Watch The Throne – Paris Bercy 1/06/12

Vendredi soir, Bercy n’était pas une salle de concert, mais un temple religieux. Quinze milles fanatiques qui brandissent le triangle du ROC devant les deux gourous du rap. Un décor post-apocalyptique : chiens véner sur écrans géants, images de guerre, jets de flammes, lasers qui déchirent la salle et arrangements lumineux terribles signés Mr West. Poses christiques, parfois surélevés sur des colonnes tel des prêtres, ou simplement dos au public en regardant le jumbo, Kanye West et Jay-Z n’écrivent pas leur histoire. Ils écrivent leur légende. Ils gravent leur mythe. We watched The Throne.

Ils y vont « HAM » dès l’intro, pas besoin de première partie pour chauffer un public en transe. De « Welcome to the jungle » à « That’s my bitch » en passant par « Wo gon stop me » et « New day », ils enchaînent leur partition. Des demi-dieux illuminés par la ferveur de leurs fidèles équipés de smartphones sur « Gotta have it ». Pas de guests, pas de problème.

Un récital entrecoupé de leurs hits en solo. Rien à battre d’un possible manque de complicité. Un combo Yeezy-esque « Can’t tell me nothing » / « Flashing lights » / « Jesus walks » / « All falls down » / « Diamonds from Sierra Leone » nous démonte. Un autre de Jay, affublé de sa casquette Brooklyn Nets qui reintroduce himself sur « Public Service Announcement », avant d’embrayer sur « Dirt off your shoulder », « You don’t know », « Jigga what jigga who », « Izzo », « Hard knock life », « Run this town » ou plus tard « Empire state of mind ». Ajoutez « Monster », « Runaway », plus l’ambiance hallucinante sur « Stronger », « All of the lights » – MJ gone, a n*gger dead – et « Good Life », vous comprendrez à quel point ces deux artistes ont transcendé la musique. Impossible de demander un temps mort.

Comme si on avait pas assez transpiré, on prend dans la face un autre crossover dantesque, à base de « Big pimpin » Gold Digger » et l’inévitable « 99 Problems ». It must be heaven comme le prédit ‘Ye sur « Touch the sky ». Un paradis de sueur et de punchlines.

Ce spectacle n’est plus un concert mais un combat de boxe. Il faut tout donner, mais préserver ses forces pour le dernier round. Un « No church in wild » en preview de ce que tout le monde attend : « Niggas in Paris ». Une apothéose mégalo de 50 minutes. Blotis dans des drapeaux bleus/blancs/rouges, ils se lâchent, comme s’ils avaient attendu ce moment toute leur carrière, « It feels different here ! » gueule ‘Hov en préparant des pogos de fou dans la fosse. Kanye s’époumonne de « Hall of Fame ! » et personne ne comprend plus ses lyrics. L’hystérie collective gagne le public. Un sentiment d’ivresse qui pousse a faire nimporte quoi et gueuler AAAAAAAAAA-GAIN à tue-tête pour une nouvelle dose. Le record à LA était de 10 repeats. Au 11e round, Bercy explose. « It’s something like the holocaust ». Ils squattent sur le toit du monde.

Certainement le concert le plus éprouvant de notre vie. Un blockbuster de 3 heures unique en son genre. Certes, Ils n’ont pas joué le morceau mais inutile de le mentionner : ils sont les Illest mutherfuckers alive.

Un grand merci à nos partenaires d’Esprit Musique au passage, qui nous ont permis de couvrir l’event.

22h22.org (Bien joué Adrien !)

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