Jeff Mills @ La Machine du Moulin Rouge

jeff mills time tunnel

Report de la soirée Jeff Mills @ La Machine Du Moulin Rouge : une histoire de sang, théâtre indien et musique techno.

Il est plus de minuit, on se dirige vers le métro ligne 5 puis 2 pour arriver à notre destination du vendredi soir : La Machine du Moulin Rouge. C’est un peu comme à la maison là bas, j’ai l’impression de connaitre tous les recoins de cette boîte qui m’a fait passer des bonnes comme des moins bonnes soirées. Jeff Mills c’est la machine de guerre de la techno, LE pilier, LA légende, bref c’est celui qui te mets une claque à l’écoute de ses sets.  Juste au dessus, je parlais des bonnes et des mauvaises soirées. Comment qualifier celle ci ? Bon je vais pas cracher dans la soupe, ce n’était pas une soirée pourrie avec du son de merde et des gens casse-couilles mais on va dire que j’ai été un peu déçue, qu’elle n’était pas à la hauteur de mes attentes : entre le moment (long, trèèès long) où le théâtre indo-sino-azteque a pris possession de la scène (je ne sais pas vraiment comment qualifier cet instant d’incompréhension totale. Si quelqu’un présent ce soir là pourrait m’éclairer, ça serait sympa) et puis l’ambiance générale qui a eu du mal à décoller… La nuit a été longue. Ah et puis il y a aussi une histoire de coup de poing et de nez en sang, mais ça on y reviendra dans les lignes qui suivent.

Jeff mills

Bref, je reprends. Donc arrivée tranquille à La Machine, la salle n’est pas blindée, il y a juste ce qu’il faut de monde pour se sentir à l’aise et ne pas avoir l’impression d’être dans une boite perdue au fin fond de l’Orne (dans le 61, oui ça existe) sauf qu’avec le son que balance ce type de Détroit on comprend tout de suite qu’il ne s’agit pas là d’un DJ quelconque mais d’un pionnier de la techno. Malgré tout, j’ai du mal à me plonger dans l’ambiance. J’observe Jeff Mills concentré sur ses platines, pas vraiment proche de son « public », plongé dans son monde. On a l’impression qu’il ne nous laisse pas rentrer dedans, ou du moins que seul lui y a vraiment accès. C’est froid, en fait.

scène jeff mills
Salut toi !

Quand on connait la puissance d’un morceau comme The bells ou encore Sonic Destroyer , on se dit forcément qu’il va envoyer du lourd, du son qui te transporte à fond mais ça n’a pas été le cas. Du moins, je ne l’ai pas ressenti ainsi. Alors oui, je sais bien, le « thème » de la soirée Time Tunnel  était basé sur un projet bien plus poussé artistiquement parlant, qu’il s’agissait d’une démarche particulière visant à nous faire passer d’une époque à une autre et à comprendre la musique dans son espace-temps.
Le concept m’avait beaucoup plus, sur le papier, mais je n’ai pas réussi à rentrer dedans, à le comprendre et à l’apprécier à sa (certainement) juste valeur. Tant pis pour moi.

Bref, la musique s’enchaîne entre-coupée de cette fameuse phase « indo-sino-azteque » (n’allez pas m’accabler pour cette pure invention linguistique, c’est juste pour vous donner une idée du truc. Nan nan, je vous vois déjà monter sur vos grands chevaux là.) et c’est à ce moment que j’ai commencé à perdre pied. Au début, je trouvais ça plutôt intéressant et puis c’est un concept différent, peu de soirées te proposent d’assister à ce genre de spectacle au beau milieu d’un set. Dix minutes passent, les danseurs/comédiens sont toujours sur scènes. Trente minutes, toujours là. « Bon allez, on va se chercher une bière et fumer une clope ? » – « Ouai t’es relou Jeff, on veut bouger, on veut de la technooo, pas un spectacle de théâtre indien ».

danseur jeff mills machine du moulin rouge

Une bière à la main, on change d’époque ! La musique repart, Jeff Mills is back ! On revient devant et on essaye de se remettre dans le son, quand même irréprochable, du DJ en combi blanche.
Le son m’entraîne, me lasse, je suis un peu paumée dans cette soirée et dans ces cas là, j’ai tendance à faire beaucoup (vraiment beaucoup) d’aller- retour au fumoir (et parfois au bar, je l’avoue). Je me retrouve donc une fois de plus à fumer ma clope en me demandant si c’est moi qui ait un problème ou si la soirée est vraiment décevante. Après cette grande réflexion, je tente de retrouver ma pote parmi les gens devant la scène. Aucun signe de vie, je fais le tour un peu partout, et puis je finis par me dire que je la retrouverai bien à un moment ou à un autre.

jeff mills machine
scène machine du moulin rouge

Mon téléphone vibre : SHE’S CALLING !!!  (ah le moment intense de la soirée approche.Je sais, vous avez le cœur qui palpite, les mains moites…)

 » Allooo, viens à l’entrée, on m’a PÉTÉ LE NEZ » . C’est à ce moment que les choses sérieuses commencent : j’arrive devant, elle a le nez en sang, assise sur une chaise. Bon alors 2 options s’offrent à moi : les urgences ou rentrer à l’appart’. Vu son état, on va prendre le choix n°1 : Lariboisière !
Et là tout s’enchaîne, taxi (merci au videur d’ailleurs !), urgences, la bonne demie heure dans les toilettes de l’hôpital.

« Mais si regarde je suis déformée » – « Mais non, t’as toujours le nez droit, t’inquiète t’as toujours la même face ! »

Commence une discussion pour tenter de savoir si on retourne à La Machine ou pas. Après moult débats, le choix est fait : on y retourne ! (c’est surtout après avoir vu les 30 personnes dans la file d’attente…)

Bon, j’ai un peu abrégé notre road trip aux urgences parce qu’on va pas s’étendre 30 lignes dessus. Voilà, on est de retour devant la scène, mais l’ambiance est moins festive disons et puis non, vraiment je n’arrive pas à rentrer dans la soirée malgré un set qui m’aurait surement plu dans d’autres circonstances. Il est environ 6h du matin, on repart fatiguées et le nez toujours saignant de la grande blessée vers notre très chez banlieue. Sisi !

En exclu : la photo du NEZ ! Ouai, on est comme ça chez Open Minded, on vous montre tout.

nez cassé
Et voilà !