Rencontre avec le groupe Mensch

On avait rencontré le groupe Mensch, lors de leur concert à Lyon pour le Festival Les Femmes s’en mêlent. Mauvais timing, nous n’avions pu faire une interview, mais le duo a pris le temps de répondre à nos questions via mail.

SURL : Comment est né le projet Mensch ?

Vale Poher : Le projet est né dans la foulée de mon projet solo Vale Poher. J’avais monté un groupe pour mon deuxième album. Après le départ de la batteuse, nous avons décidé de continuer Carine et moi, et de prendre un nouveau départ. J’ai mis de côté mon projet solo, et nous avons monté Mensch.

Carine Di Vita : Alors que j’officiais plutôt au chant depuis quelques années, Vale m’a proposé d’intégrer le Vale Poher Band, une belle façon de reprendre du service à la basse. A la fin du projet, Vale et moi avions encore des choses à dire.

Pensez-vous rester sur les boites à rythmes ou intégrer un nouveau membre ?

V.P : Pour l’instant nous restons avec les boîtes à rythme.

C.D.V : Ce n’est pourtant pas les candidatures qui manquent !

Vous venez de sortir votre premier album, qui sonne très « live », comment s’est passé l’enregistrement ? Et le processus d’écriture ?

V.P : Nous avons vite composé les 8 titres de l’album et ressenti le besoin de les « graver ». On a pris notre temps pour enregistrer en plusieurs sessions au studio PWL de Lyon puis on a également pris du temps pour le mix.

Le premier titre s’intitule « Kraut Ever », quelle est la part d’influence du Krautrock sur votre musique ? J’ai lu que vous étiez considérées comme un mélange de Joy Divison et L7, vous êtes d’accord ?

V.P : J’aime bien Neu et Electrelane ! Après je ne pense pas que le Krautrock ai plus d’influence que d’autres styles. J’écoute beaucoup de choses différentes. Un mélange de Joy et L7… Je ne sais pas, je ne vois pas trop les choses comme ça quand je joue. Je pense surtout à me faire plaisir !

C.D.V : Je n’ai pas particulièrement écouté de Krautrock, et je sais que les puristes grincent un peu des dents en lisant qu’on fait du kraut ! J’ai par contre beaucoup écouté L7, mais je ne vois toujours pas le rapport avec mensch !

Pourquoi chanter en anglais ? Est-ce plus facile pour vous d’écrire en anglais, est-ce pour toucher un public plus vaste ?

V.P : Mes influences dans le style rock sont anglaises. C’est venu naturellement, et puis la langue anglaise sonne comme un instrument.

L’année dernière vous êtes parties en tournée à New York et Montréal, c’était comment ? Quelle est la différence entre le public nord-américain et le public français ?

V.P : Au Québec, le public n’est pas tellement différent. A New York par contre, c’est beaucoup plus expressif, les gens dansent, bougent, crient !

C.D.V : Nous avons joué à Brooklyn, on sent qu’il y a une grosse émulation, les gens sont moins frileux, plus curieux.

Quand je joue, je pense surtout à me faire plaisir.

Vous venez de finir une mini tournée avec LFSM, qu’est-ce que ça fait d’être une femme qui fait du rock ? Est-ce encore difficile de se faire reconnaître en tant que femmes dans ce milieu ?

V.P : La grande question ! Disons qu’on doit toujours répondre à ce genre de question donc ça doit être le cas (rire) Plus sérieusement, c’est plus difficile pour les femmes dans beaucoup de domaines professionnels, artistiques ou non. Mais les choses avancent.

C.D.V : Les filles sont moins nombreuses dans la production musicale, comme toutes les minorités nous avons encore besoin de visibilité, je pense les choses s’équilibreront dans les années à venir.

Quels sont vos projets à venir ? Vous pensez déjà au 2nd album ?

V.P : On va essayer de jouer le plus possible. On adore la scène. Et oui, on a commencé à écrire des nouveaux morceaux pour un deuxième album.

Nous sommes en pleine campagne politique, si vous deviez etre un personnage politique vous seriez qui ? Et si vous pouviez créer une loi quelle serait-elle ?

V.P : Je n’aimerais pas être un personnage politique, entre utopie et réalité ça doit être dur à vivre. Créer une loi ? Je n’aurais pas cette prétention d’imposer des choses qui puissent être punissables.

Enfin, si votre musique était un plat, quels en seraient les ingrédients ?

V.P : Beaucoup d’ingrédients qui ne vont pas forcément ensemble. Attention à l’indigestion.

SURL Magazine remercie Mensch et LaFouache Management.

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