Mode des magazines : des héros, des victimes et des morts…

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La mode des magazine, à la guerre comme à la guerre

Léchage de doigts, tournage de pages… “STOP !”… mémorisation du look et, enfin, reproduction. Est-ce qu’on doit faire de ces étapes un processus pour s’habiller ?
Suivre la mode des magazines c’est un peu comme partir à la guerre… Bilan : certains en reviendront avec un style impeccable (les héros), on retiendra les erreurs de certains (les victimes) et on tentera péniblement d’oublier les derniers… (les morts). Mieux vaut donc connaître le terrain sur lequel on s’aventure pour revenir en héros.
Voici quelques armes pour comprendre et apprivoiser les magazines de mode.

“C’est la faute des ma-, des magazines…” ?

“C’est la faute des ma-,des magazines” chantait Yelle dans l’un de ses titres en 2007. On va s’abstenir de philosopher sur la chanson, mais on prend tout de même son accusation très au sérieux. Sommes-nous plus influencés qu’on ose le prétendre par cette presse spécialisée ? Certainement. Alors aussi tentant qu’il soit d’arracher la page d’un magazine en se disant qu’on va reproduire le look dans son intégralité, mettons-y un frein immédiatement. Les magazines de mode sont là pour nous insuffler les tendances; Et on insiste sur “insuffler” car il ne faut pas y voir une démarche dictatoriale mais, plutôt, de l’assistance. Oui, il s’agit d’une assistance, mais sans le SAV, alors on se doit d’être vigilant. C’est dans l’imitation machinale qu’arrivent les faux pas, voire l’engouffrement. La première chose qu’on prendra donc en compte c’est : la morphologie. On ne ressemble majoritairement pas à ces top models de magazines qui, rassurez-vous, ne se ressemblent pas non plus. Dans une vidéo destinée aux établissements scolaires, la rédactrice en chef de Vogue UK, Alexandra Shulman, a su d’ailleurs très justement prévenir son public sur la réalité du monde de la mode et le recours aux logiciels de retouches.
Mais on vous l’accorde, ces top models (photoshopés) portent si majestueusement les tendances des créateurs, que comme des papiers buvards on veut s’en imprégner. Seul bémol, on ne porte pas les rayures lancées par Marc Jacobs la saison dernière de la même manière que ce “80/60/80” de couverture de magazine. C’est donc à nous de faire le tri en admettant également sans fatalité que, sur nous, la tendance du pyjama vue sur tous les défilés, nous mène directement vers une nuit en enfer. Aussi, dans les magazines, on nous parle de “glam rock”, de “sport chic”, d’ “afro punk”… et même de “ridicool”*. Les termes paraissent complexes mais il ne s’agit en vérité que de mélanges d’univers. Le mix de tendances est toutefois un véritable exercice, basé sur le dosage et la subtilité, et qui parfois conduit à des dérives lorsqu’il n’est pas maîtrisé. Quand on n’est pas sûrs de son coup, mieux vaut passer son tour et s’orienter vers une tendance plus simple à adopter.
“La mode, c’est quelque chose au bord du suicide” disait Coco Chanel. Et on la rejoint là dessus. Mais ne jetons pas la pierre aux magazines, qui ne peuvent évidemment pas faire de la mode personnalisée. L’unique chose à retenir est que la mode est avant tout une question de style, passant par la connaissance de soi et par une approche authentique et personnelle.

v magazine miley cyrus

baptiste giabiconi magazine

Moi, ce flop model…

On s’imagine pas même une fraction de seconde s’essayer à la tenue de Miley Cyrus dans le photoshoot de Mario Testino pour V magazine… ou quand on se l’imagine, on flaire
immanquablement le fiasco. Les magazines prennent du plaisir à placer des looks dans des contextes qui ne se prêtent souvent pas à la réalité, comme en témoigne la fantaisiste mise en scène de Baptiste Giabiconi sous l’objectif de Karl Lagerfeld. Maquillage, lumière, décor : les shooting photo sont des mises en scène. Croire qu’on nous propose d’adopter ces looks comme ils nous sont présentés est une erreur de jugement. En vérité, le magazine soumet un point de vue artistique qu’il convient d’adapter à la réalité. Auquel cas, c’est le flop ! C’est trop souvent qu’on observe des preuves de cet “irréalisme” dans les rues. “Démeeeeeeeent !” sur le top model du magazine, ce manteau en plumes de cacatoès multicolores n’a définitivement pas le même impact sur nous au fast food du coin (à moins bien sûr de postuler en tant que nouvelle mascotte de ce même fast food). Ce qu’on tente d’exprimer, en gros, c’est qu’il faut donner de l’intelligence à la situation et que tout n’est pas forcément bon à prendre dans les magazines.

*Ridicool : néologisme qui associe les mots “ridicule” et “cool”. Le ridicool est un savant mélange de pop culture et d’excentricité pour un résultat kitsch.

Sarata