Caravanes publicitaires : viens faire ta pute sur le Tour 2014

Belin-Caravane-pub- tour-de-france

Si tu n’as pas peur de passer pour un con, ce job sur les caravanes publicitaires te fera perdre toute crédibilité

Les chars publicitaires ce n’est pas nouveau. C’est en 1930, que ces pollutions visuelles se sont greffées au Tour de France pour la première fois, et depuis, elles sont devenues de vrais parasites. Se multipliant plus vite que les cyclistes dopés (c’est dire), elles attirent presque plus de glandus que ne le fait le Tour. Un exploit qui commence gentiment à nous les briser.

Ce n’est pas qu’on aime pas le vélo, c’est juste que chez Open Minded, on préfère le scooter et que selon nous (pour une fois nous sommes tous tombés d’accord) le Tour de France est le sport le plus chiant à regarder. Tout comme la Formule 1 ou encore le Tennis (quoique là, on était plus vraiment unanime), ce sport fait partie des sédatifs capables d’endormir un bœuf (alias ton oncle, ton père et ton grand-père) en moins d’une heure. Tout ça pour dire que c’est chiant, mais je précise également (pour les futurs coms désagréables et inutiles) que cela n’engage que nous !

Bref, vous l’aurez peut-être compris, mais on a décidé de se lâcher et d’être (un peu, beaucoup, à la folie, passionnément) méchants. Il paraitrait que plus de 47% des spectateurs du Tour, ne viennent grossir les rangs des fans que pour voir la caravane passer. Pourquoi ? Ahahah, mais c’est qu’y en a qui sont pas cons dans le lot. Car qui dit défilé publicitaire, dit échantillons, cadeaux en tout genre et de tous poils et accessoirement jolies filles (de temps en temps on peut trouver un beau spécimen masculin et hétérosexuel, mais c’est à se demander si ce n’est pas en voie de disparition ces bêtes-là).

 

Xtra-caravane-publicitaire-2014

Durant 35 min avant chaque courses, 180 voitures ou chars  précèdent les coureurs sur 12 kilomètres de long, 600 personnes au total dont 480 sur les chars et 120 logisticiens ou techniciens distribuent plus de 14 millions d’objets : casquettes, drapeaux, saucissons, bonbons, bons de réductions ou coussins gonflables. Voilà pour le côté « jt’apprends un minimum de choses intéressantes ». Le pire dans tout ça, ce n’est pas de regarder les pauvres bougres en rupture de lessive ou de Cochonou pour leur apéro, lever les bras désespérément pour attraper ledit produit et éviter d’aller faire les courses. Le pire, c’est de regarder ceux qui les distribuent.

Perchés sur des chariots à roulette tape à l’œil, les recrues s’acquittent de leur obligations avec une telle fougue qu’on se demande s’ils ne sont pas drogués par la marque ou juste ronds comme une queue de pelle. Nous sommes désolés mais quand on les voit si fières d’être dans le cortège au côté d’un saucisson géant, d’un paquet de frites au four, d’un flacon de lessive et on en passe ; dans la rédac’, on ne peut pas s’empêcher de se foutre de leur gueule. Certes ils ont eu l’opportunité de trouver un job d’été (très certainement mal payé). Cooooool. Il n’empêche que leur fausse joie de vivre ne nous a pas plus donné envie de nous ruer sur les produits du défilé. Bien au contraire (plutôt une envie de vomir).

Belin-Caravane-pub- tour-de-france

C’est à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte du sadisme des publicitaires et de la naïveté de petit peuple trop heureux d’avoir une rentrée de billets verts. On a visionné quelques petites perles qu’on tient bien entendu à partager, histoire que vous compreniez un peu mieux notre verve. Après avoir vu la pub de la caravane pour la lessive Xtra, autant vous dire qu’on a joué à pierre-papier-ciseaux pour déterminer qui, aura l’IMMENSE privilège d’écrire l’article (le fait est que j’ai perdu). J’ai beau visionner encore et encore ces vidéos, je ne comprends toujours pas comment on a pu en arriver là. C’est bien beau de montrer son cul surtout s’il est bien fait, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des enfants et des vieux qui regardent. Les traumatismes et crises cardiaques sont donc monnaie courante sur le Tour et causes parfois des accidents. Vous savez, le coureur bien parti qui tombe sur du plat. En fait il vient de rouler sur le dentier que grand-père avait perdu après le passage de Miss Bic et de sa clique (oui malheureusement pour vous j’ai de l’imagination). Mais zieuttez un peu la pub Bic et vous comprendrez de suite de quoi je parle avec ces jeunes filles en train d’astiquer … leur voitures. Pépé s’est plus senti voilà tout.

Il n’empêche que bosser pour ce genre d’event qui ferait même péter une vache de rire (c’est dire si c’est nocif), n’est pas forcément bon pour vos zygomatiques ni pour vos CV. Qui aurait envie d’inscrire sur son curriculum : mister Cochonou, petit Belin suppléant ou lustreur des chevaux PMU ? On est d’accord ça fait pas sérieux tout ça. Faudrait vraiment qu’un jour on arrête de faire de la merde promotionnellement parlant, pour qu’un jour, nous pauvres petits journalistes nous arrêtions de nous taper la tête contre le clavier.  Mais bon, comme dirait Samuel Beckett : « quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter » des slogans publicitaires comme on les aime chez nous (dixit Cochonou et sa poésie grasse). Sur ce, chers Narvalos, Bonsoir !


La Caravane Xtra – Tour de France 2014 par lacaravane