J’ai mal au rap les gars

mal-au-rap-headerJ’ai mal au rap, c’est la seule tristesse que j’ressens

Que tu sois né avec ton mac sur les genoux ou que, pour toi, tablette rime encore avec chocolat, tu ne peux nier la qualité de l’ultra-connectivité quant à la profusion de l’information. Sonneries, vibrations et pépiements sont autant de nouveaux bruits qui te préviennent que sur la planète web, ça balance, ça se bouscule, et ça tourne plus vite que dans une cour de lycée. Ne reste pas sur ton canapé les bras croisés à te lamenter de ne pas être informé du dernier kilo de je-sais-même-pas-qui, ou du clash twittos sur l’efficacité d’une quenelle; on s’en charge pour que tu restes à la page. Le web en deviendrait presque plus ouvert que ton esprit.

Si t’es un adulateur du rap français, du vrai rap comme on en fait peu aujourd’hui, alors tu dois, comme nous, comme beaucoup d’autres aussi, souffrir en silence. Ou rire dans ta barbe imaginaire. Lorsque par mégarde tu allumes ta télévision, ou que tu te surprends à écouter la radio dans ta voiture, tu entends souvent des morceaux improbables qui sont, apparemment, des sons de « rap français ». Et là, tu te dis que c’est vraiment de la grosse merde, et tu te demandes ce qui a pu se produire dans l’esprit de ces individus pour pondre de tels sons. Bien sûr, cette triste constatation, et ces questions sans réponse, amènent souvent au grand débat du « est-ce que le rap, c’était mieux avant ? ». Pour nous, ce serait être trop radical de conclure ainsi, d’autant plus qu’un grand nombre d’artistes continuent de faire du très bon rap; mais en tout cas, dans l’absolu, y’a de plus en plus de clowns qui percent. Bah si, faut le dire quand même. Donc franchement, les gars du rap game, on vous respecte au moins pour les barres qu’on a tapées en découvrant vos nouvelles punchlines, et pour cette faculté incroyable que vous avez à éveiller un grand nombre de questions en nous : que voulait-il dire par cette phrase ? ce son est-il vraiment sérieux ? comment a t-il pu accepter de diffuser un truc aussi inécoutable ? se pense t-il réellement crédible ? se croit-il dans un film ? l’argent rend il-fou ? et j’en passe.

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Donc mon grand, toi, fan de rap, toi déçu, toi rieur, tu devrais aller jeter un oeil aux podcasts de Jhon Rachid, qui analyse pour toi des rappeurs en s’auto-décrivant comme étant un « très grand consommateur de Rap depuis très longtemps, il analyse à chaque fois un rappeur qui lui fait mal au Rap« . Hé oui, car Jhon Rachid a mal au rap, alors il s’adonne à décortiquer certaines punchlines pour en comprendre le fin mot, tout en précisant que « ce n’est pas un clash, ce n’est pas de la haine, c’est de l’amour, je fais ça car j’aime le rap et que j’en ai marre d’écouter des trucs qui me font mal au rap ». Il y a donc ces rappeurs qui étaient bons et qui se sont complètement perdus avec le temps, il y a ces rappeurs aux voix d’opéra et aux rimes douteuses, il y aussi ces rappeurs aux langages des signes et aux punchlines hasardeuses, sans oublier ces rappeurs qui deviennent les Francis Cabrel thug du rap game, il y a ces rappeurs qui clashent avec des photos de pénis, et j’en passe.

Allez faire un gros tour sur la playlist « J’ai mal au rap » du mec, et riez autant que nous !