pas et beam on est devant. A ce moment lancement de Pitbull Terrier. Le bordel, ça saute, ça vole, des gens meurent et tombent dans le coma, mais quelle ambiance envoi NINJA et Yolandi j’en viens à me dire que ces gens sont complètements fous. Vive l’Afrique du Sud !

Die Antwoord - Rock en Seine 2014
©Nicolas Joubard

Bière//Bière//Bière. Coma

Samedi Back in the hood et la suite est une autre histoire, parce que comme je vous l’ai dis précédemment je reste un peu sur ma faim à ce moment du festival. Mes potes me ronçent les oreilles avec leur foutu Portishead que j’adore mais bon ça n’envoie rien  du tout dans les cordes, et d’autres me disent que je ne peux pas rater Joey Bada$$. Bref chacun fait sa programmation dans le train pour finalement répéter la même chose.

Bière // Bière // Bière

Rock en Seine 2014-Joey Bada$$
©Sylvere Hieulle

On commence sur The Oh Sees, bon c’est pas notre came et ça se ressent quelques chansons plus tard je suis reparti à la Bière, et là division des troupes. T’as les fans de Portishead et les fervents défenseurs de Joey Bada$$, pour ma part, je débute sur le second. Alors autant ce mec est juste trop fort pour son age, autant les 15-18 ans dans le public moi je peux pas (je laisse mes compères compléter cette partie). – Compère 1 : Waaaaaah !! Compère 2 : Waaaaaah !!! Compère 3 : Beaaaaat Coaaaaaaast !!! Compère 1 : Je savais à quoi m’attendre après l’avoir déjà vu à Dour cette année (concert mémorable soit dit en passant, j’ai rangé mon pessimisme rapidement); justement, comparer n’est jamais vraiment bon quand on kiffe un artiste, on est souvent déçu la deuxième fois. Merci Joey d’avoir changé ta tracklist me permettant de pouvoir rapper avec toi sur les sons que tu n’avais pas fait la fois précédente (cf. Orelsan, trop c’est trop) . Respect pour l’hommage à Steezo aka Capital Steez (membre de son crew Pro Era décédé il y a 2 ans), moins puissant mais toujours géant. Compère 2 : J’ai mal aux mollets ! – Je vais rejoindre les vieux devant Beth Gibbons et sa voix mélancolique. Point de rendez vous des autres narvalos pas très aidés « La tente de l’ingé son à gauche des enceintes ». Après avoir retrouvé tout le monde sauf le mec à côté de l’arbre on écoute notre groupe trip hop de Sommerset avec interdiction complète de parler j’ai même entendu une meuf avec des boules quiès me dire « Chut ». #ausecours. Merci à Sarah pour le « Viens on se casse il n’y a que des suicidaires ici ». Compère 3 : Au premier moshpit,j’ai perdu ma cheville droite, compère 1 et compère 2. Mais je pense que je suis devenu fou à lier quand Joey a balancé les 1re mesures d’Extorsion. Et puis le gros bordel à la fin quand Statik Selektah a balancé successivement les instrus d’Ante Up, Jump Around et  Sound of tha Police. Rien à dire la Beastcoast, ça envoie tout ce que t’as connu avant aux orties!

Pendant ce temps là, le pote planqué à côté de l’arbre qu’on a jamais trouvé, apprécie le spectacle et l’utilisation de « Dummy » faite par Portishead rythmant ainsi entre nouveautés et nostalgie. En revanche trop de monde tue le plaisir et surtout ces bande d’ado pré-pubères qui ne savent même pas ce qu’ils viennent écouter. Las, il ne reste qu’une solution au pote jardinier. #Bière // Bière // Bière.

Portishead- Rock en Seine 2014
©Nicolas Joubard

Soit, oubliez tout ce que j’ai écris avant, car Rock en Seine commence à ce moment là pour ma part… 22h00 lumière sur la grande scène une heure d’attente et de tension. Je regarde l’heure toutes les 3 minutes sur une espèce de Techno de Rave Party pas toujours au top mais qui donne le ton. 23h05 toujours personne mais on sent la tension montée, et là  ce que nous attendions tous arriva les trois premières notes de BREATHE.

The Prodigy-Rock en seine 2014
©Nicolas Joubard

La foule cria si fort que je n’avais plus l’impression d’être à Rock en Seine. 23h06 départ de Breathe premier mouvement de foule et en 5 minutes j’avais perdu tout le monde, tout le monde sauf un qui me dit : « Laisse tomber mec on est tout seul en Enfer ». 200 personnes ont abandonné après le second morceau et là débute la présage tant attendu par tous :

Now The writings on the wall, I won’t go away, It’s an Omen ! It’s an Omen

Imaginez, à 5 mètres de la barrière avant, je vois 30 000 personnes les mains en l’air qui tapent sur le même rythme c’était plus qu’une invocation, c’était de la douce folie. Ca saute dans tous les sens, quelle ambiance bordel de merde. Sauf que ce n’est que le début, et que sur FireStarter on lance le premier pogo, le vrai. Écartement de foule, on se regarde  à plusieurs mètres de distance, le son part et ça cogne dans tous les sens coup de coude dans le front, coup de genou dans les reins, c’est juste dingue.

The Prodigy-Rock en seine 2014
©Nicolas Joubard

On enchaîne les morceaux, le public se vide il ne reste plus que les vrais ça se sent il y a de l’espace autour de nous un nouveau pogo se forme six fois plus grand, au premier rang je cours et me prend une masse musculaire noire de 120 kg avec un fut orange. Voltige arrière, chute, relevage après la prise de conscience que si je reste par terre je suis mort. Arrive le moment de la fin sur le classique, l’ineffable Smack my Bitch Up. Keith Flint fait asseoir tout le monde, du troisième rang j’aperçois une masse de monde assise derrière moi c’était incroyable, je me surprends même à pousser un mec à côté de moi à s’asseoir avec la phrase sympa « Assieds-toi boloss ou on te balaye » (la tension qui disait). Smack My bitch Up incroyable intensité pour une fin de festival, les gens donnent tout ce qu’ils ont pour terminer en beauté. Petite précision, du pote jardinier tranquillement posé à côté de son arbre, les impatients ont raté le dernier morceau car Prodigy a fait un rappel. Aux furieux pogoteurs, vous avez raté la fin.

mosh-pit-anim

J’ai perdu tous mes potes, j’ai le nez pété, et la mâchoire décalée mais je suis l’homme le plus heureux du monde. C’est évident pour moi Rock en Seine 2015, j’y serai !