Être fashion blogger, c’est à la mode !

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Pour être à la mode, deviens fashion blogger

Pour avoir des chiffres plus sérieux que ceux de l’Insee en matière d’économie, on a tapé “blog mode” sur Google et on a trouvé pas moins de 324 000 000 résultats pour cette recherche*. Il est aussi inutile d’être expert en phénomène sociétal pour constater la floraison massive de blogs de mode dans le paysage 2.0. On compte dans le système environ 26 millions de blogs consacrés au combo mode, beauté et luxe. Un hobby, une passion ou une véritable vocation : les fashion bloggers livrent une vision personnelle de la mode. Les réseaux sociaux favorisant le partage, chacun y va de son petit “post”. On s’intéresse au phénomène…

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Fashion bloggers : Qui sont-ils ?

Hommes ou femmes plus ou moins jeunes, certains aiment se mettre personnellement en scène pendant que d’autres opèrent dans l’anonymat. Le blog de mode peut être un passe-temps comme un job à temps plein. Difficile donc de dresser un profil type du fashion blogger. Ces bloggers ont une approche à la mode qui leur est propre et qui est traitée différemment selon l’importance et l’influence du blog. En surfant sur la toile, on se rend compte que le blog de mode a parfois quelque chose de narcissique : “Regarde ce que j’aime et regarde comme je le porte bien” est très souvent le message qui s’en dégage. Mais il y a également ceux pour qui la mode passe par la rue et qui tiennent des blogs de street style. Immortaliser sur l’instant le look d’une tiers personne est pour ces bloggers la manière de montrer ce qu’est la mode une fois qu’elle descend dans la rue. Ces blogs se positionnent en prédicateur en imageant la mode. Le fashion blogger est en fin de compte une personne qui pense que sa vision de la mode a une singularité pouvant susciter un intérêt pour autrui et pouvant influencer.

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L’influence des fashion bloggers

Aujourd’hui certains bloggers sont devenus aussi influents qu’une série mode dans un magazine spécialisé. Instagram, Facebook, Twitter, Tumblr, Pinterest… ils usent de tous les outils pour régner sur la communauté digitale. Plus le fashion blogger compte de “followers” sur les réseaux sociaux et plus son influence éclate aux yeux de tous. Les “pouces en l’air” sont là pour en témoigner et pour flatter leur égo. Considérés comme des personnes à qui on peut faire confiance, ils ne délivrent alors plus seulement leur vision de la mode et offrent des tranches de vie perso ou autrement dit du “lifestyle”. Comme un bonus pour montrer à quel point leur vie peut être exaltante, les posts de lifestyle des fashion bloggers sont fréquents. Pour Mathilde Fouquet qui tient The Whisper Factory avec Sarah Coulaud, pas question de faire l’étalage de sa vie privée. The Whisper Factory est une plateforme à mi-chemin entre le blog et le magazine. Mathilde explique qu’elle ne voit aucun intérêt à se mettre personnellement en avant, si ce n’est dans les street looks qu’elle met en scène. Craignant de se décrédibiliser en incluant sa vie perso, elle a choisi de ne partager que sa vision de la mode et l’art en général.

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Si les bloggers pèsent sur la toile, ils sont parfois aussi très reconnus dans le monde de la mode. Ils reçoivent des vêtements de créateurs en cadeaux et à les voir sortir des défilés des plus grands couturiers lors des fashion weeks, on comprend le phénomène. Un phénomène qui n’est, en revanche, pas au goût de tous et qui pourrait bien se ternir d’ici peu, car Mercedes-Benz Fashion Week a annoncé il y a quelques jours son plan de rendre l’évènement plus “intime” au détriment des bloggers. Dans WWD, un Oscar de la Renta agacé s’est aussi indigné de la présence aux défilés de personnes n’ayant aucun lien avec le monde de la mode, sous-entendant des bloggers. Tantôt adulé et tantôt dénigré, le fashion blogger a donc une place qui reste à définir. La question de la crédibilité est en jeu…

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Fashion blogger ou fashion blagueur ?

Quand on sait que n’importe qui peut s’introniser “blogger de mode” aujourd’hui, comment donner du crédit à l’affaire ? Aimer les vêtements est une chose et avoir une bonne culture mode pour l’appuyer, en est une autre… Voilà ce qui fait souvent la différence entre les bloggers. On ne va pas condamner un blogger sur un #outfitoftheday (look du jour) un peu douteux. En revanche, on attend de ces blogs qu’ils donnent la tendance aussi justement que singulièrement et qu’ils nous fidélisent grâce à des posts réguliers. La quête de notoriété peut donner lieu à une forme d’imposture. En effet, l’enjeu qui se trouve derrière l’activité de fashion blogger donne l’envie à beaucoup de s’y essayer. Cadeaux en pagaille, bénéfices sur les posts sponsorisés et sur les liens affiliés au site marchand ou encore tweets de 140 caractères rémunérés : tout cela contribue à l’idéalisation de l’activité en faisant parfois passer au second plan la richesse et l’authenticité du contenu.

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Le nombre de blogs dédiés à la mode se multiplient sur la toile. On peut toutefois craindre l’overdose de ces blogs qu’on créé en quelques clics. Mais parce que le fashion blogger fait rêver et qu’on a l’impression que tout lui est accessible, on est à l’affût de ces posts. Propulsé au rang d’influenceur, le bloggeur de mode a de beaux jours devant lui. L’idée qu’on a de sa vie créée une telle fascination que le digital y voit un véritable créneau à saisir.

*Pour rire un peu, on a fait la même chose avec le nom de notre Président de la République; et là… Google affiche 8 110 000 pauvres résultats ! Soit une étude fiable de plus qui confirme son impopularité.

Sarata