Rocé

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Cela fait quelque temps que nous bossons en concert avec Le Vrai Rap Français – oui oui, double sens volontaire. Pourquoi ? Parce qu’on s’entend bien, d’une part, et parce que croiser les connaissances et les opinions enfante systématiquement un résultat intéressant. Plus intéressant que s’il avait été traité en solo du moins. C’est pour cette raison que nous avons décidé, autour d’une pinte et d’un jus d’ananas, de réaliser une série d’interviews en commun de rappeurs français et internationaux. La première d’entre elle, vous l’avez sous les yeux.
La dernière fois que nous avions croisé Rocé, c’était durant le festival « Hip-Hop Dayz » quelques mois avant la sortie de son quatrième album, « Gunz N’Rocé ». Après quelques écoutes attentives, c’est en toute logique que nous avons eu envie de rediscuter avec ce grand bonhomme du rap en français.

On sent sur « Gunz N’ Rocé » la volonté d’être incisif, percutant dans les textes, mais aussi une recherche particulière sur les prods, parfois déroutantes. Comment s’est créé cet équilibre entre fond et forme sur l’album ?

C’était surtout une envie de rapper, simple et efficace : de la punchline, du texte, du son. Faire avec ces ingrédients du rap. Tenter de ne de ne pas ramener d’autres ingrédients que ces basiques mais plutôt de les sublimer.


L’album est assez court : 39 minutes. C’est une réponse ou une adaptation à une société de plus en plus pressée ?
Non, pas vraiment. J’ai toujours fait des 12 titres. Je n’ai jamais compris le délire des doubles albums, des 17 morceaux, 24 morceaux. Je n’ai jamais compris ça. En plus je rappe en solo, donc quand je sors un projet je préfère qu’il soit assez concis, mes morceaux sont des pavés de textes, pas forcément simples, donc je ne vais pas en faire 18.


Et du coup, tu penses quoi de la démocratisation des EP’s ?
Je trouve ça très bien ! A l’époque du vinyle les projets étaient courts puisqu’ils s’adaptaient au format. On revient à quelque chose qui a déjà existé en réalité. Cela permet d’avoir moins de morceaux et d’être plus percutant.
« Au final je me rends compte qu’un discours complexe dérange moins les gens si on a un gros sub et une caisse claire qui claque. »

Au vu des thèmes abordés et te sachant passionné de philosophie, tu as conscience qu’on t’attend sur un certain terrain, un certain niveau d’exigence en terme de textes. Tu t’imposes ça dans l’écriture ?

Oui, après je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de faire d’effort pour bien écrire. Dans le sens où j’écris comme je parle, avec le même langage, et je ne vais pas chercher à gagatiser mon écriture, la rendre plus jeune pour plaire à un certain public. Je ne vais pas non plus faire d’effort pour la vulgariser, du coup j’écris d’une manière assez naturelle, sans me déguiser. Et quand tu regardes le niveau dans la variété française ou la pop et que tu constates à quel point il est bas… Sans vouloir être prétentieux, je me sens au-dessus sans vraiment faire d’effort.

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