On s’est posé avec l’ami Biga Ranx

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On a parlé Jamaïque et bonne soeur avec Biga Ranx

Quelques instants avant son concert au Festival de la Marne, je me suis posé avec le plus reggae de tous les rappeurs : Biga Ranx, un jeune homme simple et ouvert d’esprit doublé d’une bête de scène. C’est un sacré gaillard le père Biga Ranx !

 

Que signifie la particule « Ranx » ?

Je m’appelle Gabriel, du coup,  on m’a toujours appelé « Biga » depuis que je suis petit. Mais ce n’est pas moi qui ai rajouté le « Ranx », c’est un Jamaïcain qui me l’a donné. En fait, j’estime qu’on ne choisi jamais vraiment son nom. Il se trouve qu’il m’a appelé comme cela donc je l’ai gardé. Et puis c’est aussi une sorte de clin d’oeil à tous ces artistes qui ont ce « Ranx » dans leur nom de scène comme Cutty Ranks ou Shabba Ranks.

 

Tu as collaboré avec pas mal de grands noms de la scène Française. C’est important pour toi de soutenir cette scène-là ?

En fait ce sont des artistes que j’ai rencontré en premier lieu donc ce sont les premiers avec lesquels j’ai eu envie de mettre en place des collaborations et ça s’est fait plutôt facilement. Mais je m’exporte aussi à l’étranger, je suis en contact avec des artistes étrangers qui sont sensibles à ce que je fais et que j’apprécie tout autant.

 

Tu rappe en anglais, ça t’es venu tout de suite ?

Il se trouve que j’ai de la famille anglophone et j’ai également toujours écouté de la musique anglophone, depuis le hip-hop jusqu’au reggae. Pour moi, c’était logique d’aller dans la droite ligne de ce que j’écoutait à la base donc j’ai choisi de chanter en anglais. Je n’ai pas envisagé de le faire en Français parce que j’ai moins cette culture-là. Mais bon, je ne suis pas fermé à cette idée non plus.

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Tu as créé plusieurs collectifs autour de la musique Jamaïcaine, c’est important pour toi de fédérer les gens autour de ce mouvement ?

Il faut se rappeler que c’est un mouvement underground donc souvent, quand tu rencontres des artistes, tu as envie de monter quelque chose, un groupe, un collectif ou autre. Et même si on en parle un peu moins, le Mus Bus et le Bandalero Sound System continuent de vivre; c’est mon frère qui s’occupe de faire tourner ce dernier collectif. Donc oui, c’est important de fédérer les gens autour d’un mouvement, d’autant plus que les liens sont très forts dans ce milieu.

 

Parles-nous un peu de ton trip à la Jamaïque. C’était un peu le pèlerinage ultime pour toi non ?

Eh bien j’avais déjà eu l’occasion d’y aller en 2006. C’est un dj qui m’y a emmené, je venais d’avoir mes 18 ans. Je ne trouve pas que la Jamaïque soit un passage obligatoire, mais par rapport à ce que je vis et ce que je fais comme musique, j’ai réellement eu envie d’aller là-bas. Et ça m’a ouvert les yeux sur pas mal de choses à propos de la culture et du mode de vie sur place. J’ai pu y retourner en 2012 grâce à Radio Nova et France Télévision pour y tourner un documentaire et encore une fois, ce fût une grande expérience. J’y ai rencontré pas mal de monde, beaucoup d’artistes que j’apprécie. En bref, j’y ai découvert un mode de vie et une culture qui m’inspirent un profond respect.

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Tu aurais pu faire soit du rap soit du reggae, seulement voilà, tu rappes sur du reggae. Ce n’est pas difficile à gérer ?

Non pas du tout parce que pour moi le reggae, c’est le papa du rap; le rap a déteint du reggae. Pour moi c’est naturel de lier les deux. Ce sont deux styles familiers et ce n’est pas par hasard qu’il y a une longue liste de collaborations entre artistes reggae et hip-hop. Par exemple je serai dans quelques heures sur scène avec A2H. Et puis j’essaye de ne pas me fermer aux influences artistiques qui pourraient m’inspirer, si quelque chose me fait vibrer, je tente de l’intégrer à ce que je fais.

 

Comment tu te sens sur scène ?

Je me sens plutôt à l’aise sur scène et c’est surtout un plaisir d’y être. J’ai commencé la scène très jeune, à 5 ans, au théâtre donc j’ai l’habitude. Mais ce qui se passe entre le public et moi, la façon dont il réagit, ça me fait vibrer et ça n’a pas de prix. Pour moi c’est vital de faire de la musique mais c’est aussi très important de faire de la scène. Il y a une alchimie qui tu ne ressens que là.

 

Quelle est la chose la plus dingue qui te soit arrivée sur scène ?

Sur scène, je suis plutôt concentré donc je ne me rends pas tout à fait compte de tout ce qui se passe mais j’ai le souvenir d’avoir vu des mecs déguisés en bonne soeur et en coccinelle monter sur scène et se la donner pendant un de mes concerts. Il n’y a que dans les festoches qu’on peut voir ça. (rires)

 

Pour faire un featuring, si tu devais choisir un artiste reggae et un artiste hip-hop, lesquels ce seraient ?

Sans prétention aucune, pour le hip-hop j’aurais adoré kicker avec Big L, il fait partie de mes inspirations premières en matière de rap. Pour la partie reggae, je choisirais Bounty Killer. C’est vraiment quelqu’un qui m’ a influencé et qui m’influence encore aujourd’hui. Il a le flow le plus fou que j’aie jamais entendu et j’apprends encore ses lyrics maintenant. Si non, j’aurais aussi choisi Yellowman ou Dennis Brown, ça aurait été un featuring qui promet. (rires)

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On parle pas mal de Kanye West en ce moment, il a de plus en plus le melon. Tu n’as jamais eu pendant un temps le sentiment d’avoir la grosse tête ?

Eh bien on évolue à des niveaux différents donc forcément nous n’avons pas les mêmes préoccupations. Et puis aux Etats-Unis, l’artiste se met plus souvent en avant qu’en Europe. Donc bien sûr je suis dans l’effervescence, il y a beaucoup de monde qui vient me voir en concert mais je leur en suis plutôt reconnaissant et je n’utilise pas ce succès pour me gonfler ou pour prouver quoi que ce soit. Je fait de la musique par plaisir avant tout et du moment que ça me fait vibrer, ça me va.

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