Rencontre avec le multi-talentueux Jimmy Edgar

Photographe, réalisateur, designer, musicien au groove auditivement transmissible, on ne présente plus Jimmy Edgar. Warp, !K7 et maintenant Hotflush, le parcours de cet artiste ne laisse pas indifférent.

Et c’est peu après la sortie de son nouvel album Majenta sur le label de Scuba, Hotflush, que nous avons eu l’occasion de rencontrer cet originaire de Detroit aux multiples talents, lors de son passage à Paris, le 22 juin, pour la Soirée Trouble Vision avec entre autre Paul Woodford, et 2562 ( aka A Made Up Sound).

Nous nous retrouvons alors dans une chambre d’hotel, face à un Jimmy Edgar simple et accueillant qui répond à nos questions. Voici la retranscription.

Salut Jimmy, depuis quand es-tu sur Paris? Et pour combien de temps ?

Juste une nuit, je suis arrivé il y a une heure. Je joue ici ce soir et je pars demain pour jouer à Berlin.

Donc tu n’as pas eu le temps de faire quoi que ce soit encore !

Non pas encore… J’ai fait un shooting il y a dix minutes mais c’est tout.

Tu joues ce soir à la seconde édition des soirées Trouble Vision, avec Paul Woodford, 2562 (aka A Made Up Sound) and others… T’es prêt à donner de l’amour aux français (ndlr: 22 juin 2012)?

Ouais carrément ! J’suis super impatient !

L’année dernière tu disais que tu aimerais t’installer à Paris, c’est toujours d’actualité ?

J’ai pu passer plus de temps à Paris vu que j’habite à Berlin maintenant… C’est possible, je fais de plus en plus de choses ici parce qu’il y a une très bonne communauté mode donc c’est plus facile pour moi de faire tout ce qui est photographie, film et des trucs comme ça. Donc voilà, c’est très facile pour moi de venir ici.

Tu viens de sortir ton album Majenta, comment pourrais-tu le présenter en tant que créateur ?

Cet album est vraiment différent pour moi parce que j’ai travaillé dessus dans un autre état d’esprit. Le fait de sortir un album n’est peut-être pas la meilleure façon de présenter ces morceaux parce qu’ils sont tous individuels en quelque sorte, chacun à leur façon, donc c’est juste une façon de les regrouper en considérant qu’ils avaient tous la même vibration. C’est aussi pour ça que je l’ai appelé Majenta parce que, tu sais, c’était lié à une couleur et j’avais le sentiment que tous ces morceaux avaient cette sorte de couleur à travers elles. En gros c’est ça, j’ai décidé de tous les regrouper et les sortir sur HotFlush.

Tu as d’ailleurs signé sur HotFlush après être passé par Warp et !K7, pourquoi ce changement ?

Et bien, !K7 était en train de changer et ne fonctionnait plus vraiment comme avant. A la base je devais sortir mon deuxième album avec eux mais ils ont décidé de ne pas le faire donc ça ne collait pas à mes plans. Ensuite j’ai rencontré Paul, par l’intermédiaire de Machinedrum (Travis est un bon ami à moi), et je leur ai dit que je voulais leur envoyer quelques morceaux. Il a aimé, il a décidé de les sortir.

Tu as dit que tu voulais créer ton propre label, tu en as toujours envie ?

Ouais j’aimerais bien ! Mais malheureusement, ou heureusement, c’était très facile de travailler avec HotFlush parce que, tu vois, ils te font une bonne offre, ils font tout donc bon… J’suis toujours dans l’esprit de monter un label mais, comme tu le sais, en ce moment c’est pas la meilleure période pour gérer un label donc la question c’est « je ne sais pas si je dois le faire ou non ».

Il y a beaucoup de tension sexuelle dans ton album et dans les précédents… Est-ce que Jimmy Edgar est un pervers sexuel ?

(rires) Non, je ne suis vraiment pas un pervers mais je pense qu’explorer les tensions sensuelles, sexuelles et la frustration, ces choses là, sont un aspect important de l’expression et je ne pense pas que beaucoup d’artistes le fassent avec la musique… Tu vois, j’aimerais bien en entendre, juste parce que je pense que beaucoup de gens pourraient s’y retrouver de différentes façon. Il y a beaucoup d’artistes qui travaillent les tensions sexuelles dans la peinture, la photographie et tout et je pense que juste dans la musique ce n’est pas assez exploré. Peut-être que les musiciens sont à l’opposé de ce type de style mais dans tous les cas je pense que, selon moi, c’est une chose qui n’est pas exploitée et demande à être un peu plus explorée par moments.

Comment perçois-tu ton evolution depuis « Bounce, Make, Model » ?

Je pense que j’étais plus dans la volonté de m’ouvrir et explorer la relation aux autres, alors qu’avant je me préoccupais seulement des détails techniques de la musique et pas vraiment de la relation avec les autres gens. Mais maintenant que j’ai joué en live ces dix dernières années je ressens mieux cette connexion avec les fans donc je pense que ma musique connecte plus avec les gens.

Tu as travaillé avec Azealia Banks sur Physical Motion, aujourd’hui elle a signé sur le label de Diplo, Mad Decent. Est-ce que tu penses que tu l’as aidée à connaître le succès ?

Peut-être un peu mais je pense qu’elle est super talentueuse. Je pense qu’elle est complètement capable de faire les choses par elle-même, elle a une voix impressionnante, c’est une MC très douée donc elle fait de grandes choses maintenant. J’ai entendu qu’elle avait eu un contrat de plus de dix millions de dollars !

Donc peut-être que vous pourriez refaire une collaboration ?

Ouais ! La dernière fois que je l’ai vue elle était totalement motivée pour ça. On est tous les deux très occupés mais si on trouve le temps… C’est une de mes vocalistes préférées de tous les temps donc j’adorerais retravailler avec elle !

Est-ce qu’il y a d’autres artistes avec lesquels tu aimerais travailler à l’avenir ?

J’aime beaucoup Missy Eliott et je suis pas mal dans tout ce qui est hip-hop, R’n’B et tous les trucs américains donc j’aimerais travailler avec plus d’artistes de ce style. Je recherche quand même principalement des nouveaux talents, comme des gens pas encore découverts avec qui je pourrais en quelque sorte travailler et développer, comme Azealia Banks à l’époque.

>>> La suite de l’interview sur The Chemistry magazine