L’Allemagne joue au foot… mais pas que

Angela Merkel

France-Allemagne : « Elle est pour qui la demie ? »

À l’image d’un obèse sur un trottoir étroit, en effet, difficile de passer à côté…  Cette année, la tant attendu « copa del mundo » signe son grand retour pour sa vingtième édition. Et pas n’importe où ! En effet, elle a lieu cette année dans une des nations les plus emblématiques du football, véritable berceau de l’histoire du ballon rond : le Brésil.
La nation de la fameuse « joga bonito », la seule à avoir remporté cette coupe à 5 reprises, pays d’origine de certaines légendes comme Carlos Alberto, Pelé ou Ronaldo…
Cependant, vous n‘êtes surement pas sans savoir que cette coupe du monde est aussi placée sous le signe de la protestation, et qu’elle soulève plus d’une polémique.
Derrière l’émulation et l’hystérie qu’elle provoque chez certains, le pays est aussi le théâtre d’une série de manifestations extrêmement violentes qui dure depuis plus d’un an.
Car le Brésil ce n’est pas que la nation du foot. C’est aussi un pays qui sort de longues années de dictature, qui certes connait un rythme de croissance économique prometteur depuis quelques années, mais restant tout de même profondément marqué par de très  fortes inégalités.
Avec un salaire minimum avoisinant  230 euros par mois, et une grande partie de la population vivant encore dans une misère très importante, le peuple se soulève contre le délogement des familles vivants sur les lieux qui serviront à construire les stades, et les dépenses pharaoniques opérées pour l’occasion : on parle de près de 13 milliards d’euros investis en infrastructure et sécurité intérieur. Ce qui représente le coût d’installation le plus chère de l’histoire de la coupe du monde.

Pour l’occasion, Open Minded à décidé de publier un article par jour, sur la face cachée, et à ne pas oublier, de certains pays participant à la compétition.
Attention rien d’anti foot, moi aussi je vais me grattez les couilles devant les matchs… mais faisons le consciemment !

Salut à tous les amis ! Et oui ca y est déjà aux quarts de finale, on ne peux donc plus faire un article par jour ! Mais ne pensez pas que nous oublierions de reprendre la suite de notre série spéciale « face caché de la coupe du monde », loin de là.
Sans compter qu’aujourd’hui est un putin de grand jour ! On est en quart de finale. Bon, jusqu’ici je ne vous apprend rien je suppose, mais il est quand même bon de se le rappelez après notre désastreuse coupe du monde de 2010 où nous n’avions même pas dépassé les poules et où nos bleus avaient fait la grève.

Mais bref, tout ça c’est le passé ! Ce soir à 18h la France rencontrera l’Allemagne de Philipp Lahm (un des grands favoris de la compétition) pour accéder aux demi finale, qui aurons lieu le mardi 8 juillet prochain à Belo Horizonte.

Pour cet article, on a donc choisi de vous parler de nos adversaires de ce soir, et donc oui, nous l’avouons sans soucis, d’apporter une touche de chauvinisme épicé à ce dossier.

equipe foot allemande

L’Allemagne, première puissance économique de l’union européenne, 4ème mondiale derrière les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Le pays de la bière et du bretzel, certes, mais aussi de l’inégalité et de l’exclusion
On ne peut certes pas leur enlever leurs compétitivités et leur rythme de croissance soutenu, leur permettant de rivaliser avec les premières puissance économiques mondiales, cependant la question de la redistribution et des inégalités sont sujets à de fortes controverses dans le pays.
Soutenue par une forte demande intérieure et un taux de chômage faible (d’à peine 5% en 2013) l’économie du pays vise pour 2014 une croissance de 1,8% et serait en passe de retrouvez une économie stable.

Mais comme nous vous l’évoquions plus haut, en dépit des bons chiffres de croissance enregistrés dans le pays ces dernières années, l’Allemagne affiche une croissance « égoïste », laissant pas mal de ses ressortissant en situation très inconfortable. Certes le pays affiche relativement un taux de chômage relativement faible, cependant il s’explique surtout par un nombre élevé d’emplois précaires, qui fait certes baisser les chiffres du chômage mais qui dissimule surtout une réalité du travail peu prospère.

emploie précaire allemagne

Selon un rapport de la BNB 1 travailleur sur 5 serait précaire en Allemagne. 7,4 millions d’Allemands ont aujourd’hui un « minijob » (parmi lesquels 4,65 millions de femmes).
Les employeurs allemands ont massivement recours à ce type de contrat, rémunéré au maximum 400 euros par mois, qui permet de payer moins de charges sociales que dans les contrats d’embauche traditionnels.

Ce phénomène pose évidement de gros problèmes également au niveau des retraites… Car une personne qui a un minijob (sur une durée d’un an) verse aujourd’hui une cotisation mensuelle de 3,11 euros. Sur une période d’emploi de 45 ans, le montant mensuel de la retraite, selon les taux de 2012, s’élèverait donc à 139,95 euros par mois… Autant dire qu’il vaut mieux être endurant !

allemagne precarite emploi

Autre info quand à « l’état des lieux » en Allemagne, le nombre de personne désireuses « d’aides financière » du gouvernement. D’ après les données fournies par l’attaché de presse du Jobcenter de Berlin, 43,1% des travailleurs berlinois âgés de 15 à 65 ans touchaient des aides de la part du Jobcenter en 2001, ce chiffre ayant grimpé jusqu’à 45,2% en 2011. Par ailleurs, d’après un rapport publié en janvier 2014 par le Bundesagentur für Arbeit, agence fédérale de l’emploi, le nombre de personnes disposant d’un emploi et bénéficiant d’aides de la part de l’État a cru de 2,4% au dernier trimestre 2013.

Par ailleurs, et comme chez nous on tombe toujours juste, il n’y avait pas meilleur moment pour vous parler de l’Allemagne qu’au lendemain de l’instauration de son salaire minimum ! Vous l’avez peut être vu aux infos, à compter de 2015, sera instauré en Allemagne pour la première fois un salaire minimum de 8,50 euros de l’heure. Sur 601 suffrages exprimés, le salaire minimum récolte 535 voix favorables. Le Bundestag allemand ouvre ainsi la voie à l’application, d’un salaire minimum, une mesure phare du gouvernement Merkel III.

manif allemagne smic

Mais encore une fois, des oppositions subsistent contre cette mesure…

Car en effet, cette mesure ne s’appliquera pas à tous (du moins pour le moment).
En effet les apprentis en formation, les chômeurs de longue durée pendant six mois, les moins de 18 ans, les livreurs de journaux ou les saisonniers agricoles, ne seront, entre autre, pour l’instant pas concernés par cette réforme.

Selon les estimations du parti social-démocrate SPD, seul 4 millions de salariés, sur les 42 millions d’actifs Allemands, devraient voir gonfler leurs fiches de paie au 1er janvier 2015, et un million de plus au 1er janvier 2017.

Bref, derrière l’émulation et les festivités, une face cachée de certains pays n’est jamais à oublier… Bon Match !