Le Cameroun joue au foot… mais pas que

eto'o

Entre corruption et achat : politique et foot même combat ?

À l’image d’un obèse sur un trottoir étroit, en effet, difficile de passer à côté…  Cette année, la tant attendu « copa del mundo » signe son grand retour pour sa vingtième édition. Et pas n’importe où ! En effet, elle a lieu cette année dans une des nations les plus emblématiques du football, véritable berceau de l’histoire du ballon rond : le Brésil.
La nation de la fameuse « jogua bonito », la seule à avoir remporté cette coupe à 5 reprises, pays d’origine de certaines légendes comme Carlos Alberto, Pelé ou Ronaldo…
Cependant, vous n‘êtes surement pas sans savoir que cette coupe du monde est aussi placée sous le signe de la protestation, et qu’elle soulève plus d’une polémique.
Derrière l’émulation et l’hystérie qu’elle provoque chez certains, le pays est aussi le théâtre d’une série de manifestations extrêmement violentes qui dure depuis plus d’un an.
Car le Brésil ce n’est pas que la nation du foot. C’est aussi un pays qui sort de longues années de dictature, qui certes connait un rythme de croissance économique prometteur depuis quelques années, mais restant tout de même profondément marqué par de très  fortes inégalités.
Avec un salaire minimum avoisinant  230 euros par mois, et une grande partie de la population vivant encore dans une misère très importante, le peuple se soulève contre le délogement des familles vivants sur les lieux qui serviront à construire les stades, et les dépenses pharaoniques opérées pour l’occasion : on parle de près de 13 milliards d’euros investis en infrastructure et sécurité intérieur. Ce qui représente le coût d’installation le plus chère de l’histoire de la coupe du monde.

Pour l’occasion, Open Minded à décidé de publier un article par jour, sur la face cachée, et à ne pas oublier, de certains pays participant à la compétition.
Attention rien d’anti foot, moi aussi je vais me gratter les couilles devant les matchs… mais faisons le consciemment !

Et aujourd’hui, pour ce deuxième épisode de notre série spéciale «coupe du monde & face cachée», l’équipe choisie pour notre petit focus est celle du Cameroun.

équipe foot cameroun

Elle affrontera ce soir une des équipes en forme de ce début de tournoi : La Croatie. Autant dire qu’avec tout le respect qu’on doit aux « lions indomptables »: ça va être chaud. D’autant qu’ils devront sans doute jouer sans Eto’o, leur capitaine et attaquant star nationale, blessé au genou.

Le Cameroun, un pays de près de 22 millions d’habitants situé en Afrique centrale entre le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République Centrafricaine et le Nigéria. Sa capitale politique, Yaoundé est la deuxième plus grande ville du pays après Douala.
D’abord colonie britannique, puis « partagée » entre Allemands, Français et Anglais par la suite, le Cameroun obtient son indépendance « totale » en 1961, sous Ahmadou Ahidjo.

Il est bien entendu difficile de revenir sur toute l’histoire d’un pays en un article, et ce n’est d’ailleurs pas le thème de nos articles. On vous propose juste un petit tour d’horizon sur certaines infos à ne pas oublier, et qui se cachent peut être un peu derrière l’euphorie ambiante, et l’ambiance de fête de cette copa del mundo 2014 ! En voici quelques unes pour le Cameroun :

–       Vous en avez peut être entendu parler, à quelques jours de la coupe du monde les joueurs Camerounais sélectionnés pour le mondial menaçaient de ne pas participer au tournoi si ils ne touchaient (encore une fois) pas leurs primes de sélection.
En effet, déjà en 2002 et 2010 les joueurs n’avaient pas été payés en intégralité et ont exigé cette fois-ci d’être payés avant le départ (exigence qu’ils n’ont obtenu que partiellement d’ailleurs selon certains joueurs).

–       Cependant, même si il paraît normal que les joueurs soient payés comme il se doit, le fossé entre le salaire de certains joueurs et le revenu moyen du pays est quand même assez impressionnant…
À titre informatif, le salaire moyen du pays avoisine les 80 euros par mois. Sans compter les nombreux chômeurs et habitants des régions rurales, généralement sans revenu. Aussi à titre informatif (et complémentaire), la star de l’équipe des Lions Samuel Eto’o, perçoit actuellement dans son club de Chelsea  un salaire avoisinant 8 millions d’euros annuel. On ne parle même pas de son salaire lors de son passage dans le club d’Anzhi Makhachkala qui avoisinait lui 21 millions d’euros annuel….
Attention, on ne crache ni sur l’homme, ni sur le fait qu’il ait le droit de se faire du pez, on met juste l’accent sur ces inégalités somme toutes assez incroyables dans un pays où encore la moitié de la population n’a pas accès à l’eau potable.

Cameroun bidonville

–       En effet le pays est littéralement rongé par d’importantes inégalités.
Mais un autre élément déplorable et bien connu nuit cruellement à son développement : une corruption omniprésente.
Un petit exemple vite fait ? Au cas où vous ne seriez pas au courant, le président Camerounais, Paul Biya entame gentiment sa 33ème année à la tête du pays…

paul biya

Une info qui en dit long sur le reste.
En 2005, l’organisation Transparency International à établie une moyenne équivalente à 156 euros par foyer camerounais, ne représentant non pas les salaires ou les cotisations, mais leur dépenses annuels en pot-de-vin, diverses et variés (ce qui représente en moyenne du tiers au cinquième de leur revenus).

– Vous le savez peut être aussi, le pays possède également d’énormes ressources pétrolières. Elles représentent près de 10% des ressources mondiales, mais ne sont malheureusement que très peu profitables aux Camerounais, dus aux influences des différents pays ayant la main mise dessus.

Si le sujet vous intéresse, allez jeter un oeil à cet article.

Bref, derrière l’émulation et les festivités, une face cachée de certains pays n’est jamais à oublier… Bon Match !