Battle Art : La passion du théâtre par Marine

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Rappel des règles ici et des mots imposés : gaudriole, arrivisme, barbe à papa, Père Lachaise, brûle-pourpoint.

Qu’est ce que le vrai théâtre de nos jours ?

On me demande de parler d’art. Ca tombe bien, j’aime beaucoup l’art, mais j’aime encore plus parler. Alors discutons, voulez-vous, comme de vieux amis qui se baladeraient un dimanche matin au Père Lachaise, mains dans les poches, baguette sous le bras.

Je vais ainsi vous parler d’un art dit vivant, le théâtre, cette entité devenue, dans la tête de beaucoup, bourgeoise, ennuyante, beauf, même. Il y a certaines choses qu’il faut savoir quant au théâtre : ce n’est pas toujours ce que vous pensez, et souvent, on ne le connaît que trop mal.

Quand on dit Théâtre, on pense Molière ou Racine. On pense aussi One man show, stand-up, Anne Roumanoff ou Jean-Marie Bigard. Pire encore : on pense Boulevard. Pourquoi pas Foire du Trône et barbe à papa, pendant que vous y êtes ?

Non, remettons les pendules à l’heure. Le Théâtre est quelque chose qui m’est tombé sur la gueule, à brûle-pourpoint, et ça ne m’a plus jamais lâché. Je vais donc vous lister ces endroits que vous devriez tenter de fréquenter, histoire de changer votre mauvaise image du théâtre, car ce sont ces lieux, moi, qui ont changé ma vie. Et je ne dis pas ça pour romantiser l’affaire.

Commençons par le commencement : le théâtre permet une évasion, évidemment. S’imprégner d’une atmosphère, d’une histoire, s’attacher à un personnage, s’identifier à son rôle : le théâtre vous offre une aventure. Il permet aussi une approche différente à la vie, la comprendre, l’analyser. Le Théâtre du Rond-Point a pour philosophie : « On ne vous empêche pas de croire, vous ne nous empêcherez pas de penser ». Je vous entends d’ici : « Encore des paroles d’arrivistes gauchistes assoiffés de cultures, de (re)connaissance, et de champagne ». Faux ! Enfin, pas toujours.

Le Théâtre du Rond-Point fait justement partie de ces endroits à fréquenter, quand on désire s’intéresser de plus près à ce qu’est le théâtre aujourd’hui, le vrai, avec des revendications, de l’ingéniosité, de la passion. Quand Jean-Michel Ribes décide de programmer Rodrigo Garcia et son sulfureux Golgota Picnic, malgré la horde de chrétiens enragés devant son théâtre criant au blasphème, ça impose le respect. Mais il y en a beaucoup d’autres, des lieux qui se heurtent à la critique.

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Il y a le Théâtre de la Ville, vous autres, Parisiens, que vous vous devez de connaître. Ne soyez pas effrayer devant ces affiches incohérentes que vous balancent des compagnies Berlinoises réinventant un art japonais ancestral (toute ressemblance avec la réalité n’est que pure coïncidence… quoique), ces pièces sont très souvent remarquables et pleines de sens, de messages et de poésie. Et je vous assure que les 3h de spectacle ne sont pas si compliquées à endosser. Les fourmis dans les jambes s’en vont rapidement.

Puis, il y a le Théâtre de la Cité Internationale, le 104, le Théâtre de Vanves, le Théâtre de Gennevilliers : vous y découvrirez les Chiens de Navarre, compagnie où les acteurs n’hésitent pas à se foutre à poil et à s’arracher des bouts de steaks d’entre les reins ; vous y découvrirez le chorégraphe Olivier Dubois, qui fait tourner autour de douze barres de pole dance de talentueuses danseuses, pendant près de 2h20.

Si je vous dégoûte, il faut me le dire. Ca va ? Ok, on continue.

J’ai gardé le meilleur pour la fin : le Théâtre National de Chaillot. Wajdi Mouawad, Mikhail Baryshnikov, Maguy Marin, tous ces montres mondialement connus de la danse ou de l’écriture théâtrale qui se succèdent sur ces marches… C’est à en pleurer de joie, je vous assure. La découverte de saison est d’ailleurs un des moments les plus excitants de ma rentrée.

Trêve de gaudriole, il me faudrait des heures pour vous expliquer ce qui vaut la peine d’être vu de nos jours, et comme une vraie passionnée, j’ai toujours tendance à divaguer. Je vais donc m’arrêter là, et je vous demande alors de me croire sur parole.

Marine Stisi

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